La série « Stories on the Table – Reading Migration Histories Together » prend fin
Cette série de lecture en cinq séances (qui s’est déroulée de février à mai) a exploré la migration comme une expérience théorique, historique, politique et vécue aux multiples dimensions. Elle a abordé un éventail de thèmes interreliés, notamment la migration comme expérience personnelle, souvent exprimée à travers des mémoires, des histoires orales et des récits de vie, ainsi que les liens étroits entre colonialisme et migration, allant du déplacement forcé à la migration de travail. Dans ce contexte, les participant·e·s ont discuté, au fil des différentes séances, de ce que signifie être colonisé·e et opprimé·e, mais aussi être en même temps un·e colon·e au sein d’un système colonial.
La série a également porté sur les processus de frontiérisation et les questions d’appartenance, ainsi que sur les dimensions genrées de la migration, telles que le travail de care, la séparation familiale et la marginalisation des histoires migratoires des femmes. Dans ce contexte, les participant·e·s ont discuté des « privilèges liés au passeport », mais aussi du fait que les femmes ayant une histoire migratoire sont souvent encore stéréotypées comme travailleuses domestiques, femmes de ménage, etc., et privées d’une identité qui dépasse ces rôles.
Des termes clés tels que refuge, exil et asile ont fréquemment dominé les discussions, puisqu’ils occupent une place centrale dans les discours politiques polarisants liés à la migration, aux études sur les réfugiés ainsi qu’aux questions de race, de classe et de genre. Les participant·e·s ont partagé leurs expériences vécues en tant que migrant·e·s dans leurs pays d’origine et en tant qu’étudiant·e·s internationaux·ales au Canada, expliquant comment leur réalité est définie et contrainte par les lois sur l’immigration et les politiques linguistiques. Ils et elles ont évoqué leurs expériences personnelles marquées par le déplacement, la guerre, l’apatridie et la condition persistante de l’entre-deux, des réalités qui demeurent souvent invisibilisées.
La série de lecture s’est également intéressée à la diaspora et à la mémoire, en mettant en lumière les pratiques de transmission et de souvenir à travers les traditions, la culture, le patrimoine et les formes orales telles que le récit, le chant et la danse — des modes de résistance qui sont fréquemment exclus de la reconnaissance académique.
En réunissant la recherche universitaire et des récits « venant du cœur », cette série de lecture a créé un espace partagé de lecture collective, d’écoute et de discussion. Les séances combinaient des extraits d’articles scientifiques avec de la littérature, de la poésie, de courts textes et des lectures choisies par les participant·e·s en raison de leur résonance personnelle. Les extraits étudiés provenaient notamment des auteur·trice·s suivant·e·s : Achille Mbembe, Semra Ertan, Lisa Law, Mahmoud Darwish, Hiba Zafran, Céline Seeman, Sara Ahmed, Sung Yun Shin, Nikki Giovanni, entre autres.
Soumis par Neslihan Sriram