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Dr. Krista Byers-Heinlein

Dr. Krista Byers-Heinlein

Titulaire de la chaire de recherche Concordia sur le bilinguisme

Quel est l’objet de vos recherches à l’heure actuelle?

Au Laboratoire de recherche sur l’enfance de Concordia, nous nous intéressons à la façon dont les enfants qui grandissent en milieu bilingue manient leurs deux langues. Ce domaine concerne l’étude des modes d’apprentissage des sons, des mots et des familles de mots, ainsi que de la manière dont l’enfant découvre qu’il existe deux langues. Nous nous penchons en outre sur le parcours linguistique normal de l’enfant, tout en tentant de distinguer les caractéristiques typiques et atypiques du développement bilingue.

Nous savons que si l’on applique les paramètres élaborés pour les enfants unilingues à un enfant bilingue, cela peut donner l’impression que le développement du langage chez l’enfant bilingue est retardé. C’est pourquoi nous sommes d’avis que nombre de problèmes associés à l’acquisition du langage en milieu bilingue naissent du fait qu’on utilise les mauvais instruments de mesure. Néanmoins, il arrive parfois que des enfants bilingues éprouvent de réelles difficultés de langage. Or, la recherche montre que ces problèmes surviennent de toute façon, que ce soit dans l’apprentissage d’une seule ou de deux langues, mais les gens continuent à tort de les attribuer au fait qu’ils sont bilingues. Au bout du compte, les difficultés de langage des personnes bilingues sont à la fois surdiagnostiquées et sous-diagnostiquées. Au centre, nous nous efforçons de mieux comprendre le cheminement normal des enfants bilingues afin de pouvoir mieux les évaluer.

En quoi vos travaux sur le bilinguisme pourraient-ils s’appliquer aux familles d’expression anglaise au Québec?

Nous travaillons actuellement à un projet destiné à établir quelles seraient les ressources les plus utiles aux parents qui élèvent un enfant bilingue – à savoir la façon d’enseigner deux langues et le moment propice pour amorcer leur apprentissage chez l’enfant, ou encore la mesure dans laquelle il faut tenir compte de la langue dans les décisions relatives aux services de garde et à la scolarisation. Il existe par ailleurs d’autres dynamiques intéressantes qui méritent d’être étudiées – notamment quand un enfant maîtrise mieux une deuxième langue (par exemple, le français) que ses parents, ou encore lorsqu’il choisit d’utiliser une langue différente de celle de ses parents. Nos recherches visent à trouver réponse aux questions de cette nature – que les parents ou même les intervenantes et intervenants en garderie peuvent se poser.

Quel est l’âge idéal pour acquérir une deuxième langue?

En général, le plus jeune, le mieux, étant donné que le cerveau est plus réceptif. Toutefois, il est possible d’apprendre une nouvelle langue à tout âge. Il n’est donc jamais trop tard. Quand les parents ou les proches tentent de déterminer le meilleur moment pour introduire une nouvelle langue, je leur conseille d’abord d’examiner les possibilités qui s’offrent à eux, notamment en matière de services de garde et d’éducation, et ce qui leur convient le mieux. Pour l’enfant, l’acquisition d’une ou de plusieurs langues est une belle occasion d’apprentissage. Il est donc important de lui offrir l’expérience la plus riche possible. Par ailleurs, la langue est aussi un point d’ancrage émotionnel pour les familles. C’est pourquoi on recommande aux parents de parler à leur enfant dans la langue (ou les langues) qu’ils maîtrisent le mieux.

Participez-vous à d’autres projets à l’heure actuelle?

Nous collaborons à une initiative communautaire dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce qui s’appelle Pluri (pour « plurilangue »). Nous y explorons la richesse de la langue du quartier et y engageons la participation de familles de divers horizons linguistiques. Cette initiative explore la science derrière le bilinguisme et le multilinguisme, afin de trouver des moyens d’aider les familles à s’exprimer dans leur langue maternelle, et d’encourager une valorisation de leurs langues en milieu scolaire. En effet, des études révèlent que les parents montréalais qui élèvent des enfants bilingues, mais qui parlent une langue autre que le français ou l’anglais à la maison, ont plus de difficulté à s’outiller en raison d’un manque de soutien adapté à leur situation, et du fait qu’il n’existe pas nécessairement ici de communauté d’envergure où l’on parle leur langue d’origine, ou de possibilités fréquentes d’y exposer leurs enfants.

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