Faites connaissance avec Stéphanie Hornstein, la nouvelle chercheuse en résidence de la Bibliothèque de l’Université Concordia

« Je cherche à en savoir plus sur les personnes qui ont écrit, publié et lu des récits de voyage accompagnés d’illustrations photographiques. »
23 novembre 2022
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Stéphanie Hornstein : « Un volet important de mon projet consistera à analyser les influences réciproques entre le texte et l’image qui façonnent les récits de voyage. » Stéphanie Hornstein : « Un volet important de mon projet consistera à analyser les influences réciproques entre le texte et l’image qui façonnent les récits de voyage. »

La Bibliothèque de Concordia a accueilli sa plus récente chercheuse en résidence cet automne pour une période d’un an.

Stéphanie Hornstein (B. Bx-arts 2015), titulaire d’une maîtrise de l’Université d’Édimbourg, en Écosse, est actuellement enseignante et doctorante au Département d’histoire de l’art. Elle coordonne également l’édition d’une série de livres créée par le groupe de recherche Formes actuelles de l’expérience photographique.

Dans le cadre de ses recherches doctorales, Mme Hornstein s’attache à déceler les tendances présentes dans les photographies de voyage datant du 19e et du début du 20e siècle et représentant la vaste région que les Occidentaux appellent l’« Orient ». Elle s’intéresse plus particulièrement aux thèmes qui caractérisent les représentations photographiques du Japon et de l’Égypte.

En tant que chercheuse en résidence pour l’année universitaire 2022-2023, Mme Hornstein vient d’amorcer un projet de recherche intitulé « Journey Through the Stacks: The Shelf-Life of Photographically Illustrated Travelogues, 1880-1930 ». Elle examinera les récits de voyage illustrés conservés dans la collection courante de la bibliothèque, puis entreprendra une étude qualitative à partir d’exemples représentatifs afin d’en savoir plus sur les personnes ayant écrit, publié et lu des récits de voyage accompagnés de photographies.

Lancé il y a six ans, le programme de chercheuse ou chercheur en résidence appuie les efforts de la Bibliothèque pour renforcer la culture de la recherche et promouvoir un bibliothécariat fondé sur des données probantes.

« Une occasion en or de repousser les limites de mes capacités intellectuelles »

Qu’est-ce qui a inspiré vos centres d’intérêt en recherche?

Stéphanie Hornstein : J’ai commencé à m’intéresser à la photographie de voyage pendant mes études de maîtrise, alors que je réalisais un projet de recherche à la Bibliothèque centrale d’Édimbourg. Cette bibliothèque publique compte dans sa collection un ensemble de photographies du Japon teintées à la main, datant de la fin du 19e siècle.

N’ayant jamais voyagé au Japon, j’ai été fascinée par la qualité saisissante de ces images et par l’univers romantique qu’elles évoquaient. Cependant, plus je creusais le sujet, plus je réalisais que ces photographies étaient en fait le produit d’un imaginaire orientaliste. Elles nous en apprenaient bien plus sur leurs créateurs et leurs destinataires que sur le Japon lui-même.

Quels sont les thèmes communs qui se dégagent des représentations photographiques du Japon et de l’Égypte ?

SH : Lorsque j’ai entrepris mes études doctorales, j’ai élargi la portée de mes recherches afin d’inclure les représentations de l’Égypte. J’ai choisi ce pays comme point de comparaison avec le Japon parce que, bien que ces deux pays soient très différents, j’ai remarqué que le public occidental les traitait de façon semblable dans le langage photographique.

Par exemple, les photographies de grands monuments comportent souvent une figure humaine afin de donner un ordre de grandeur, et il s’agit presque toujours d’un habitant du pays. Bien que ce détail puisse sembler anodin, cette convention vient réaffirmer les présomptions impérialistes de supériorité à l’égard des sujets « orientaux ».

Parmi les autres thèmes récurrents dans les représentations de l’Égypte et du Japon, citons les taxonomies des professions, dans lesquelles les gens sont classés par « types », et les photographies de marchés qui évoquent les attraits du magasinage dans des contrées exotiques.

Votre projet sur les récits de voyage illustrés abordera-t-il également ces thèmes?

SH : Oui, je compte analyser les images photographiques figurant dans des récits de voyage consacrés au Japon, à l’Égypte et à d’autres pays du Moyen-Orient et d’Asie. Un volet important de mon projet consistera à analyser les influences réciproques entre le texte et l’image qui façonnent les récits de voyage. Je m’intéresse particulièrement au rôle de ces publications dans ce qu’Edward Said (auteur du livre L’Orientalisme. L’Orient créé par l’Occident, publié en 1978) appelle les « géographies imaginaires », qu’il décrit comme des projections de lieux teintées de préjugés culturels.

J’ai choisi de me concentrer sur les livres publiés entre 1880 et 1930, soit la première vague d’ouvrages ayant contribué à démocratiser l’illustration photographique grâce à d’importants progrès dans les techniques d’impression.

Qu’espérez-vous découvrir à propos des photographies figurant dans les récits de voyage illustrés de la Bibliothèque?

SH : Je cherche à en savoir plus sur les personnes qui ont écrit, publié et lu des récits de voyage accompagnés d’illustrations photographiques. Je souhaite également étudier les caractéristiques propres aux récits de voyage illustrés.

Par exemple, je m’intéresserai de près au cadrage des images, à l’utilisation de légendes, à leur disposition sur la page, à la façon dont elles sont présentées à l’aide de frontispices et au fait que leur auteur soit mentionné ou non. Ce type d’enquête approfondie contribuera à révéler comment la photographie s’est graduellement imposée comme une composante essentielle du récit de voyage. 

Qu’est-ce qui vous a attirée dans le programme de chercheur en résidence de la Bibliothèque de Concordia?

SH: Pour la chercheuse émergente que je suis, ce rôle représente une occasion en or de repousser les limites de mes capacités intellectuelles. À ce stade de ma formation, j’avais hâte de plonger dans l’univers concret des sources primaires.

Le fait de travailler à la Bibliothèque me permet également d’engager des conversations très fructueuses avec les membres du personnel, qui ont déjà nourri ma réflexion de façons aussi diverses qu’inattendues.

En tant qu’utilisatrice de longue date des services de la Bibliothèque de Concordia, j’étais très curieuse d’en apprendre davantage sur les activités menées en coulisse pour étayer et enrichir tous ces travaux de recherche remarquables réalisés par les membres du corps professoral et de l’effectif étudiant.
 

Apprenez-en davantage sur le programme de chercheuse ou chercheur en résidence de la Bibliothèque de l’Université Concordia et entrez en contact avec Stéphanie Hornstein à stephanie.hornstein@concordia.ca.

 



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