Skip to main content

Jorge Thielen Armand nommé fellow Guggenheim 2021

Le cinéaste canado-vénézuélien a trouvé sa voix à Concordia
13 juillet 2021
|
Par Wendy Helfenbaum

Jorge Thielen Armand, on set Jorge Thielen Armand sur le plateau de tournage de This Storm is You , à Toronto, en compagnie du cinématographe montréalais Roland C. Laroque. | Photo: Zahra Saleki

Jorge Thielen Armand, B.A. 2012, est récemment devenu membre d’un groupe international exclusif. En effet, le 8 avril dernier, le cinéaste a été nommé fellow Guggenheim 2021 dans la catégorie film/vidéo. Assorti d’une bourse destinée à financer un projet, ce titre est accordé à des artistes, écrivains, érudits et scientifiques qui démontrent une capacité créative exceptionnelle.

Jorge Thielen Armand est l’un des trois seuls Canadiens à recevoir cet honneur, et aussi le plus jeune fellow de la cohorte de 2021. Chaque année, quelque 3 000 personnes dans le monde soumettent leur candidature afin de décrocher ce titre convoité.

« Quand j’ai entendu parler de la bourse, je n’y croyais pas vraiment », avoue Jorge Thielen Armand. « Mais vous savez ce qu’on dit? “Vous manquez 100 pour cent des chances que vous ne prenez jamais!” J’adore cet adage. Alors, j’ai présenté ma candidature. J’essaie de saisir toutes les occasions qui me sont données. »

Jorge Thielen Armand, headshot "J’adore l’esprit d’aventure et le sens du voyage que procure la réalisation de films", confie Jorge Thielen Armand. « C’est un processus qui vous change au fur et à mesure que vous vous y engagez, et qui change les gens qui y assistent. » | Photo: Élisabeth Roger/ALCA Nouvelle-Aquitaine

Né à Caracas, au Venezuela, Jorge Thielen Armand est venu au Canada en 2008 pour s’initier aux études humanistes à l’Université St. Thomas, à Fredericton, au Nouveau-Brunswick.

« Je pensais devenir journaliste, mais petit à petit, j’ai découvert ce que je voulais vraiment faire : être cinéaste », explique-t-il. Il s’est donc tourné vers le programme de communication de Concordia en 2010.

« Concordia s’est révélée essentielle dans mon parcours. J’ai appris comment tourner en 16 millimètres, je me suis initié au montage et j’ai suivi des cours de scénarisation et d’histoire du cinéma, notamment le formidable cours sur le cinéma d’horreur du professeur Matthew Hays, » poursuit-il. « J’ai aussi particulièrement aimé tout ce que nous avons fait dans mon cours de production cinématographique, sous la direction du professeur Rick Hancox. Ses films m’ont vraiment inspiré, et je lui dois beaucoup. Il m’a insufflé la confiance nécessaire pour raconter mes propres histoires. »

Or, « ses histoires » lui ont valu maintes récompenses au fil des années qui ont suivi l’obtention de son diplôme. En 2015, son tout premier court métrage documentaire, Flor de la mar – réalisé en collaboration avec plusieurs de ses camarades de Concordia avec l’appui de l’Association des diplômés de l’Université Concordia – a été tourné au Venezuela. L’œuvre a été présentée dans le cadre du festival du film Margaret Mead, à New York, ainsi qu’aux RIDM de Montréal.

Le déclic

Puis, Jorge Thielen Armand a été choisi pour participer au prestigieux programme du Biennale College de la Mostra de Venise, stage durant lequel il a travaillé à son premier long métrage.

« Pour moi, ce fut le grand déclic : d’un seul coup, je suis passé de la réalisation d’un court métrage à celle d’un long métrage entièrement financé, avec l’assurance d’une représentation en première au festival international du film de Venise. C’est sans conteste la meilleure chose qu’il pouvait m’arriver », affirme-t-il.

À la suite de sa sortie en 2016, son premier long métrage, La Soledad, a été présenté dans le cadre de 60 festivals et a remporté plus d’une douzaine de récompenses, dont le prix Cinema Tropical du meilleur premier film de l’année. Son deuxième long métrage, La Fortaleza, présenté en première dans le cadre du concours Tiger 2020 du festival international du film de Rotterdam, a remporté huit prix, dont celui du jury lors du festival Biarritz Amérique-Latine.

"C’est un processus qui vous change"

Jorge Thielen Armand partage habituellement son temps entre Toronto et le Venezuela, mais a déjà séjourné à Rome à la suite d’un voyage qu’il avait fait en compagnie de sa femme, au début de 2020.

Dans le cadre de sa candidature à la bourse Guggenheim, Jorge Thielen Armand a dû soumettre un résumé de ses réalisations professionnelles, des lettres de recommandation, ainsi qu’une proposition de projet. Il entend utiliser sa subvention pour rédiger un nouveau scénario de long métrage – une suite à La Fortaleza – qui sera tourné au Venezuela et au Canada.

Bien que devenir un cinéaste accompli requiert beaucoup de travail, de résilience et de persistance, Jorge Thielen Armand est d’avis que le rêve vaut la peine d’être poursuivi.

« Je suis persuadé qu’il est possible de réussir, mais Dieu ne vient en aide qu’à ceux qui s’aident eux-mêmes », ajoute-t-il.

« Le réalisateur allemand Werner Herzog a déjà dit qu’avoir un plan B est l’équivalent d’un passeport pour l’échec. Alors la clé, c’est de ne pas avoir de plan B, car si vous ne réalisez pas votre film, nous ne pouvez pas vivre. Ce conseil m’a bien servi jusqu’à maintenant. »

Jorge Thielen Armand mentionne qu’il est encore à développer la voix du cinéaste qu’il a découverte à Concordia.

« J’adore l’esprit d’aventure et le sens du voyage que procure la réalisation de films », confie-t-il. « C’est un processus qui vous change au fur et à mesure que vous vous y engagez, et qui change les gens qui y assistent. Je suis prêt à accueillir tout ce que l’avenir me réserve. »

Know a Concordia grad with an interesting story? We’d love to hear it. Email us at magazine@concordia.ca.



© Université Concordia