Dr. Richard Bourhis

Richard Bourhis

Professeur émérite, Département de psychologie, UQAM

Quel est l’objet de vos recherches à l’heure actuelle?

Au fil des décennies, j’ai travaillé sur quatre thèmes de recherche, nommément l’acculturation et les relations entre les immigrants et la communauté d’accueil, la communication interculturelle, la discrimination et les politiques linguistiques qui influent sur la vitalité des minorités. Mes publications récentes portent sur la façon dont les lois linguistiques peuvent augmenter ou diminuer la vitalité des majorités et des minorités linguistiques dans des contextes multilingues. 

Pouvez-vous nous parler du travail que vous effectuez actuellement sur la vitalité des groupes ou des communautés?

J’ai récemment publié des articles évaluant les conséquences de la loi 101 pour la majorité francophone et les communautés anglophones du Québec. J’ai examiné comment la loi 101 avait influé sur la vitalité démographique et institutionnelle de ces communautés au cours des quarante dernières années. Par exemple, les lois empêchant les allophones et les francophones de fréquenter les écoles anglophones ont réussi à réduire la taille de ce système éducatif à seulement 37 % de sa taille initiale antérieure à la loi 101.

Quel serait un autre thème?

J’ai récemment publié des chapitres sur la vitalité institutionnelle et la gouvernance de la santé en contexte québécois et canadien. J’ai comparé les prestations de soins de santé fournies par et pour les minorités francophones et anglophones au Nouveau-Brunswick, au Québec et en Ontario. J’ai étudié les soins de santé bilingues fournis dans ces trois provinces ainsi que la possibilité d’offrir des soins de santé tenant compte des langues et des cultures pour les minorités linguistiques. Comme la province du Nouveau-Brunswick est officiellement bilingue, elle a développé deux systèmes de soins de santé autonomes : celui de sa majorité anglophone, appelé Horizon, et les réseaux de santé de sa minorité francophone acadienne, connus sous le nom de Vitalité. Doté de sa propre structure de gouvernance, chaque système permet aux patients d’obtenir une solution de soins de santé apportée par des travailleurs de première ligne bilingues et de choisir le réseau qu’ils préfèrent pour recevoir d’autres soins.

J’ai ensuite comparé ce réseau basé sur les meilleures pratiques au système de soins de santé francophone qui prend forme en Ontario ainsi qu’au système de soins de santé bilingue québécois dérivé de l’ancien système de la minorité anglophone – qui s’effrite. L’analyse de tels systèmes de santé bilingues révèle qu’ils ne sont pas plus coûteux que ceux qui sont unilingues. Il s’agit là d’une bonne nouvelle pour les patients ayant le plus besoin de soins de santé tenant compte des langues, qui, selon les rapports de recherche, améliorent les résultats en matière de bien-être optimal.

L’autre partie de mes recherches concerne la psychologie de la relation d’acculturation entre membres de majorités et de minorités, connue sous le nom de modèle d’acculturation interactif. Nous suggérons que les fournisseurs de services du groupe majoritaire qui adoptent des approches intégrationnistes accueillantes envers les minorités ont de plus fortes chances d’accommoder les besoins linguistiques et culturels de leurs clients appartenant à des minorités que ceux qui adoptent des positions assimilationnistes et exclusivistes moins accueillantes.

Vous vous impliquez dans QUESCREN depuis un grand nombre d’années. Y a-t-il une activité que vous avez appréciée particulièrement?

J’aime faire partie de QUESCREN et siéger à des comités comme le forum de la Table d’éducation interordres (ILET) sur la vitalité des communautés par l’éducation. Ces activités et colloques visant le partage des connaissances servent à clarifier et à légitimer les idéologies, aidant ainsi les minorités à se mobiliser collectivement afin d’améliorer leur vitalité institutionnelle dans les contextes parfois difficiles que sont les groupes majoritaires. Les conférences du forum de la Table d’éducation interordres contribuent au partage de connaissances factuelles et favorisent les occasions de réseautage et de soutien à la mobilisation visant la pérennisation et l’amélioration de la vitalité institutionnelle des communautés québécoises d’expression anglaise.

Richard Bourhis est également membre de la Table d’éducation interordres de QUESCREN.

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