Découverte et innovation
nouvelle génération
Une recherche porteuse de sens
Faits saillants
La richesse et l’adversité pendant l’enfance ont une incidence sur la probabilité d’occuper un poste de direction à l’âge adulte
Selon une étude de l’Université Concordia, les enfants issus de familles bien nanties ont plus de chances d’occuper un poste de direction dès le milieu de la vingtaine que ceux venant de familles confrontées à l’adversité. L’étude montre que si les deux groupes peuvent réussir, les trajectoires qu’ils empruntent diffèrent considérablement.
Les enfants issus d’un milieu aisé ont tendance à bénéficier d’occasions professionnelles obtenues grâce à leurs relations familiales et personnelles. Ces avantages s’accumulent avec le temps, augmentant leurs chances d’occuper un poste de supervision ou de gestion. À l’inverse, les enfants en situation défavorisée n’ont souvent pas accès à de tels réseaux et doivent surmonter des obstacles supplémentaires, comme le stress chronique et des ressources limitées pour leur perfectionnement.
L’étude – menée par Steve Granger, professeur adjoint au Département de management de l’École de gestion John-Molson – a analysé les données de près de 6 800 participants de la British Cohort Study, qui a suivi des enfants, de leur naissance, en 1970, jusqu’à l’âge de 26 ans. S’il n’a pas été possible d’établir de lien direct entre les difficultés financières et l’accès à un poste de direction, les résultats ont montré que l’exposition précoce à l’instabilité et au stress limite les possibilités à long terme.
Les auteurs suggèrent qu’investir dans des programmes aidant les jeunes défavorisés à acquérir des compétences et à se constituer des réseaux professionnels pourrait les aider à accéder à des postes de direction à l’âge adulte.
Une fusée construite par des étudiantes et étudiants de Concordia prend son envol
Après des années de conception et d’essais, les membres du Club spatial de Concordia ont réussi à lancer Starsailor, une fusée de 13 mètres à combustible liquide construite par des étudiantes et étudiants déterminés de l’École de génie et d’informatique Gina-Cody. La fusée a décollé d’un site isolé dans le nord du Québec, à environ 250 kilomètres au nord de la communauté crie de Mistissini.
Propulsée par un réacteur sur mesure capable de dépasser cinq fois la vitesse du son, Starsailor transportait des caméras, un ordinateur de bord et des objets commémoratifs. Bien que la fusée se soit séparée plus tôt que prévu, la mission a réalisé le premier lancement spatial du 21e siècle depuis le sol canadien, et le premier jamais effectué au Québec.
Soutenu par des donateurs importants, notamment la chancelière de Concordia, Gina Cody, Lorne Trottier et la Fondation familiale Lorne Trottier, le projet a bénéficié de la participation de 700 étudiantes et étudiants de Concordia depuis ses débuts, en 2018.
Dirigé par la division Fuséologie du Club spatial de l’Université, le projet est devenu l’une des initiatives étudiantes les plus avancées du monde dans ce domaine.
Crédit : Space Concordia
Crédit : Gabriel Dupras
La musique nous pousse à bouger même quand on ne l’aime pas
Selon une nouvelle étude de l’Université Concordia, l’envie agréable de se déhancher au rythme de la musique est une réaction psychologique distincte du plaisir musical lui-même. L’étude, menée par le doctorant au Département de psychologie Isaac Romkey, montre que même les personnes atteintes d’anhédonie musicale – et qui ne prennent donc généralement pas de plaisir à écouter de la musique – ressentent néanmoins le besoin de bouger. L’étude révèle que le mouvement en soi peut être source de plaisir, et que le plaisir et le mouvement sont traités par des systèmes cérébraux en partie distincts.
Isaac Romkey, doctorant au Département de psychologie
Le programme de recherche Abundant Intelligences autochtonise l’IA
Un projet piloté par l’Université Concordia s’emploie à autochtoniser l’intelligence artificielle en intégrant les systèmes de savoirs, les valeurs et les visions du monde autochtones dans la conception et la gouvernance de l’IA. Le programme de recherche international et interdisciplinaire auquel participent de nombreux intervenants cherche à transformer la façon dont l’IA est conçue, utilisée et enseignée au Canada et à l’étranger.
