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Rapport sur les trajectoires professionnelles des titulaires de doctorat 2025

Objectif

L’obtention d’un doctorat marque le début d’un nouveau chapitre et ouvre la voie à de nombreuses possibilités de carrière. Dans ce rapport, nous avons cherché à répondre à une question fondamentale : que deviennent nos titulaires de doctorat et quel impact exercent-ils ? En nous appuyant sur notre précédente étude menée en 2020, nous sommes en mesure de voir comment nos diplômés continuent de contribuer à la société tout au long de leur carrière dans un marché mondial en pleine mutation et de mieux comprendre la valeur distinctive qu’apporte un doctorat de Concordia, tant à nos diplômés eux-mêmes qu’aux communautés qu’ils servent.

Déroulement de l’étude

L’étude a été menée par une équipe de chercheurs et de membres du personnel de l’École des études supérieures. Afin de cartographier les parcours professionnels des titulaires de doctorat, nous avons recueilli des renseignements accessibles au public dans des sources telles que les sites Web d’universités et d’employeurs, des profils LinkedIn et des portails de publications universitaires. Après avoir enregistré toutes les données relatives à la situation professionnelle des diplômées et diplômés, nous avons restreint notre analyse aux emplois occupés après l’obtention de leur diplôme de doctorat afin de nous concentrer sur la suite de leur parcours. Nous appuyant sur une taxonomie structurée, nous avons catégorisé les emplois selon quatre paramètres indépendants : le secteur, le domaine et le sous-domaine, le rôle fonctionnel ainsi que le statut ou rang hiérarchique.

Introduction

Au cours des dernières décennies, les parcours professionnels des titulaires d’un doctorat ont considérablement évolué. Alors que les carrières dans le milieu universitaire étaient autrefois la norme, les diplômés trouvent aujourd’hui des débouchés dans d’autres secteurs. Plusieurs facteurs ont contribué à cette évolution : le nombre croissant de titulaires d’un doctorat, la diminution des postes permanents et les attentes croissantes en matière de qualifications pointues en dehors du milieu universitaire.

Les répercussions immédiates de la COVID-19 sur l’emploi sont désormais derrière nous, mais ses effets structurels persistent. Le télétravail et le travail hybride, les départs à la retraite anticipés et les changements sectoriels continuent de façonner le marché du travail, tandis que l’accélération de l’adoption du numérique a favorisé l’essor rapide de l’IA et de l’automatisation. Bien qu’il ne soit plus la principale source d’incertitude, l’héritage de la COVID, combiné à l’innovation radicale, continue de redéfinir le monde du travail en 2025 et d’influer sur la façon dont les diplômés planifient leur avenir. Pour les doctorants d’aujourd’hui, cela signifie qu’ils doivent s’adapter à un monde du travail en pleine mutation, où les industries se transforment, de nouvelles possibilités émergent et les emplois traditionnels évoluent.

Nous ne pouvons plus tenir pour acquis que les études doctorales mènent à un poste dans le milieu universitaire ni que les titulaires de doctorat se destinent à ce type de carrière. L’industrie et d’autres secteurs recherchent de plus en plus des titulaires de doctorat pour leurs compétences pointues en recherche et en résolution de problèmes – et ces occasions sont convoitées par les diplômés. Les établissements d’enseignement doivent donc préparer les étudiants à des carrières variées tout en continuant d’offrir une solide formation en recherche. Dans cette optique, il convient de bien comprendre où se dirigent les diplômés, leur parcours, les compétences qu’ils acquièrent et la manière dont ils contribuent à la société.

Le rapport sur le devenir et le cheminement des titulaires de doctorat de Concordia s’inscrit dans le cadre d’un dialogue élargi mené à l’échelle provinciale (au sein de l’Association des doyennes et des doyens des études supérieures au Québec), nationale et internationale. Des études réalisées précédemment à l’Université de Toronto, à l’Université McGill, à l’Université de la Colombie-Britannique et à l’Université de l’Alberta ont toutes montré qu’environ la moitié des titulaires de doctorat poursuivent une carrière dans le milieu universitaire, tandis que les autres se tournent vers le secteur public, le secteur privé ou le secteur non marchand, ou encore se lancent dans des projets entrepreneuriaux. Nos conclusions concordent avec ces tendances : 43 % des diplômés de l’Université Concordia dont nous avons suivi le parcours travaillent actuellement dans le milieu universitaire.

Parallèlement, les diplômés de Concordia sont actifs dans les secteurs autres que le milieu universitaire : ils occupent des postes de direction, deviennent entrepreneurs, dirigent des équipes de recherche, fondent des organismes artistiques et dirigent des cabinets de conseil internationaux. La diversité de leurs parcours témoigne de la polyvalence de nos diplômés et de la valeur d’un diplôme de doctorat de Concordia tant pour les diplômés eux-mêmes que pour la société.

Méthodologie

La présente étude a été menée par une équipe composée d’étudiants-chercheurs de tous les cycles ainsi que de membres du personnel de l’École des études supérieures. Nous avons obtenu les antécédents professionnels de nos diplômés à partir de sources accessibles au public, notamment les sites Web d’universités et d’employeurs, les profils LinkedIn et les portails de publications universitaires (par exemple, ORCID et Google Scholar).

