Quand l’art et la boxe créent du lien : une nouvelle série étudiante au CEAP
Une nouvelle série d’événements dirigée par des étudiantes et étudiants au Centre d'études sur l'apprentissage et la performance (CEAP) invite les participantes et participants à explorer une combinaison à la fois originale et puissante : la boxe, la photographie et la gravure comme voies de connexion, de réflexion et d’expression collective.
Intitulée « Where Art and Boxing Create Community », cette série en trois volets débute le 23 avril et est organisée par Taw’ama El Kaddouri et Maggie Hébert, en collaboration avec le Gaza Women’s Boxing Club. La série repose sur une idée simple mais forte : l’art et le sport ne sont pas seulement des activités, mais des espaces que nous construisons et qui, en retour, nous façonnent.
« Cette série est vraiment née d’un point de départ simple mais important pour moi : l’idée que l’art et le sport ne sont pas seulement des choses que nous faisons, mais des espaces que nous construisons et qui, à leur tour, nous construisent », explique El Kaddouri.
L’initiative est soutenue par le projet Recherche Action Vivre-ensemble Islam (RAVI Project) à l’Université Laval, dirigé par le membre du CEAP Abdelwahed Mekki-Berrada, grâce à une subvention de partenariat du CRSH. Le CEAP accueille les événements et agit comme co-commanditaire aux côtés du Réseau des praticien·ne·s canadien·ne·s pour la prévention de l'extrémisme violent (RPC-PREV) et de l’initiative Résistons aux colonisations.
L’idée de la série a émergé de discussions entre les organisatrices autour de leurs pratiques respectives et d’une question centrale : qu’est-ce qui rend un espace accessible, porteur de sens et accueillant, en particulier pour celles et ceux qui ne se définissent pas comme artistes ou athlètes ?
Par ailleurs, elles ont trouvé une source d’inspiration dans les jeunes femmes et filles du Gaza Women’s Boxing Club. « Dans une société marquée par la violence systémique, nous revenons souvent à ce besoin profond de nous sentir à la fois fortes physiquement et mentalement », explique El Kaddouri. « S’inspirer de ces jeunes femmes qui pratiquent la boxe est devenu pour nous une manière de créer du lien et de partager au-delà des réalités que nous connaissons déjà. »
Plutôt que de présenter la boxe ou l’art comme un spectacle, la série les aborde comme des formes de témoignage et de réflexion. Chaque médium — physique, visuel et tactile — propose une manière différente d’entrer en relation avec l’expérience. Ce qui les unit, c’est une attention commune portée à la répétition, à la vulnérabilité et à la présence.
Les trois séances sont conçues comme un parcours. La première, Witnessing and Naming (23 avril), invite à une exploration à travers la photographie, la discussion et la projection d’un court documentaire sur la communauté de boxe à Gaza. La deuxième, Creation (13 mai), propose une pratique artistique avec la gravure sur linoléum, en mettant l’accent sur le processus plutôt que sur la perfection. La dernière, Sharing and Holding (20 mai), offre un espace de partage des œuvres et de réflexion collective sur ce qui a émergé.
« Dans la manière de rassembler ces médiums, nous nous intéressons moins à la maîtrise ou à la performance qu’au processus et au sens », précise El Kaddouri. « L’idée est de passer de l’observation (à travers les images et les discussions), à la création (par la gravure sur linoléum), puis au partage, afin que les participantes et participants puissent expérimenter ces pratiques comme des façons liées d’exprimer et de porter quelque chose qui dépasse parfois les mots. »
Si El Kaddouri a déjà travaillé à l’intersection de l’expérience vécue, du récit et de la réflexion collective, cette série constitue une extension plus incarnée et collaborative de cette démarche.
Plus que tout, les organisatrices souhaitent créer un espace où chacune et chacun peut participer à son rythme. « Plus que tout, nous espérons créer un espace où les gens peuvent venir tels qu’ils sont, participer à leur rythme et peut-être repartir avec le sentiment d’avoir partagé quelque chose, même discrètement. »
La série est ouverte à toutes et à tous, sans expérience préalable requise. De la nourriture et des rafraîchissements seront offerts, et les personnes participantes qui assisteront aux séances et rempliront un court questionnaire recevront une compensation de 25 $.
Inscription : https://forms.gle/vtRPAPGzByHcPeXp7