Les « Foundational Workshops for Emerging Researchers » favorisent un dialogue critique sur l’ethnographie et la voix savante
Le Centre d’études sur l’apprentissage et la performance (CEAP) a récemment accueilli deux événements dans le cadre de la série Foundational Workshops for Emerging Researchers: Methods, Voice, and Ethics, organisée par les membres étudiant·es affilié·es du CEAP Aya Halliday, Britney Vu et Neslihan Sriram-Uzundal, dans le cadre de l’initiative EmpowerGrad du centre (des activités conçues par des étudiant·es des cycles supérieurs pour leurs pairs, avec le soutien du CEAP).
Conçue pour réunir étudiant·es et chercheur·euses d’expérience autour d’échanges stimulants, la série propose un espace pour explorer des questions fondamentales liées aux pratiques de recherche, à la positionalité et à la voix académique. Les séances de janvier et février ont offert aux participant·es l’occasion de réfléchir de manière critique aux méthodes ethnographiques et de renforcer leur confiance dans l’articulation et la défense de leurs projets de recherche en développement.
Repenser l’ethnographie comme manière de connaître (28 janvier 2026)
Cet atelier a invité les participant·es à envisager l’ethnographie non pas simplement comme une méthode, mais comme une manière de connaître façonnée par l’identité, l’histoire et les rapports de pouvoir. À travers une série de présentations étudiantes et des discussions collectives, les personnes présentes ont exploré à la fois les fondements théoriques et les dimensions pratiques de la recherche ethnographique. Les présentations ont abordé divers thèmes, dont le deuil épistémologique (Maud Woiczik), la réciprocité à travers l’autoethnographie (Zack Mullone), la marchandisation et le contrôle (Nicole D’Agnolo) ainsi que les méthodologies décoloniales (Neslihan Sriram-Uzundal).
Ancrée dans la tradition anthropologique tout en demeurant attentive aux critiques de longue date concernant l’héritage colonial du domaine, la séance a mis en lumière des approches contemporaines visant à pratiquer l’ethnographie de manière réflexive, éthique, collaborative et décoloniale. Les personnes intervenantes ont discuté de leurs travaux et de la manière dont les chercheur·euses doivent réfléchir à leurs choix méthodologiques, tout en restant conscient·es de l’influence que l’ethnographie peut exercer sur leurs disciplines.
Les participant·es ont abordé des questions centrales en réfléchissant à leur propre positionalité et à la manière dont celle-ci façonne la production des savoirs. Le format axé sur la discussion a favorisé des échanges approfondis et a souligné l’importance de l’attention critique et de la réflexivité dans les démarches qualitatives. La séance a également invité à réfléchir à la signification de l’engagement communautaire au-delà du milieu universitaire, en soulevant des questions sur la manière de combler l’écart entre nos recherches et nos vies personnelles et professionnelles.
Interroger nos propres travaux : l’art de débattre de son projet de recherche (11 février 2026)
La série s’est conclue le 11 février par une séance organisée par Britney Vu. Cet atelier final visait à créer un environnement à la fois bienveillant et rigoureux permettant aux participant·es de présenter des travaux en cours et de recevoir une rétroaction constructive.
Reconnaissant que les étudiant·es travaillent souvent de manière isolée et que les contextes de conférences limitent parfois la rétroaction en raison des contraintes de temps, la séance a mis l’accent sur le dialogue, la réflexivité et la confiance intellectuelle. Des participant·es provenant de divers domaines — notamment les études en éducation, la linguistique appliquée et le génie — ont pris part à des discussions collaboratives les encourageant à clarifier leurs choix méthodologiques, à expliciter leurs présupposés et à renforcer leurs arguments.
Bien que volontairement maintenue à petite échelle afin de favoriser des échanges en profondeur, la séance s’est révélée très productive. Au sein d’un groupe restreint de cinq à six étudiant·es, les conversations se sont déroulées naturellement. Sakib, doctorant à l’Université Concordia, a particulièrement apprécié la dimension informelle des échanges, qui lui a permis d’obtenir une rétroaction indirecte sur ses travaux :
« En tant que doctorant ayant une formation en génie des systèmes d’information et menant actuellement des recherches à l’intersection du génie de l’éducation, de l’intelligence artificielle et de la conception pédagogique, cet événement m’a permis d’acquérir d’importantes perspectives interdisciplinaires sur les sciences de l’apprentissage grâce aux échanges avec des pairs en études en éducation. »
Il a exprimé le souhait de voir davantage d’événements de discussion informelle de ce type.
Une étudiante à la maîtrise en études en éducation, ayant souhaité demeurer anonyme, a indiqué :
« J’ai apprécié l’événement et j’étais heureuse de pouvoir échanger avec des personnes issues d’autres disciplines. »
Britney Vu, étudiante à la maîtrise en études en éducation, a également souligné les retombées positives de l’atelier :
« Cela m’a aidée à comprendre ce qui fonctionnait — ou non — dans ma recherche. En même temps, il est rafraîchissant d’obtenir des points de vue et des perspectives provenant d’autres disciplines. Mon objectif était de combler l’écart entre les étudiant·es et de créer des conversations inclusives. »
Les participant·es ont indiqué que le format ciblé favorisait une rétroaction substantielle et un soutien entre pairs significatif — le tout accompagné de quelques collations — réaffirmant la valeur d’espaces structurés propices à des débats critiques et collégiaux. Britney et une autre candidate à la maîtrise ont exprimé leur intérêt à faire de cet événement une série récurrente. De nouvelles séances « yap » auront ainsi lieu chaque lundi, du 9 mars au 13 avril 2026, de 17 h à 19 h, au CEAP (GA 1.202).
Mettre la réflexivité au centre
Dans l’ensemble, ces événements reflètent les objectifs plus larges de la série Foundational Workshops for Emerging Researchers: Methods, Voice, and Ethics : cultiver des pratiques de recherche critiques, éthiquement ancrées et fondées sur le dialogue. En ouvrant les activités aux étudiant·es provenant d’autres départements, la série a favorisé des échanges interdisciplinaires informels et généré de nouvelles perspectives ainsi que des rétroactions inédites. Les participant·es ont pu partager leurs incertitudes méthodologiques et leurs questionnements dans un espace exempt de pression.
En plaçant la réflexivité, la voix et la communauté savante au cœur de la démarche, la série continue d’appuyer les chercheur·euses étudiant·es émergent·es dans le développement de leur rigueur méthodologique et de leur confiance intellectuelle — tout en leur permettant d’apprivoiser, et de transformer, le monde de la recherche universitaire.