Rapport sur les trajectoires professionnelles des titulaires de doctorat 2025
Suivi des carrières de nos diplômées et diplômés au doctorat
L’École des études supérieures de Concordia présente son Rapport sur le devenir et le cheminement professionnels des titulaires de doctorat 2025. Ce rapport présente les dernières données sur la trajectoire des titulaires de doctorat de Concordia ayant obtenu leur diplôme entre 2014 et 2024. Nous avons suivi le parcours professionnel de 91 % de ces diplômées et diplômés et avons recensé plus de 4 300 emplois tirés de sources publiques (par exemple, LinkedIn, sites Web d’entreprises). Les résultats de l’étude indiquent clairement : les titulaires de doctorat de Concordia sont des leaders qui rayonnent bien au-delà des murs de l’Université. Actifs dans quelque 60 pays et dans tous les secteurs de la société, ils démontrent la polyvalence et la valeur qu’apporte un doctorat de l’Université Concordia.
Principaux constats
- Nous avons recueilli des renseignements sur la carrière de 1 601 diplômées et diplômés ayant obtenu leur diplôme de doctorat entre 2014 et 2024 (soit 91 % de l’ensemble des 1 902 personnes ayant terminé leurs études doctorales au cours de cette période).
- Au sein de ce groupe, nous avons enregistré un total de 4 372 points de données relatifs à la situation professionnelle.
- Nous avons constaté un taux d’emploi de 87 % parmi les diplômés.
- Parmi ces diplômés, 43 % travaillent actuellement dans le milieu universitaire, et 37 % dans le secteur à but lucratif/industrie. Les autres diplômés travaillent dans le secteur non marchand, à leur compte ou dans le secteur public.
- Environ 50 % des diplômés ont commencé leur carrière dans le milieu universitaire et environ 30 % dans le secteur privé ou industriel.
- La discipline d’études influe fortement sur le devenir des diplômés. La probabilité de faire carrière dans le milieu universitaire est 1,8 fois plus élevée pour les diplômés en gestion et 1,5 fois plus élevée pour les diplômés en beaux-arts.
- À l’inverse, la probabilité de travailler dans le secteur privé ou industriel est 2,2 fois plus élevée pour les diplômés en génie et en informatique.
- La plupart des titulaires d’un doctorat ont pu trouver un emploi stable dans les 20 à 36 mois suivant l’obtention de leur diplôme. Les diplômés en gestion et en sciences humaines ont atteint la stabilité un peu plus rapidement que leurs pairs travaillant dans les STIM, ce qui reflète les différences de parcours et les décalages temporels entre les divers secteurs professionnels.
- Les titres de poste les plus courants non liés à l’enseignement sont ceux de psychologue et d’expert en science des données. Les principaux employeurs sont l’Université Concordia, l’Université McGill et le Conseil national de recherches.
- Parmi les diplômés qui ont commencé leur carrière au Québec, 58 % étaient toujours dans la province deux ans après l’obtention de leur diplôme, tandis que 37 % y étaient encore après trois ans.
- Nos diplômés sont actuellement employés dans 60 pays différents.
Objectif
L’obtention d’un doctorat marque le début d’un nouveau chapitre et ouvre la voie à de nombreuses possibilités de carrière. Dans ce rapport, nous avons cherché à répondre à une question fondamentale : que deviennent nos titulaires de doctorat et quel impact exercent-ils ? En nous appuyant sur notre précédente étude menée en 2020, nous sommes en mesure de voir comment nos diplômés continuent de contribuer à la société tout au long de leur carrière dans un marché mondial en pleine mutation et de mieux comprendre la valeur distinctive qu’apporte un doctorat de Concordia, tant à nos diplômés eux-mêmes qu’aux communautés qu’ils servent.
