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Dr. Karine Vieux-Fort

Dr. Lorraine O’Donnell

Coordonnatrice, Consortium d’animation sur la persévérance et la réussite en enseignement supérieur (CAPRES) 

Quel est l’objet de vos recherches?

Pour mon doctorat, j’ai étudié le parcours de jeunes francophones du Québec qui choisissent de fréquenter un cégep anglophone. J’ai terminé mon doctorat en 2019, et je m’intéresse toujours aux jeunes des communautés linguistiques minoritaires. J’ai également travaillé auprès des communautés francophones minoritaires du Canada.

Quels sont certains des points clés qui sont ressortis de votre étude?

Pour ma recherche, j’ai rencontré des Québécois francophones ayant fréquenté un cégep anglophone. J’ai tenté de comprendre les répercussions de ce choix sur leur parcours scolaire, professionnel et personnel. J’ai constaté que la langue n’avait souvent aucune incidence sur les choix de ces personnes après le cégep, car elles étaient en mesure de bien se débrouiller en français comme en anglais. Ainsi, elles pouvaient faire des choix et saisir des occasions selon leurs centres d’intérêt, et non pas en fonction du fait qu’un poste leur exigerait de parler français ou anglais, ou les deux. Ce résultat enlève son fondement à la crainte que la fréquentation d’un cégep anglophone par des élèves francophones mène à leur « anglicisation ».

En outre, pour la majorité des élèves que j’ai rencontrés durant ma recherche, la fréquentation d’un cégep anglophone représentait davantage un moyen de développement personnel qu’une décision stratégique liée aux souhaits de carrière. Bien entendu, certains faisaient ce choix pour des raisons d’avancement professionnel, mais dans la plupart des cas, il s’agissait surtout de s’ouvrir à d’autres cultures, de vivre de nouvelles expériences et de relever des défis. Je ne m’attendais pas à observer cet élément de motivation, et je le trouve digne d’intérêt.

Y a-t-il autre chose qui vous a surprise?

En ce qui concerne les raisons qui poussent des francophones à étudier dans un établissement anglophone, j’ai aussi découvert que certains le faisaient pour le parascolaire, par exemple la possibilité de faire partie d’une équipe sportive. D’autres empruntaient cette voie par défaut plutôt que par choix, n’ayant pas satisfait à certains critères d’admission de cégeps francophones.

Comment les collectivités et les établissements peuvent-ils soutenir les élèves d’une communauté linguistique qui fréquentent un cégep fonctionnant dans une autre langue?

Dans le contexte de ma recherche, j’ai noté que les cégeps tiennent déjà compte du fait qu’une partie de leur population étudiante n’a pas nécessairement l’anglais comme langue maternelle. Ainsi, ils disposent de ressources pour aider les élèves à améliorer leur anglais et offrent aussi parfois certains documents en français.

Je crois qu’il est essentiel de prendre en compte ces différents besoins et, dans le cas des élèves francophones, de reconnaître les divers profils et réalités des élèves qui viennent de différents horizons et qui auront besoin de différentes formes de soutien. Par exemple, les élèves francophones qui fréquentent un cégep anglophone ne le font pas tous parce qu’ils aspirent à faire carrière dans une multinationale. Si certains maîtrisent bien l’anglais, d’autres ont de réelles difficultés à apprendre cette langue et à s’adapter au milieu, ce qu’ils ne réussiront à faire que si une aide leur est fournie.

L’ouverture de certains enseignants et leur sensibilité à cette situation avaient également eu une incidence considérable sur la vie scolaire des personnes que j’ai interviewées. J’ai noté par exemple que des enseignants s’enquéraient auprès des élèves leur semblant avoir du mal à comprendre ou être un peu perdus, et les aidaient à se prévaloir du soutien scolaire prévu à leur intention.

Vous travaillez sur quels projets à l’heure actuelle?   

Actuellement, je suis chargée de la coordination du CAPRES, le Consortium d’animation sur la persévérance et la réussite en enseignement supérieur, qui agit au regard des enjeux d’accessibilité, de persévérance et de réussite en enseignement supérieur.

Je travaille également à faire rayonner ma thèse de doctorat. D’ailleurs, un premier article vient d’être publié dans le plus récent numéro de la revue Éducation et francophonie.

De plus, je poursuis mes collaborations avec différents centres de recherche et de transfert des connaissances, dont le QUESCREN, afin de demeurer connecté aux questions travaillées dans le cadre de mes études supérieures. Je poursuis aussi des tâches d’enseignement et d’encadrement d’étudiants, notamment à l’Université Laval et à l’Université TÉLUQ.
 

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