Prix et distinctions
Grand·e Concordien·ne
Ce profil a été publié en 2014 à l'occasion du 40e anniversaire de Concordia.
En 1966, Maïr Verthuy est embauchée à la Sir George Williams University pour enseigner l’histoire de la littérature française. Seule femme de son département, elle incite ses collègues à inclure des œuvres d’écrivaines d’expression française dans leurs listes de lecture.
Cette tâche se révèle ardue, car les études des femmes n’ont pas encore été établies.
Tout change en 1970 avec l’introduction d’un cours de philosophie intitulé La nature de la femme, enseigné par Christine Garside et Greta Nemiroff. Cette initiative donne rapidement lieu à des ajouts similaires dans d’autres disciplines.
La fusion de la Sir George Williams University et du Loyola College, en 1974, crée un contexte propice à la mise sur pied d’un collège consacré aux études des femmes. « Ian Campbell, qui était à l’époque doyen des arts à Sir George Williams, voulait humaniser ce qui allait devenir un vaste établissement en y intégrant des collèges », relate Maïr Verthuy dans une entrevue accordée au Concordia University Magazine.
Pendant les quelques années suivantes, elle travaille avec d’autres chercheuses féministes à la conception de la mission de l’Institut Simone de Beauvoir, qui ouvre ses portes en 1978 avec le mandat de « stimuler l’exploration, la compréhension et la communication du rôle historique et contemporain des femmes dans la société et d’encourager ces dernières à réaliser pleinement leur potentiel de créativité ». Maïr Verthuy est la première directrice de l’institut.
Maïr Verthuy au Salon de la femme, en 1979.
Défenseure passionnée des droits des femmes, elle met son expertise et son énergie à contribution au sein du Conseil des femmes de Montréal et de la Fondation Thérèse-Casgrain. Elle participe également à plusieurs interventions réalisées en collaboration avec l’UNESCO dans le monde arabe.
Maïr Verthuy publie de nombreux articles et ouvrages, dont une monographie sur Jeanne Hyvrard, rédigée en collaboration avec Jennifer Waelti-Walters, qui remporte en 1986 le prix de l’Association des professeur.e.s de français des universités et collèges canadiens.
Elle reçoit de nombreuses autres distinctions, notamment le prix John-O’Brien d’excellence en enseignement (1985), le prix Femmes de mérite du YWCA (1997), le Prix du Gouverneur général en commémoration de l’affaire « personne » (2008) et la Médaille du jubilé de diamant (2012).
En 2001, la France la fait chevalière de l’Ordre des Palmes académiques; en 2004, l’Université Concordia lui confère le titre de professeure émérite distinguée; et en 2012, elle se voit remettre l’Ordre du Canada. Membre honoraire à vie de l’Institut Simone De Beauvoir, elle continue d’accorder des entrevues et de donner des conférences sur des sujets liés aux droits des femmes et à la littérature francophone.
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