Le groupe de recherche estime que cette approche différente peut donner lieu à une IA orientée vers l’épanouissement humain, préserver les langues autochtones, répondre à des enjeux urgents liés à l’environnement et au développement durable, contribuer à repenser des solutions en santé publique, et bien plus encore.
Un nouvel outil s’attaque aux fausses nouvelles dans les médias sociaux
Des chercheurs de l’École de génie et d’informatique Gina-Cody ont mis au point un outil numérique pour lutter contre les fausses nouvelles dans les médias sociaux. Baptisé SmoothDetector, l’outil combine modèles probabilistes et apprentissage profond pour aider les utilisateurs à repérer les contenus trompeurs ou peu fiables. Il analyse comment l’information se propage en ligne et signale les schémas associés à la désinformation. Conçu dans une optique d’éducation aux médias plutôt que comme un moyen de censurer des contenus, l’outil donne aux utilisateurs les moyens de mieux comprendre comment fonctionne la désinformation en ligne et d’y résister.
L’IA peut-elle transformer l’enseignement et la pédagogie de l’art?
Une équipe de recherche dirigée par Jessie Beier, professeure adjointe au Département d’éducation artistique de l’Université Concordia, étudie comment l’IA peut modifier l’enseignement des arts en donnant un nouveau sens à la créativité, à l’apprentissage et à la pédagogie.
Le projet de recherche-création intitulé Learning Machines utilise des approches collaboratives et expérimentales – dont une émission de télévision diffusée en direct – pour étudier comment les algorithmes influencent l’enseignement et la perception. Le projet met l’accent sur l’accessibilité, l’apprentissage collectif et l’utilisation critique de l’lA, tout en soulevant des questions plus larges sur l’intelligence, l’enseignement et ce que signifie apprendre à l’ère des technologies pilotées par les machines.
À gauche : Sarah Bélanger-Martel. À droite : jessie beier et Natalie Pavlik.
Une réforme des politiques pourrait grandement atténuer la crise du logement et de l’abordabilité
Une étude menée par Erkan Yönder, professeur agrégé à l’École de gestion John-Molson, en partenariat avec la société canadienne de financement par capitaux propres Equiton, révèle que des réformes politiques – en particulier la réduction des formalités administratives et l’accélération des procédures d’autorisation – pourraient considérablement stimuler l’offre de logements et améliorer l’accessibilité financière au Canada.
S’appuyant sur des données du marché analysées au moyen de l’IA, l’étude montre que la simplification de la réglementation pourrait augmenter le nombre de logements de près de 10 %. La hausse des coûts de construction et la pénurie de main-d’œuvre demeurent toutefois des obstacles majeurs. Les auteurs affirment que les solutions doivent être adaptées à chaque ville et appuyées par une collaboration entre les gouvernements, le secteur privé et les citoyens.
Concordia conclut un partenariat avec la Banque Nationale du Canada en vue du développement de systèmes d’IA dignes de confiance
Un projet de recherche doté d’un financement de 1,5 million de dollars et mené par Emad Shihab, vice-doyen à la recherche et à l’innovation et professeur à l’École de génie et d’informatique Gina-Cody, contribuera au développement de systèmes d’IA plus fiables.
Le projet, fruit d’un partenariat entre Concordia et la Banque Nationale du Canada, vise à améliorer l’utilisation de l’IA dans le développement de logiciels pour automatiser des tâches comme le codage et les tests tout en garantissant la fiabilité, la sécurité et la transparence. Il prévoit également la création d’outils pour vérifier le code généré par l’IA et la formation en milieu professionnel d’étudiantes et d’étudiants des cycles supérieurs, contribuant ainsi à rapprocher la recherche universitaire des besoins concrets du secteur financier. Ce projet est cofinancé par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada.
Emad Shihab, vice-doyen à la recherche et à l’innovation et professeur à l’École de génie et d’informatique Gina-Cody