Des étudiantes de Concordia présentent leurs recherches – et révèlent comment celles-ci profitent aux communautés autochtones

Brooke Rice et Victoria May remportent respectivement la première et la deuxième place lors du premier concours de récits Miywâcimo!
5 avril 2022
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Brooke Rice : “On se souvient de nos coutumes en les mettant en pratique.” | Toutes les photos sont © Université Concordia, photo par Lisa Graves Brooke Rice : “On se souvient de nos coutumes en les mettant en pratique.” | Toutes les photos sont © Université Concordia, photo par Lisa Graves

Miywâcimo! signifie raconter une bonne histoire en cri. Et le 30 mars, c’est exactement ce qui s’est passé.

La communauté de Concordia a eu le privilège d’écouter les récits marquants et sincères de quatre étudiantes aux études supérieures qui ont pris part au nouveau concours de récits autochtones.

Le premier volet de ce concours s’est déroulé à ESPACE 4 a été diffusé en direct sur sa chaîne YouTube et au moyen d’un webinaire.

L’événement renforce l’engagement de Concordia à développer la capacité de recherche autochtone et à créer de nouvelles possibilités de financement pour les étudiants autochtones.

« Ce fut un honneur de participer au tout premier concours de récits, en aidant à coordonner l’événement et en tant que présentateur, membre du public et adepte de l’incroyable talent que nous avons vu sur scène », affirme Aidan Condo, coordonnateur de l’événement pour le Bureau des directions autochtones.

« En tant qu’étudiant de Concordia, Miywâcimo! renforce la fierté que j’éprouve à faire partie de l’équipe des Directions autochtones. Nous faisons un travail important afin de créer davantage d’occasions pour les étudiants et étudiantes, le corps professoral et le personnel autochtones, tout en intégrant des façons culturellement pertinentes en matière de savoir-être et de développement des connaissances au sein de l’Université ».

Quatre récits, quatre minutes chacun

Miywâcimo! a fourni aux étudiants et étudiantes une plateforme afin de présenter et de souligner l’importance de leurs recherches. Les participantes ont présenté des récits de quatre minutes à un public, dont un jury composé du corps professoral de Concordia et de membres de la communauté autochtone. Les membres du jury ont ensuite délibéré afin de répartir les présentations qui se sont classées en première et deuxième places.

« Les récits sont à la base des modes de connaissance traditionnels autochtones. De génération en génération, les récits permettent de mieux comprendre les liens entre l’esprit, le corps, l’âme, la famille, la communauté et la terre, à travers le temps », explique Manon Tremblay, directrice principale des directions autochtones.

« Lors de mon allocution d’ouverture, j’ai été émue à l’idée qu’il s’agissait de la toute première édition d’une tradition annuelle visant à soutenir les étudiants autochtones de Concordia dans leurs efforts pour faire part des recherches qu’ils mènent au profit des communautés autochtones. »

À la fin des présentations, les quatre membres du jury ont souligné la difficulté de parvenir à une décision. Mais après leurs délibérations, ils ont finalement attribué la première place à Brooke Rice pour sa présentation Kehia:ra’s – I remember (« je me souviens ») et la deuxième place à Victoria May pour sa présentation Dancing my way home (« danser sur le chemin du retour).

« Je félicite Amanda, Brooke, Julianne et Victoria pour la générosité d’esprit dont elles ont fait preuve en présentant leurs recherches et leurs merveilleux récits. Tant leurs sujets de recherche que l’utilisation du récit comme médium ont été judicieusement conjugués afin d’honorer et de préserver les connaissances et les modes de savoir autochtones », souligne Manon Tremblay.

« J’attends déjà avec impatience la talentueuse cohorte d’étudiants-conteurs de l’année prochaine. »

Les quatre étudiantes-conteuses en disent davantage sur leurs recherches et leurs motivations, et la membre du jury de l’événement, Bimadoshka Pucan, professeure adjointe d’histoire et à l’École des affaires publiques et communautaires de Concordia, discute de l’importance de leurs présentations.

Brooke Rice, étudiante à la maîtrise, programme d’études individualisées (INDI)
Lauréate du concours
Présentation : Kehia:ra’s – I remember (« je me souviens »)

Brooke Rice : On se souvient de nos coutumes en les mettant en pratique. Lorsque nous vivons avec la terre, nous nous souvenons que nous faisons partie de la terre. Nous traitons mieux toutes les créations parce que nous comprenons que nous ne formons qu’un avec elles. Ma recherche consiste à me souvenir de la relation profonde de Skywoman, de la tortue et de nos cycles lunaires de Grand-mère Lune.

Le périple collectif qui a consisté à tisser ma toile de kinnections par un apprentissage expérientiel immersif a été guidé par Grand-mère Lune, établissant des relations avec ceux qui ont laissé des empreintes avant nous pour les visages à venir (les générations futures).

Bimadoshka Pucan : Les propos de Brooke « le savoir cérémoniel est un savoir vivant » m’ont vraiment interpellée. La cérémonie n’est pas un élément distinct, mais bien une partie du tout. Pour les Premières Nations de cette terre, elle est ancrée dans notre façon de penser, d’apprendre, de connaître et de réagir à notre réalité commune.

