Date & time
11 a.m. – 12 p.m.
Hybrid
This event is free.
4TH SPACE
J.W. McConnell Building
1400 De Maisonneuve Blvd. W.
Yes - See details
Ce projet est né de l’histoire personnelle de Marie-Josée en tant que rescapée du génocide contre les Tutsi au Rwanda. Une cicatrice sur son bras, souvenir d'une violence extrême, est devenue le point de départ d'une réflexion plus vaste sur les traces que le génocide a laissées sur les corps et les âmes des survivants. Blessée par balle lors des massacres de 1994, elle a longtemps porté cette cicatrice comme un stigmate. Aujourd'hui, elle est devenue un témoin, un support de mémoire et un point d'ancrage pour une démarche de recherche, de création et de transmission.
À partir de cette expérience, Marie-Josée a entrepris de rencontrer d'autres rescapé.e.s qui portent, eux aussi, des cicatrices et des mutilations causées par le génocide contre les Tutsi. Son intention n'est pas de raviver la souffrance, mais de rendre visibles les conséquences durables de cette violence extrême, tout en mettant en lumière la dignité, le courage et la résilience de celles et ceux qui ont survécu. Le corps devient ainsi un lieu de mémoire, de témoignage et de résistance.
Trente ans après le génocide, les séquelles physiques et psychologiques demeurent profondément inscrites dans les corps, les esprits et la mémoire collective. Si les archives historiques ont largement documenté les événements de 1994, les cicatrices visibles et invisibles des survivants continuent de raconter une histoire qui reste à transmettre. La photographie et le documentaire constituent des moyens privilégiés pour préserver ces récits, susciter le dialogue et contribuer à une mémoire vivante.
Ce panel proposera une réflexion sur les enjeux méthodologiques, éthiques et humains de cette recherche photographique et documentaire. Il abordera notamment les défis liés à la collecte de témoignages sur un sujet aussi sensible, ainsi que la posture de la chercheure, à la fois survivante, témoin et productrice de savoirs. Cette double position soulève des questions importantes quant à la proximité avec les participants, à l'empathie, aux avantages et aux limites d'une recherche menée de l’intérieur et de l'extérieur.
Les discussions porteront également sur le consentement éclairé, la dignité des personnes photographiées et interviewées, la sensibilité aux traumatismes, la prévention de la revictimisation et les modalités d'accompagnement des témoins. Ce panel mettra en évidence la responsabilité des chercheurs, des photographes et des documentaristes dans la construction d'une mémoire fidèle aux expériences vécues et respectueuse des personnes. Il montrera enfin comment la recherche visuelle et documentaire peut contribuer à la transmission de la mémoire, à la lutte contre le négationnisme et à la promotion des droits humains.
Comment pouvez-vous participer? Rejoignez-nous en personne ou en ligne par inscrivez-vous à la réunion Zoom ou regardez en direct sur YouTube.
Avez-vous des questions ou si nous pouvons rendre cet événement plus accessible pour vous? Envoyez-les à info.4@concordia.ca
Marie-Josée Gicali est rescapée du génocide contre les Tutsi au Rwanda. Docteure en éducation de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), elle est l'auteure de On n'oublie jamais rien, publié en 2019 aux Éditions Hurtubise. Membre de Page-Rwanda et cofondatrice d'Ibuka-Canada, elle consacre ses travaux à la préservation et à la transmission de la mémoire du génocide contre les Tutsi par le biais des récits, des témoignages et de la recherche.
Chercheure indépendante et affiliée au COHDS, elle mène actuellement un projet photographique et documentaire consacré aux survivants portant des cicatrices visibles du génocide. Ce projet subventionné par le Conseil des Arts du Canada documente leurs blessures, les circonstances dans lesquelles elles ont été infligées, leur processus de guérison ainsi que les répercussions de ces cicatrices sur leur vie, leur identité et leur parcours de résilience.
Elle est également fondatrice d'EJO ARTS & CULTURE, un organisme dédié à la recherche, à la création et à la production d'œuvres audiovisuelles et littéraires.
Steven High is Professor of History and co-founder of Concordia University’s Centre for Oral History and Digital Storytelling. He is an interdisciplinary oral and public historian with a strong interest in transnational approaches to working-class studies, forced migration, and community-engaged research. He has headed a number of major research projects, most notably the prize-winning “Life Stories of Montrealers Displaced by War, Genocide and Other Human Rights Violations,” and is currently leading the transnational SSHRC-funded partnership project “Deindustrialization & the Politics of Our Time.” He was recently awarded a Governor General’s History Award in the Popular Media category.
Description: A panel discussion with Marie-Josée Gicali about the responsibility of photographers when interviewing people who have experienced trauma.
Organized by: Barbara Lorenzkowski; Anna Vigeland; Valentina Davila
Participants:
Marie-Josée Gicali
Steven High
With: COHDS
Spectrum ID:
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