Déroulement de l’étude
L’étude a été menée par une équipe de chercheurs et de membres du personnel de l’École des études supérieures. Afin de cartographier les parcours professionnels des titulaires de doctorat, nous avons recueilli des renseignements accessibles au public dans des sources telles que les sites Web d’universités et d’employeurs, des profils LinkedIn et des portails de publications universitaires. Après avoir enregistré toutes les données relatives à la situation professionnelle des diplômées et diplômés, nous avons restreint notre analyse aux emplois occupés après l’obtention de leur diplôme de doctorat afin de nous concentrer sur la suite de leur parcours. Nous appuyant sur une taxonomie structurée, nous avons catégorisé les emplois selon quatre paramètres indépendants : le secteur, le domaine et le sous-domaine, le rôle fonctionnel ainsi que le statut ou rang hiérarchique.
Introduction
Au cours des dernières décennies, les parcours professionnels des titulaires d’un doctorat ont considérablement évolué. Alors que les carrières dans le milieu universitaire étaient autrefois la norme, les diplômés trouvent aujourd’hui des débouchés dans d’autres secteurs. Plusieurs facteurs ont contribué à cette évolution : le nombre croissant de titulaires d’un doctorat, la diminution des postes permanents et les attentes croissantes en matière de qualifications pointues en dehors du milieu universitaire.
Les répercussions immédiates de la COVID-19 sur l’emploi sont désormais derrière nous, mais ses effets structurels persistent. Le télétravail et le travail hybride, les départs à la retraite anticipés et les changements sectoriels continuent de façonner le marché du travail, tandis que l’accélération de l’adoption du numérique a favorisé l’essor rapide de l’IA et de l’automatisation. Bien qu’il ne soit plus la principale source d’incertitude, l’héritage de la COVID, combiné à l’innovation radicale, continue de redéfinir le monde du travail en 2025 et d’influer sur la façon dont les diplômés planifient leur avenir. Pour les doctorants d’aujourd’hui, cela signifie qu’ils doivent s’adapter à un monde du travail en pleine mutation, où les industries se transforment, de nouvelles possibilités émergent et les emplois traditionnels évoluent.
Nous ne pouvons plus tenir pour acquis que les études doctorales mènent à un poste dans le milieu universitaire ni que les titulaires de doctorat se destinent à ce type de carrière. L’industrie et d’autres secteurs recherchent de plus en plus des titulaires de doctorat pour leurs compétences pointues en recherche et en résolution de problèmes – et ces occasions sont convoitées par les diplômés. Les établissements d’enseignement doivent donc préparer les étudiants à des carrières variées tout en continuant d’offrir une solide formation en recherche. Dans cette optique, il convient de bien comprendre où se dirigent les diplômés, leur parcours, les compétences qu’ils acquièrent et la manière dont ils contribuent à la société.
Le rapport sur le devenir et le cheminement des titulaires de doctorat de Concordia s’inscrit dans le cadre d’un dialogue élargi mené à l’échelle provinciale (au sein de l’Association des doyennes et des doyens des études supérieures au Québec), nationale et internationale. Des études réalisées précédemment à l’Université de Toronto, à l’Université McGill, à l’Université de la Colombie-Britannique et à l’Université de l’Alberta ont toutes montré qu’environ la moitié des titulaires de doctorat poursuivent une carrière dans le milieu universitaire, tandis que les autres se tournent vers le secteur public, le secteur privé ou le secteur non marchand, ou encore se lancent dans des projets entrepreneuriaux. Nos conclusions concordent avec ces tendances : 43 % des diplômés de l’Université Concordia dont nous avons suivi le parcours travaillent actuellement dans le milieu universitaire.
Parallèlement, les diplômés de Concordia sont actifs dans les secteurs autres que le milieu universitaire : ils occupent des postes de direction, deviennent entrepreneurs, dirigent des équipes de recherche, fondent des organismes artistiques et dirigent des cabinets de conseil internationaux. La diversité de leurs parcours témoigne de la polyvalence de nos diplômés et de la valeur d’un diplôme de doctorat de Concordia tant pour les diplômés eux-mêmes que pour la société.
