Traces of Home
Présentée sous l’angle d’un « génocide de la mémoire », Traces of Home posait la question suivante : que signifie perdre non seulement une terre, mais aussi les archives intimes de l’appartenance? Comment les communautés font-elles leur deuil lorsque les repères matériels qui ancrent la mémoire sont effacés?
Une dimension d’histoire orale a ancré les échanges à travers trois générations : une fille évoquant le souvenir de son père, décédé avant d’avoir pu assister à la démolition de la maison qu’il avait construite dans son village; un fils portant la mémoire de son père palestinien; et un jeune homme préservant l’appel de ses grands-parents à retourner à Bint Jbeil, leur véritable foyer.
La conversation s’est ensuite ouverte à un micro ouvert, invitant les participant(e)s à partager leurs propres récits de perte et de deuil, créant ainsi un espace collectif de témoignage. À travers des perspectives décoloniales, les personnes invitées ont exploré le récit et la mémoire comme formes de résistance, tout en s’interrogeant sur les façons de reconstruire la dignité, l’identité et le lien au territoire face à l’effacement.
La discussion réunissait un panel de chercheur(euse)s et de praticien(ne)s : Diana Moukalled, cofondatrice et rédactrice en chef de Daraj Media, une plateforme médiatique indépendante fondée à Beyrouth en 2017 qui se consacre à la couverture de la corruption et d’enjeux peu médiatisés; Guillaume Jabbour, Franco-Canado-Palestinien, dont la pratique est centrée sur le son, la recherche-création et l’engagement communautaire; Jad Orphée Chami, artiste-chercheur et compositeur originaire de Beyrouth, établi à Tiohtià/Montréal; et Zeina Ismail Allouche, coordonnatrice de recherche au Centre d’études sur l’apprentissage et la performance (CEAP) et directrice associée du CPN-PREV, qui a animé la discussion.
Dalia Elsayed, Leena Abdelrahim & Marlihan Lopez. Photo by Azfar Adib.