Le lien cérémoniel est le fil d’Ariane qui unit les descendants des premiers peuples d’Amérique du Nord. Sa quête de recherche est très belle à voir. Les chercheurs devraient prêter attention à une partie essentielle du travail de Brooke, soit l’importance de renforcer les capacités de la communauté grâce aux connaissances qu’elle acquiert, ici à Concordia.

Woman with long hair on podium speaking and gesturing with arms Brooke Rice

Victoria May, étudiante au doctorat, programme d’études individualisées (INDI)
Finaliste du concours
Présentation : Dancing my way home (« danser sur le chemin du retour »)

Victoria May : Pour le concours, j’ai parlé de mon processus artistique et de recherche, de ma prise de position et de ma méthodologie à travers le récit de la fabrication d’une paire de mocassins de danseuse.

Mes recherches visent principalement à explorer l’histoire, la dynamique et les répercussions de l’introduction du ballet au Canada dans les années 1930. J’étudie comment ce phénomène a influé sur la représentation autochtone de la danse en tant que forme d’art et les danseurs autochtones dans le secteur des arts et du divertissement aujourd’hui.

Conformément aux approches méthodologiques autochtones de la recherche, je travaillerai avec la métaphore artistique de la « chaussure » à travers les mondes culturels, en utilisant à la fois des mocassins et des chaussons de pointe. En plus de ma thèse de doctorat, mes recherches seront également diffusées à travers la danse et au moyen d’un film documentaire, et ce, afin que les artistes et les membres de la communauté puissent les voir au-delà des cercles universitaires.

Bimadoshka Pucan : Victoria allie le mouvement et le langage. Ses méthodes innovantes ouvrent de nouvelles perspectives à l’enseignement et à l’apprentissage du langage. J’ai été personnellement enthousiasmée par son explication de l’utilisation des dictionnaires du passé pour soutenir l’écriture en michif aujourd’hui. C’est brillant!

Woman posing with one leg extended with one arm chest level and the other reaching out Victoria May

Julianne Dumont, étudiante au doctorat, psychologie clinique, Département de psychologie
Présentation : Identifying resilience pathways for Anishinabe youth (« cerner les voies de résilience pour les jeunes Anishinabe »).

Julianne Dumont : De façon cruciale, ma recherche doctorale évaluera de manière empirique les stratégies qui sont complémentaires aux approches traditionnelles de traitement avec des adaptations afin de reconnaître et d’intégrer les modes de guérison des Anishinabe.

Le cadre de travail préconise que nous décolonisions notre pratique afin de réellement comprendre comment les facteurs culturels peuvent avoir une incidence sur le bien-être des peuples anishinabe et, en retour, documenter les meilleures pratiques pour offrir une approche fondée sur des données probantes et culturellement pertinentes.

Bimadoshka Pucan : Julianne est une universitaire accomplie. Son amour de la communauté et l’accent qu’elle met sur la résilience motivent ses recherches sur le Mino Bimaadiziwin en vue d’améliorer les stratégies en matière de santé mentale. Les récits de la pandémie soulignent l’importance de l’accès à la terre et aux activités terrestres en vue de soutenir la santé mentale des peuples autochtones.

Livestream video projection of smiling young woman with brown hair Julianne Dumont

Amanda Shawayahamish K.Wynn, étudiante à la maîtrise, programme d’études individualisées (INDI), sciences sociales
Présentation : Bizindan aabajitoon Shkiizhiigoon gaye gitowagan – Listen using eyes and ears (« écouter avec les yeux et les oreilles ») 

Amanda Shawayahamish K.Wynn : Le système des pensionnats indiens m’a enlevé la langue, les histoires, les cérémonies et les traditions qui me définissent – l’identité anishinabe de ma famille. Mon projet de maîtrise est basé sur mon parcours personnel de collecte et d’assemblage des pièces manquantes de l’histoire, des traditions et des histoires de ma famille.

Mon objectif vise en partie à faire part de mes connaissances à d’autres peuples autochtones qui sont en train de rassembler les mêmes pièces.

Bimadoshka Pucan : Amanda amène le travail des perles à un tout autre niveau en travaillant aux côtés de sa grand-mère afin d’évoquer les récits de la terre et d’explorer comment les perles s’assemblent en vue de véhiculer un récit.

Woman wearing purple sweater, sitting in stool, with screen presentation slide depicting beadwork Amanda Shawayahamish K.Wynn

Les membres du jury du premier concours Miywâcimo! était composé de :

  • Ron Abraira, chargé d’enseignement à temps plein, Département de management, École de gestion John-Molson, et coordonnateur du stage Dobson
  • Bimadoshka Pucan, professeure adjointe, Département d’histoire, École des affaires publiques et communautaires, Faculté des arts et des sciences
  • Nicholas Renaud, professeur adjoint, Études des peuples autochtones, École des affaires publiques et communautaires, Faculté des arts et des sciences
  • Anne Whitelaw, vice-rectrice exécutive aux affaires académiques


Regardez le
concours de récits Miywâcimo! sur la chaîne YouTube d’ESPACE 4 et n’oubliez pas de vous inscrire à Pîkiskwêtân (Parlons-en), la série sur l’apprentissage autochtone de Concordia.

 



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