Méthodologie
La présente étude a été menée par une équipe composée d’étudiants-chercheurs de tous les cycles ainsi que de membres du personnel de l’École des études supérieures. Nous avons obtenu les antécédents professionnels de nos diplômés à partir de sources accessibles au public, notamment les sites Web d’universités et d’employeurs, les profils LinkedIn et les portails de publications universitaires (par exemple, ORCID et Google Scholar).
Pour chaque diplômée ou diplômé, nous avons enregistré les titres de poste, les employeurs et les dates de début et de fin d’emploi, lorsqu’elles étaient disponibles. Bien que tous les antécédents professionnels aient été recueillis, nous avons limité notre analyse aux emplois occupés après l’obtention du diplôme afin de nous concentrer sur la suite de leur parcours.
Classification
Tous les emplois ont été codés à l’aide d’une taxonomie multidimensionnelle structurée, conçue spécialement aux fins du présent projet. La taxonomie comprend quatre dimensions distinctes et non orthogonales :
- Secteur (par exemple, milieu universitaire, postsecondaire, public, non marchand, à but lucratif/industrie, travailleurs autonomes)
- Rôle fonctionnel (par exemple, recherche, enseignement, conseil)
- Statut ou rang hiérarchique (par exemple, débutant, spécialiste, gestionnaire, direction, rang de professeur)
Pour les besoins de l’analyse, nous avons fait la distinction entre les postes liés à l’enseignement et recherche (par exemple, professeur agrégé, chargé de cours, vice-doyen) et les postes non liés à l’enseignement ni recherche au sein des établissements d’enseignement postsecondaire (par exemple, administrateurs, conseillers d’orientation, personnel professionnel). Nous faisons ainsi une distinction entre les rôles liés à l’enseignement et les emplois professionnels propres au milieu de l’enseignement postsecondaire.
Utilisation de l’IA pour la classification
Afin d’assurer la cohérence entre les milliers de postes analysés, nous avons eu recours au modèle GPT-3.5 d’OpenAI pour l’application de notre taxonomie (secteur, domaine et sous-domaine, rôle fonctionnel et statut/rang hiérarchique). Le modèle a été configuré à partir d’un échantillon de données codées manuellement, puis appliqué à l’ensemble des données avant de faire l’objet d’une vérification humaine pour en garantir l’exactitude.
Validation et qualité des données
Afin de vérifier la validité des données, nous avons examiné un échantillon aléatoire de 75 diplômées et diplômés constitué à partir de plusieurs sources publiques, et avons constaté que moins de 2 % de ces données ne pouvaient être validées, ce qui témoigne d’une grande précision.
Nous avons également vérifié la cohérence au sein des équipes chargées de la collecte des données en attribuant des dossiers se recoupant à différents membres de l’équipe. Nous avons constaté que le taux d’erreur était inférieur à 1 %, et qu’aucune correction systématique n’était donc nécessaire. Les diplômés retraités ou décédés ont été exclus de l’ensemble de données avant l’analyse.
Profil des titulaires de doctorat de concordia
1 902
Diplômés au total
entre 2014-2024
1 601
Diplômés recensés dans l’ensemble des données
49 %
Issus des domaines du génie et de l’informatique
40 %
Ayant un statut international
Profil général
Notre échantillon était composé de 1 902 titulaires d’un diplôme de doctorat obtenu à Concordia entre 2014 et 2024, dont 91 % ont pu être retracés, soit un total de 1 601 titulaires de doctorat pour nos analyses longitudinales.
La répartition des diplômés parmi les années représentées dans notre échantillon était relativement stable, avec une moyenne de 150 à 200 diplômés par an. Les cohortes les plus importantes étaient celles de 2022 et 2023, tandis que celle de 2024 était moins nombreuse (ce qui s’explique par le fait que notre étude ne couvre qu’une partie de l’année en question).
