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Thesis defences

PhD Oral Exam - Brice Ammar-Khodja, Individualized Program

Une archéologie du résiduel : matérialisations polysensorielles de la contamination métallique des sols dans une pratique de dispositifs participatifs en art et en design


Date & time
Tuesday, November 11, 2025
9:30 a.m. – 12:30 p.m.
Cost

This event is free

Organization

School of Graduate Studies

Contact

Dolly Grewal

Where

Engineering, Computer Science and Visual Arts Integrated Complex
1515 Ste-Catherine St. W.
Room 11-705

Accessible location

Yes - See details

When studying for a doctoral degree (PhD), candidates submit a thesis that provides a critical review of the current state of knowledge of the thesis subject as well as the student’s own contributions to the subject. The distinguishing criterion of doctoral graduate research is a significant and original contribution to knowledge.

Once accepted, the candidate presents the thesis orally. This oral exam is open to the public.

Abstract

This research-creation dissertation examines how the metallic contamination of urban soils, persistently diffuse, and often are rendered invisible by socio-political and urban dynamics (Salazar et al., 2020; Meuleman et Granjou, 2020), yet can be perceived and reappropriated by the communities entangled with them. The Champ des Possibles in Montréal constitutes this studies’ central field site. Although perceived as a natural environment, it retains the toxic traces of its industrial past (Desjardins, 2019) and illustrates the tension between residual memory and urban erasure.

The project seeks to recompose matters of concern (Latour, 2004) and care (Puig de la Bellacasa, 2017) in relation to these altered bodies of soil, and is guided by a central question: how can site-specific artistic “dispositifs” open new aesthetic perceptions of urban soil contamination, and how embodied, sensual engagement with these "dispositifs foster the activationof such issues by civilians ? This inquiry builds on aesthetic experience that can translate these imperceptible phenomena and generate spaces for dialogue and collective action.

To address this question, the dissertation formalizes a methodological approach termed residual archaeology. This concept designates a set of artistic and ethnographic gestures enabling a critical, sometimes collective, analysis of contaminated soils. It considers soils and by extension, their residues, as active - material archives of a geochemical and territorial history, operating across the past, present, and future (Foucault, 1969). Rooted in a sensitive practice that mobilizes the body and attention to its environments, it unfolds through five gestures: walking, collecting, activating, polysensualizing, and rematerializing. These gestures connect the different phases of the research and structure a methodology intended to be adaptable to other sites and territories.

The research unfolds through four participatory artistic actions: Symphony of the Stones (2022), Écotones (2022), Ballets Résiduels (2023–2024), and En, Sur et Face (2023–2024). Together, they amalgamate aesthetic experience, participation, and the materialization of environmental data to render contamination perceptible to diverse publics and contexts. While residual archaeology positions itself as a practical, theoretical, and methodological contribution for rethinking contaminated territories and generating new forms of collective narratives - the research also contributes to the field of data physicalization (Jansen et al., 2015) and to debates around participatory practices in art (Popper, 2007; Bishop, 2006, 2012), discursive design (Tharp et Tharp, 2018; Wodiczko, 2015), and Science and Technology Studies (Rogers, 2022).


Une archéologie du résiduel : matérialisations polysensorielles de la contamination métallique des sols dans une pratique de dispositifs participatifs en art et en design est une thèse de recherche-création. Elle interroge la manière dont la contamination métallique des sols urbains, pollution diffuse, persistante et souvent invisibilisée par des dynamiques sociopolitiques et urbanistiques (Meuleman et Granjou, 2020 ; Salazar et al., 2020), peut être perçue par les communautés fréquentant les territoires concernés, et comment ces communautés peuvent s’approprier les enjeux qui y sont liés. Le Champ des Possibles, à Montréal, constitue le terrain central de cette recherche. Ce site en apparence naturel conserve pourtant les traces toxiques de ses usages industriels passés (Desjardins, 2019) et illustre les tensions entre mémoire résiduelle enfouie et effacement urbain.

La démarche vise à susciter de nouvelles formes de concernement collectif (Latour, 2004) et de soin (Puig de la Bellacasa, 2017) envers ces sols altérés. Elle est guidée par une question centrale : comment des dispositifs artistiques in situ peuvent-ils ouvrir de nouvelles perceptions esthétiques des contaminations urbaines des sols, et comment l’engagement du corps et des sens dans ces dispositifs peut-il favoriser l’appropriation de ces enjeux par les communautés citoyennes ? Cette question suppose ainsi d’examiner comment l’expérience esthétique peut traduire des phénomènes imperceptibles et générer des espaces de dialogue et d’action collective.

Pour y répondre, la thèse formalise une approche méthodologique, celle de l’archéologie résiduelle. Ce terme désigne un ensemble de gestes artistiques et ethnographiques permettant une analyse critique, parfois collective, des sols contaminés. Elle considère les sols et leurs résidus comme des archives matérielles et actives d’une histoire géochimique et territoriale, agissant dans le passé, le présent et le futur (Foucault, 1969). Fondée sur une pratique sensible qui engage le corps et l’attention aux milieux, elle se déploie à travers cinq gestes — marcher, collecter, activer, polysensualiser et rematérialiser — qui structurent une méthodologie se voulant adaptable à d’autres sites et territoires.

La recherche se déploie autour de quatre dispositifs artistiques participatifs : Symphony of the Stones (2022), Écotones (2022), Ballets Résiduels (2023–2024) et En, Sur et Face (2023–2024). Ensemble, ils combinent expérience esthétique, participation et matérialisation de matières résiduelles, afin de rendre sensibles ces traces auprès de publics et de contextes variés.

Alors que l’archéologie résiduelle se pose comme contribution pratique, théorique et méthodologique permettant de repenser les territoires contaminés et d’ouvrir de nouvelles formes de récits collectifs, la recherche contribue au champ de la physicalisation des données (Jansen et al., 2015), ainsi qu’aux débats sur les pratiques participatives en art (Bishop, 2006, 2012 ; Popper, 2007), en design discursif (DiSalvo, 2012 ; Tharp et Tharp, 2018 ; Wodiczko, 2015) et dans les Art, science and technology studies (Rogers, 2022).