Faites connaissance avec Désirée Rochat, la nouvelle chercheuse en résidence de la Bibliothèque de l’Université Concordia

« Je travaille à préserver l’histoire du militantisme diasporique des Noirs. »
2 décembre 2021
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Par Leslie Goldstein

Désirée Rochat | © l’Université Concordia, photo : Lisa Graves Désirée Rochat | © l’Université Concordia, photo : Lisa Graves

La Bibliothèque de Concordia a accueilli sa plus récente chercheuse en résidence cet automne pour une période d’un an. Désirée Rochat est éducatrice communautaire et chercheuse transdisciplinaire. Diplômée de Concordia, Mme Rochat (B.A. 2009) est aussi actuellement directrice de programme à l’Observatoire des communautés noires du Québec.

Le travail de Mme Rochat a été guidé par une approche intégrative reliant la recherche historique, la préservation des archives communautaires et l’éducation. Par cette démarche, elle vise à documenter, théoriser et transmettre les histoires du militantisme des communautés noires.

Ses centres d’intérêt en recherche sont multiples et comprennent les histoires du militantisme transnational des Noirs, l’organisation des communautés diasporiques des Caraïbes au Canada, l’éducation des communautés et les archives, les méthodologies de recherche collaborative, la pédagogie et l’engagement archivistiques ainsi que la racialisation des jeunes.

En tant que chercheuse en résidence pour l’année universitaire 2021-2022, Désirée Rochat explorera et proposera des stratégies afin de rehausser la sensibilisation, les relations et l’engagement de la communauté en vue de favoriser le développement et l’utilisation holistiques des collections spéciales liées à la communauté noire.

Lancé il y a cinq ans, le programme de chercheur en résidence appuie les efforts de la Bibliothèque pour renforcer la culture de la recherche et promouvoir un bibliothécariat fondé sur des données probantes.

« Je m’efforce de préserver l’histoire des communautés noires parce que nous pouvons tous en tirer des enseignements. »

Comment votre travail vise-t-il à transmettre les histoires du militantisme des communautés noires?

Désirée Rochat : Avant d’être chercheuse, j’ai été travailleuse et éducatrice communautaire pendant plus de deux décennies. J’ai commencé à l’adolescence après mon arrivée à Montréal et je n’ai jamais arrêté.

Dans le cadre de mon travail communautaire, j’ai pu découvrir l’histoire extrêmement riche des mobilisations sociales et politiques d’autres communautés d’immigrants et de personnes racisées, en particulier d’autres communautés caribéennes et noires. En apprenant ces histoires, j’ai pris conscience de leur signification politique, intellectuelle et pédagogique. Mon désir de transmettre et de m’engager dans ces histoires a commencé là.

Les recherches que je mène actuellement et qui portent sur la préservation et la transmission de l’histoire du militantisme des communautés noires s’inscrivent dans le prolongement direct de mes pratiques éducatives et d’organisation communautaire.

Qu’est-ce qui a inspiré vos recherches et vos centres d’intérêt?

D. R. : Mon travail vise à mettre en avant les histoires et les savoirs des communautés racisées et immigrées en adoptant une approche intégrative reliant l’histoire, les sciences archivistiques et l’éducation. Le fil conducteur de mes intérêts pour l’éducation communautaire, les archives communautaires, l’engagement et la pédagogie archivistiques, ainsi que les histoires du militantisme des communautés noires est la connaissance.

En fin de compte, je m’intéresse à la manière dont les gens produisent, transmettent, acquièrent et préservent les connaissances.

Quelles sont les idées fausses sur vos recherches?

D. R. : Je fais des recherches, j’élabore des théories et je travaille à la préservation de l’histoire du militantisme de la diaspora des Noirs. Mais en fin de compte, il s’agit d’histoires de militantisme, d’organisation politique et de construction communautaire, c’est tout. Elles sont pertinentes pour notre compréhension des pratiques et des politiques transnationales en général, pour notre compréhension de l’organisation communautaire plus largement et pour notre compréhension du monde dans sa complexité.

Je m’efforce donc de préserver les histoires des communautés noires parce que nous pouvons tous en tirer des enseignements. Elles sont nécessaires pour avoir une compréhension plus large de la politique et de l’histoire du monde.

Y a-t-il des pratiques exemplaires et novatrices que vous recommanderiez dans le contexte des collections spéciales de la bibliothèque?

D. R. : Les collections spéciales de la bibliothèque ont fait de l’acquisition d’archives liées aux organisations de la communauté noire anglophone de Montréal et à l’histoire des Noirs au Québec une de leurs priorités de collecte. Ces initiatives ont mis la bibliothèque en passe de devenir une ressource unique sur le patrimoine de la communauté noire au Québec et potentiellement au Canada.

Mais pour favoriser une approche éthique et antiraciste de l’acquisition, de la documentation et de l’utilisation de ces archives, et pour encourager l’engagement des membres de la communauté noire à l’intérieur et à l’extérieur de l’Université, le développement de ces acquisitions doit s’inscrire dans un cadre plus large de justice sociale et d’action communautaire.

Ce que je cherche à faire, c’est proposer des mécanismes et des stratégies s’appuyant sur ma pratique communautaire pour garantir une approche holistique et représentative du développement, de l’accessibilité et de l’utilisation des collections, afin que les diverses contributions des communautés noires soient intégrées et activées de manière compréhensible.

Qu’est-ce qui vous a attirée dans le programme de chercheur en résidence de la Bibliothèque de Concordia?

D. R. : Je suis diplômée de l’Université et membre du Centre d’histoire orale et de récits numérisés. En 2017, j’ai collaboré avec Steven High, professeur au Département d’histoire, et Alexandra Mills, archiviste des collections spéciales de la bibliothèque, pour le cours HIST 388 : Telling Stories (« raconter des histoires »), qui reposait sur le Fonds du NCC – Charles H. Este Cultural Centre.

J’ai également travaillé dans le passé avec Annick Maugile Flavien et Teeanna Munro du Bureau des perspectives noires dans le cadre de notre travail communautaire. Pouvoir collaborer dans ce contexte est intéressant, car nous sommes trois travailleuses communautaires qui s’inspirent de leur pratique pour stimuler la transformation de l’Université. J’ai hâte d’élaborer des projets avec tous ces collaborateurs et collaboratrices.


Apprenez-en davantage sur le
programme de chercheuse ou chercheur en résidence de la Bibliothèque de l’Université Concordia et entrez en contact avec Désirée Rochat à desiree.rochat@concordia.ca.

 



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