Pour décrire la composition de notre échantillon, nous avons classé les diplômés par discipline (figure 1). Notre échantillon comprend une forte proportion de diplômés en génie et en informatique.
Figure 1. Répartition des diplômés par discipline.
La taille des départements influe sur les résultats; en effet, les cohortes plus importantes produisent davantage de diplômés et ont donc plus de poids dans les totaux globaux. Afin de mettre en contexte les résultats propres à chaque département, nous indiquons la taille relative de chaque cohorte de doctorants par département.
Du plus grand au plus petit :
- Génie électrique et informatique
- Génie du bâtiment, civil et environnemental
- Génie mécanique, industriel et aérospatial
- Psychologie
- Institut d’ingénierie des systèmes d’information
Statut de résidence
Le nombre de doctorants internationaux reflète bien la diversité de la population étudiante des cycles supérieurs de Concordia. En effet, les étudiants internationaux représentaient environ 40 % des diplômés de notre échantillon, la proportion restante étant composée de résidents du Québec (≈33 %) et d’étudiants venant d’autres régions du Canada (≈27 %).
La discipline comptant le plus grand nombre d’étudiants internationaux était le génie et l’informatique (67 %), suivie des sciences (12 %), des lettres et sciences humaines (6 %), de la gestion (5 %), des sciences sociales (5 %) et des beaux-arts (5 %).
Figure 2. Répartition des diplômés selon leur statut de résidence.
Temps nécessaire à l'obtention du diplôme
La durée des études varie selon les disciplines. Les diplômés en sciences et en génie terminent leurs études plus rapidement, avec une durée médiane de cinq ans, contre six ans en moyenne pour les sciences économiques et sociales et environ sept ans pour les sciences humaines et les beaux-arts.
Notre étude
Dans l’ensemble, cette étude brosse un tableau général des titulaires de doctorat de concordia, toutes disciplines, catégories démographiques et périodes confondues. Il convient toutefois de noter que notre échantillon est formé en grande majorité de diplômés en génie et en informatique, ainsi que d’étudiants internationaux.
Constats – État de la situation actuelle
Les titulaires d’un doctorat de l’Université Concordia ne quittent pas simplement l’université avec un diplôme en main : ils et elles s’engagent dans des parcours professionnels qui témoignent directement de leur formation doctorale, de leur résilience et de leur capacité d’adaptation. Les constats issus de cette analyse dressent un portrait à la fois familier et surprenant.
Dans l’ensemble, les résultats en matière d’emploi sont encourageants. Près de neuf diplômés sur dix occupent actuellement un emploi, et 19 % déclarent exercer plus d’un emploi. À l’échelle des disciplines, les taux d’emploi les plus élevés sont observés chez les diplômés en génie et en informatique (90 %), suivis de près par ceux en gestion (89 %).
Secteurs d’emploi
Lorsque nous examinons de plus près les secteurs dans lesquels nos diplômés occupent actuellement un emploi, le milieu universitaire arrive naturellement en tête, quel que soit le nombre d’années écoulées depuis l’obtention du diplôme. Nous avons ici fait la distinction entre les emplois traditionnels dans le secteur (par exemple, conseillers d’orientation, administrateurs) au sein d’établissements d’enseignement postsecondaire et les emplois liés à l’enseignement (par exemple, professeurs, chargés de cours, etc.). Environ 47 % de nos titulaires de doctorat travaillent dans le milieu universitaire, que ce soit à titre de professeurs, de chargés de cours ou de boursiers postdoctoraux.
Une part importante de nos diplômés occupent des emplois dans des secteurs autres que le milieu universitaire, ce qui est remarquable étant donné que la formation doctorale est souvent considérée comme une préparation à une carrière dans le domaine de l’enseignement universitaire. Parmi nos diplômés, nous avons constaté que 39 % travaillent dans le secteur à but lucratif (privé) ou industriel. Les autres diplômés évoluant hors du milieu universitaire travaillent dans la fonction publique, dans le secteur non marchand ou à leur compte.
