Une initiative menée par Concordia autonomise des communautés autochtones et racisées

Des membres du Projet SOMEONE collaborent avec des partenaires du Québec et de l’Alberta pour accroître la résilience face à la discrimination
20 janvier 2022
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Vivek Venkatesh : « Nous nous sentons privilégiés de pouvoir apprendre avec nos collaborateurs à Montréal, à Edmonton et à Chicoutimi. »

Un nouveau projet mené par l’Université Concordia s’attaque aux formes systémiques de discrimination auxquelles font face divers groupes de personnes noires, autochtones (Premières Nations, Métis et Inuits) et de couleur. Pour ce faire, l’initiative consigne la manière dont ces communautés développent leur résilience de manière durable dans une société de plus en plus polarisée.

Basé à Montréal, Chicoutimi, Québec et Edmonton, en Alberta, le projet Pédagogie sociale innovante pour redonner du pouvoir aux communautés autochtones et réduire les biais associés au genre et à la race (PSI) constitue la plus récente initiative chapeautée par le Projet SOMEONE.

La mission du Projet SOMEONE est de « sensibiliser la population, de créer des espaces pour les dialogues pluralistes ainsi que de combattre la discrimination et la haine en ligne ». Il s’agit de l’antenne pédagogique de la Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violents (UNESCO-PREV), qu’abrite le Centre d’études sur l’apprentissage et la performance (CEAP), unité de recherche reconnue par Concordia.

Dans le cadre du projet PSI, l’Université Concordia a conclu un partenariat avec l’Université de l’Alberta, l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) et certains organismes communautaires des deux provinces. Ensemble, ils créeront, adapteront et évalueront des ateliers interactifs, des documentaires et du matériel multimédia ainsi que des cours en ligne et des notes d’orientation.

Durant trois ans, l’équipe collaborera avec quelque 2 000 Canadiennes et Canadiens en ligne et en personne, en recourant aux principes de la pédagogie sociale pour promouvoir la littératie numérique et l’égalité des genres, autonomiser les leaders communautaires et amplifier leurs récits de résilience.

Des partenaires au Québec et en Alberta

Josie-Ann Bonneau et Mathieu Cook, de l’UQAC, sont membres de l’équipe de Chicoutimi du projet PSI. Ils entendent documenter les pratiques élaborées par les organismes communautaires pour favoriser de meilleures relations entre les communautés autochtones et non autochtones.

Ils espèrent ainsi donner aux jeunes des nations atikamekw et innue – largement représentées sur leur territoire – une chance de s’exprimer au sujet de la discrimination et du racisme par l’intermédiaire de la caméra.

« Le projet PSI offre l’occasion de mieux comprendre comment s’établissent les relations entre les groupes », explique le Pr Cook, qui enseigne les sciences sociales à l’UQAC et est membre à part entière du CEAP de même que cotitulaire de la Chaire UNESCO en transmission culturelle chez les Premiers peuples comme dynamique de mieux-être et d’empowerment.

« Il s’agit également d’une bonne façon d’autonomiser les communautés autochtones, qui leur assure un espace pour partager leurs récits et leur propre compréhension de la discrimination et du racisme », ajoute Mme Bonneau, qui coordonne la Chaire UNESCO.

« Accorder une place aux récits provenant de lieux riches en histoires »

Paul Gareau est Métis et professeur agrégé à la Faculté d’études autochtones de l’Université de l’Alberta. Il est en outre membre de l’équipe du Thirdspace Playback Theatre Edmonton, qui collabore avec des personnes issues des diasporas noire et asiatique ainsi que de la nation métisse de l’Alberta dans le cadre du projet PSI.

Selon le Pr Gareau, le projet permet d’explorer la discrimination au moyen de modules pédagogiques, de discussions communautaires, du théâtre participatif et de la création d’initiatives en collaboration avec les communautés.

« Le projet adopte une approche en plusieurs volets au regard de la communication et de la reconnaissance de chacune de nos perspectives individuelles et collectives en vue de favoriser la solidarité et de résister à l’oppression et à la marginalisation », souligne-t-il.

Le chercheur ajoute que la meilleure manière de comprendre le racisme structural et les préjugés institutionnels – et d’y résister – est de prôner l’autodétermination et d’affirmer la valeur de chaque communauté.

« Le projet PSI rend possible cette démarche en accordant une place aux récits provenant de lieux riches en histoires. »

Dans le cadre de leur travail, les membres de l’équipe pancanadienne « formeront les formateurs » en collaborant avec leurs communautés pour cerner les besoins, élaborer des méthodologies, renforcer les capacités et imaginer ensemble des solutions novatrices. Du matériel sera produit en français, en anglais et en langues autochtones, selon le cas, et l’équipe de Concordia suscitera la participation de jeunes noirs et racisés à Montréal, entre autres.

Des étudiantes et étudiants aux cycles supérieurs ainsi que des professeures et professeurs des départements des sciences de l’éducation, d’éducation artistique et d’études françaises de même que des programmes d’études individualisées de l’Université travailleront sur les diverses initiatives du projet PSI.

Directeur du CEAP, cotitulaire de la Chaire UNESCO-PREV, directeur du projet PSI et cofondateur du Projet SOMEONE à Concordia, Vivek Venkatesh affirme que le financement reçu permet à la Chaire UNESCO-PREV de cibler cinq des objectifs de développement durable des Nations Unies grâce à un cadre d’évaluation qui favorise la collaboration avec les partenaires communautaires.

« Nous nous sentons privilégiés de pouvoir apprendre avec nos collaborateurs à Montréal, à Edmonton et à Chicoutimi sur une période de trois ans, ce qui nous assurera maintes occasions d’échanger des connaissances et de développer le leadership », poursuit le Pr Venkatesh.

Un financement pour la recherche

Le projet PSI a été lancé en avril 2021 grâce à une subvention de 780 000 $ sur trois ans provenant du programme de financement des objectifs de développement durable d’Emploi et Développement social Canada.

Pour Paula Wood-Adams, vice-rectrice intérimaire à la recherche et aux études supérieures de Concordia, cette récente subvention constitue un autre exemple de la qualité manifeste des recherches de l’Université.

« L’engagement soutenu de divers organismes au Québec et au Canada à financer des projets de recherche menés par Concordia – et ce, dans une variété de disciplines – témoigne de la confiance qu’ils affichent à l’égard du potentiel de nos chercheuses et chercheurs ainsi que des travaux dont ils sont capables. »


Renseignez-vous sur le
Projet SOMEONE, la Chaire UNESCO-PREV et le Centre d’études sur l’apprentissage et la performance de l’Université Concordia.

 



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