À l’échelle des disciplines, les diplômés en gestion sont deux fois plus nombreux à travailler dans le milieu universitaire; les diplômés en beaux-arts sont aussi fortement représentés dans ce milieu. Plus de 65 % de tous les diplômés en gestion travaillent actuellement dans le milieu universitaire. En revanche, les diplômés en génie et en informatique sont deux fois plus nombreux à travailler dans le secteur privé ou industriel. Dans le domaine des sciences sociales, les diplômés en psychologie se distinguent par une forte proportion de travailleurs autonomes en pratique privée.
Figure 3. Répartition des diplômés par secteur.
Parcours professionnels par domaine et sous-domaine
Il est important d’examiner les perspectives d’emploi par domaine, car la discipline d’études d’un diplômé ou d’une diplômée ne correspond pas toujours à l’industrie ou au secteur dans lequel il ou elle fera carrière. Par exemple, un titulaire de doctorat en psychologie peut poursuivre une carrière en science des données au sein d’une société financière; une diplômée en génie peut travailler dans une société pharmaceutique du secteur des sciences de la vie et de la santé. En analysant le marché de l’emploi par domaine, nous comprenons comment les diplômés mettent à profit leur formation au-delà de leur discipline d’études.
Comme la majorité des titulaires de doctorat de Concordia travaillent dans le milieu universitaire, l’éducation et les services à la personne constituent le principal domaine d’emploi (52 %). Environ 25 % des diplômés occupent des postes liés aux STIM, et 11 % travaillent dans le secteur des sciences de la vie et de la santé. Dans certains domaines, on observe une forte concentration de diplômés issus d’une même discipline : par exemple, plus de 80 % des diplômés travaillant dans le domaine du génie et de la technologie sont issus d’un programme de génie ou d’informatique, tandis que 80 à 90 % de ceux qui travaillent dans le domaine de la santé mentale et de la pratique clinique possèdent un diplôme en sciences sociales ou en sciences.
Dans d’autres domaines, comme l’enseignement supérieur et l’administration publique, on observe une diversité beaucoup plus importante. Dans l’enseignement supérieur, aucune discipline ne domine, les domaines suivants étant tous représentés : gestion (20 %), génie (≈30 %), sciences sociales (≈15 %), lettres et sciences humaines (≈15 %), sciences (≈10 %) et beaux-arts (≈5 %). Il en est de même dans le domaine des services de conseil, ce qui indique que certaines carrières sont accessibles indépendamment de la discipline d’études.
Titres professionnels liés à l’enseignement universitaire
Parmi les diplômées et diplômés qui travaillent actuellement dans le milieu universitaire, nous avons constaté que la majorité occupait des postes de professeur adjoint/chargé de cours (44 %), de chercheur postdoctoral (26 %) ou de professeur agrégé (11 %), les autres occupant divers postes liés à l’enseignement universitaire.
Figure 4. Domaines d’emploi des titulaires de doctorat par discipline d’études (pourcentage du nombre total de diplômés).
Statut hiérarchique et entrepreneuriat
Nos diplômées et diplômés sont des leaders. Nous avons constaté que 17 % d’entre eux occupent actuellement un poste de haut niveau ou de direction (par exemple, président, directeur général). Ces données mettent également en lumière les tendances en matière de cumul d’emplois et d’entrepreneuriat. Actuellement, 19 % des diplômées et diplômés occupent plus d’un emploi, combinant souvent des fonctions telles que l’enseignement, la recherche et le conseil. Enfin, 6 % sont des entrepreneurs ayant lancé leur propre entreprise ou cabinet privé.
Répartition géographique
Nous sommes fiers de souligner que les titulaires de doctorat de l’Université Concordia sont présents partout dans le monde, notre réseau comptant des diplômés dans 60 pays. À l’heure actuelle, 71 % des diplômés vivent au Canada, dont 44 % au Québec et 21 % en Ontario.
Figure 5. Pays où nous avons répertorié des titulaires de doctorat de Concordia.
Conclusions générales
Les données liées aux parcours professionnels de nos titulaires de doctorat permettent de brosser un tableau plus complet lorsque nous suivons les diplômés au fil du temps. Quel que soit le nombre d’années écoulées depuis l’obtention de leur diplôme, ces diplômés occupent le plus souvent un poste dans le milieu universitaire, indépendamment de leur discipline d’études.
Secteurs d’emploi
Le milieu universitaire demeure le principal secteur d’emploi à chaque période donnée, bien que cette proportion diminue progressivement, passant d’un peu moins de la moitié des diplômés un an après l’obtention de leur diplôme à environ 40 % cinq ans après. Au cours de la même période, la proportion de diplômés travaillant dans le secteur privé ou industriel fluctue légèrement, mais reste globalement stable cinq ans après l’obtention du diplôme comparativement à celle observée un an suivant l’obtention du diplôme.
La proportion de diplômés travaillant dans d’autres secteurs – notamment le secteur public, le secteur non marchand, le travail autonome et l’enseignement postsecondaire –, bien que plus faible, reste relativement stable au fil du temps. Il convient de noter que les proportions indiquées dans la figure 6 représentent différents groupes de diplômés à chaque période donnée, et non les mêmes personnes suivies d’année en année.
Figure 6. Proportion de diplômés par secteur selon le nombre d’années écoulées depuis l’obtention du diplôme.
Temps nécessaire pour atteindre la stabilité d’emploi
Le temps nécessaire pour atteindre la stabilité d’emploi est un autre élément clé de notre étude. Nous définissons la stabilité d’emploi comme le fait d’occuper le même emploi pendant plus de 36 mois consécutifs. Nos données indiquent que les diplômés n’occupent pas longtemps des postes transitoires : environ un tiers d’entre eux trouvent un emploi stable dans les 12 mois suivant l’obtention de leur diplôme, et près de la moitié acquièrent une stabilité d’emploi après deux ans.
Cependant, les différences observées entre les disciplines montrent que le marché du travail influe sur le parcours professionnel.
Les titulaires d’un doctorat en gestion semblent être ceux qui trouvent le plus rapidement un emploi stable (soit 36 mois après l’obtention de leur diplôme), suivis de près par les titulaires d’un doctorat en lettres et sciences humaines. En comparaison, les titulaires d’un doctorat en génie et en informatique mettent plus de temps à trouver un emploi stable. Ces écarts révèlent que le parcours professionnel des titulaires de doctorat dépend de la structure du marché du travail propre à chaque discipline et des secteurs dans lesquels ils trouvent un emploi.
Résultats professionnels par domaine et sous-domaine
La discipline correspond à la formation suivie dans le cadre des études supérieures, tandis que le domaine et le sous-domaine désignent le secteur dans lequel les compétences acquises au cours des études doctorales sont mises en pratique.
La plupart de nos diplômés travaillent dans des domaines liés à l’éducation et aux services à la personne (52 %), suivis par les STIM (23 %). Les autres travaillent dans des domaines tels que les sciences de la vie et la santé (10 %), les affaires et la finance (6 %), les arts, la communication et le divertissement (5 %), ainsi que l’alimentation et l’agriculture (3 %). En dehors du milieu universitaire, nos diplômés occupent des postes dans l’administration, les soins cliniques, les services de conseil, la production créative et la conception de logiciels.
Rôles professionnels
Un an après l’obtention de leur diplôme, près de 30 % de nos diplômés assumaient des fonctions postdoctorales. C’est dans le domaine des sciences (37 %) que l’on trouve la plus grande proportion de chercheurs/boursiers postdoctoraux un an après l’obtention du diplôme, suivi de près par le génie et l’informatique (33 %). Il est intéressant de noter que la proportion de diplômés occupant un poste postdoctoral un an après l’obtention de leur diplôme semble diminuer au fil des années. Les tests statistiques ont en effet montré une tendance à la baisse : par exemple, environ 23 % des diplômés des premières cohortes de notre échantillon ont occupé des postes postdoctoraux, contre environ 9 à 12 % dans les cohortes les plus récentes.
Tableau 1. Proportion de diplômés de chaque discipline bénéficiant d’une stabilité d’emploi de un à cinq ans après l’obtention de leur diplôme.
Parcours professionnels
L’aperçu par secteur présenté à la figure 6 montre dans quel secteur travaillent les diplômés à des moments précis après l’obtention de leur diplôme, mais ne montre pas comment ils en sont arrivés là. Afin de comprendre leur trajectoire au fil du temps, notamment pour savoir qui reste dans le milieu universitaire, qui passe dans le secteur privé et à quel moment, nous avons analysé leurs parcours sur plusieurs années et les avons regroupés en archétypes de carrière. Ce portrait vient compléter les aperçus par discipline et par secteur en révélant les parcours types, et pas seulement les destinations.
Notre analyse des taux de rétention nous a permis de constater que, même si le milieu universitaire reste globalement le secteur le plus stable, la proportion de diplômés qui conservent leur poste initial diminue progressivement au fil du temps. En dehors du milieu universitaire, les taux de rétention sont plus faibles : moins de la moitié des personnes qui entament leur carrière dans le secteur public, dans le secteur non marchand ou en tant que travailleurs autonomes sont toujours dans le même secteur après dix ans.
Pour mettre au jour les trajectoires sous-jacentes, nous avons regroupé les diplômés en cinq archétypes de carrière en fonction de leur parcours professionnel :
- Toujours dans le milieu universitaire
- Toujours dans l’industrie
- Débuts dans le milieu universitaire, puis passage à l’industrie
- Toujours dans la fonction publique
- Parcours hybride
Nous avons constaté ici que le parcours « Débuts dans le milieu universitaire, puis passage à l’industrie » est le plus courant dans l’ensemble des disciplines. De nombreux diplômés amorcent leur carrière dans le milieu universitaire (47 %), mais une proportion importante d’entre eux (52 à 60 %) accèdent par la suite à des postes à long terme dans l’industrie ou d’autres secteurs professionnels. En d’autres termes, le milieu universitaire est souvent la première étape après l’obtention du diplôme, mais peu de diplômés y restent jusqu’à la fin de leur carrière.
Figure 7. Cinq archétypes de carrière fondés sur les parcours professionnels.
À l’échelle des disciplines, les diplômés en génie et en sciences sont plus nombreux à mener une carrière « toujours dans le milieu universitaire », tandis que les diplômés en gestion suivent pour la plupart un parcours caractérisé par des « débuts dans le milieu universitaire, puis un passage à l’industrie » (figure 8).
Bien que les diplômés en gestion demeurent souvent dans le milieu universitaire (environ les deux tiers d’entre eux y sont encore cinq ans après l’obtention de leur diplôme), notre analyse des parcours révèle que ce ne sont pas toujours les mêmes personnes au fil du temps. Pour beaucoup, le milieu universitaire est une première étape avant de passer à l’industrie, tandis que d’autres alternent entre des postes universitaires et d’autres types d’emplois. Ce roulement explique pourquoi, à la lumière des données apparaissant dans l’aperçu (figure 8), les titulaires d’un doctorat en gestion semblent fortement enclins à mener une carrière universitaire, alors qu’à long terme, ils suivent majoritairement le parcours « débuts dans le milieu universitaire, puis passage à l’industrie ».
Une proportion considérable de diplômés en sciences sociales et en sciences s’inscrivent dans l’archétype « Toujours dans la fonction publique », ce qui reflète leur rôle dans les organismes publics et gouvernementaux. Les diplômés en sciences humaines, en beaux-arts et en sciences de l’éducation affichent des trajectoires plus variées, avec une représentation notable dans les archétypes « Parcours hybride » et « Toujours dans la fonction publique ».
Figure 8. Pourcentage de titulaires de doctorat pour chaque archétype par discipline.
Employeurs
Les données sur les employeurs nous renseignent quant à la demande actuelle pour les titulaires d’un doctorat de l’Université Concordia. Ceux-ci sont notamment recrutés par l’Université Concordia elle-même, l’Université McGill, l’Université de Montréal, l’Université du Québec et l’Université de Toronto. La diversité des établissements qui recrutent nos diplômés témoigne de l’étendue du réseau de recherche universitaire dans lequel ils évoluent.
Parmi les employeurs du secteur non universitaire, des sociétés telles qu’Ericsson, Huawei et la Canadian Broadcasting Corporation (CBC) se distinguent comme étant les principaux recruteurs de titulaires de doctorats formés à Concordia.
Répartition géographique
De nombreux diplômés choisissent de rester au Québec, où ils contribuent à renforcer les communautés professionnelles et de recherche de la province. Parmi les diplômées et diplômés ayant commencé leur carrière au Québec, 58 % y étaient encore deux ans après l’obtention de leur diplôme, et 37 % y vivaient toujours trois ans plus tard.
D’autres s’installent un peu partout au Canada et à l’étranger. Nous avons constaté que les cinq pays qui emploient le plus de nos diplômés sont le Canada, les États-Unis, la Chine, l’Arabie saoudite et l’Égypte. La répartition géographique des diplômés à l’extérieur du Québec est très diversifiée et ne suit aucune tendance particulière.
Cap sur l’avenir
À ce stade, nous sommes en mesure de tirer parti de ces observations et de nous en inspirer pour mettre en place des mesures fondées sur des données. Nous comptons renforcer nos services de perfectionnement professionnel et revoir nos programmes d’études afin de nous assurer que les doctorants actuels et futurs sont bien préparés pour leur future carrière.
Dans l’ensemble, ces résultats sont très éloquents. Les titulaires d’un doctorat de Concordia trouvent rapidement un emploi, mènent une carrière enrichissante et apportent leur contribution dans de nombreux secteurs, et ce, au-delà des frontières. Alors que nombre d’entre eux entament leur carrière dans le milieu universitaire, beaucoup se tournent ensuite vers l’industrie, les institutions gouvernementales, les organismes sans but lucratif ou l’entrepreneuriat. Ils trouvent rapidement un emploi stable, accèdent à des postes de direction et font rayonner leur expertise acquise au Québec partout dans le monde. Il ne fait aucun doute qu’un doctorat de Concordia constitue un précieux atout, tant pour les diplômés eux-mêmes que pour la communauté et la société dans lesquelles ils évoluent.
Les parcours des titulaires de doctorat de Concordia révèlent que l’obtention d’un doctorat nourrit l’innovation et le leadership, en plus de générer des retombées durables.
Remerciements
Cette étude a été menée sous la direction de la Pre Rachel Berger, ancienne vice-doyenne des programmes d’études et du développement, et du Pr Geoff Dover, doyen des études supérieures à l’École des études supérieures de l’Université Concordia.
L’étude a été réalisée grâce à la collaboration des personnes suivantes :
- Javier Ibarra-Isassi, PhD, coconseiller
- Kristy Clarke, coconseillère
- Virginia Opara, responsable de projet et analyste de données
- Eric Le Mesurier, responsable de la collecte de données
- Sahar Shabani, responsable de la collecte de données
- Haley Prescott, responsable de la collecte de données
Nous tenons tout particulièrement à remercier Donald Lafrance, Gina Beltrán (PhD), Marie-Eve Roy, Erika MacFadden et Chris Maskell pour leurs commentaires et suggestions tout au long de l’étude, ce qui a permis d’en améliorer la qualité.
Pour nous faire part de vos commentaires et obtenir de plus amples renseignements, veuillez écrire à Javier Ibarra-Isassi.
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