Pour chaque diplômée ou diplômé, nous avons enregistré les titres de poste, les employeurs et les dates de début et de fin d’emploi, lorsqu’elles étaient disponibles. Bien que tous les antécédents professionnels aient été recueillis, nous avons limité notre analyse aux emplois occupés après l’obtention du diplôme afin de nous concentrer sur la suite de leur parcours.

Classification

Tous les emplois ont été codés à l’aide d’une taxonomie multidimensionnelle structurée, conçue spécialement aux fins du présent projet. La taxonomie comprend quatre dimensions distinctes et non orthogonales :

  • Secteur (par exemple, milieu universitaire, postsecondaire, public, non marchand, à but lucratif/industrie, travailleurs autonomes)
  • Rôle fonctionnel (par exemple, recherche, enseignement, conseil)
  • Statut ou rang hiérarchique (par exemple, débutant, spécialiste, gestionnaire, direction, rang de professeur)

Pour les besoins de l’analyse, nous avons fait la distinction entre les postes liés à l’enseignement et recherche (par exemple, professeur agrégé, chargé de cours, vice-doyen) et les postes non liés à l’enseignement ni recherche au sein des établissements d’enseignement postsecondaire (par exemple, administrateurs, conseillers d’orientation, personnel professionnel). Nous faisons ainsi une distinction entre les rôles liés à l’enseignement et les emplois professionnels propres au milieu de l’enseignement postsecondaire.

Utilisation de l’IA pour la classification

Afin d’assurer la cohérence entre les milliers de postes analysés, nous avons eu recours au modèle GPT-3.5 d’OpenAI pour l’application de notre taxonomie (secteur, domaine et sous-domaine, rôle fonctionnel et statut/rang hiérarchique). Le modèle a été configuré à partir d’un échantillon de données codées manuellement, puis appliqué à l’ensemble des données avant de faire l’objet d’une vérification humaine pour en garantir l’exactitude.

Validation et qualité des données

Afin de vérifier la validité des données, nous avons examiné un échantillon aléatoire de 75 diplômées et diplômés constitué à partir de plusieurs sources publiques, et avons constaté que moins de 2 % de ces données ne pouvaient être validées, ce qui témoigne d’une grande précision.

Nous avons également vérifié la cohérence au sein des équipes chargées de la collecte des données en attribuant des dossiers se recoupant à différents membres de l’équipe. Nous avons constaté que le taux d’erreur était inférieur à 1 %, et qu’aucune correction systématique n’était donc nécessaire. Les diplômés retraités ou décédés ont été exclus de l’ensemble de données avant l’analyse.

Constats – État de la situation actuelle

Les titulaires d’un doctorat de l’Université Concordia ne quittent pas simplement l’université avec un diplôme en main : ils et elles s’engagent dans des parcours professionnels qui témoignent directement de leur formation doctorale, de leur résilience et de leur capacité d’adaptation. Les constats issus de cette analyse dressent un portrait à la fois familier et surprenant.

Dans l’ensemble, les résultats en matière d’emploi sont encourageants. Près de neuf diplômés sur dix occupent actuellement un emploi, et 19 % déclarent exercer plus d’un emploi. À l’échelle des disciplines, les taux d’emploi les plus élevés sont observés chez les diplômés en génie et en informatique (90 %), suivis de près par ceux en gestion (89 %).

Secteurs d’emploi

Lorsque nous examinons de plus près les secteurs dans lesquels nos diplômés occupent actuellement un emploi, le milieu universitaire arrive naturellement en tête, quel que soit le nombre d’années écoulées depuis l’obtention du diplôme. Nous avons ici fait la distinction entre les emplois traditionnels dans le secteur (par exemple, conseillers d’orientation, administrateurs) au sein d’établissements d’enseignement postsecondaire et les emplois liés à l’enseignement (par exemple, professeurs, chargés de cours, etc.). Environ 47 % de nos titulaires de doctorat travaillent dans le milieu universitaire, que ce soit à titre de professeurs, de chargés de cours ou de boursiers postdoctoraux.

Une part importante de nos diplômés occupent des emplois dans des secteurs autres que le milieu universitaire, ce qui est remarquable étant donné que la formation doctorale est souvent considérée comme une préparation à une carrière dans le domaine de l’enseignement universitaire. Parmi nos diplômés, nous avons constaté que 39 % travaillent dans le secteur à but lucratif (privé) ou industriel. Les autres diplômés évoluant hors du milieu universitaire travaillent dans la fonction publique, dans le secteur non marchand ou à leur compte.

À l’échelle des disciplines, les diplômés en gestion sont deux fois plus nombreux à travailler dans le milieu universitaire; les diplômés en beaux-arts sont aussi fortement représentés dans ce milieu. Plus de 65 % de tous les diplômés en gestion travaillent actuellement dans le milieu universitaire. En revanche, les diplômés en génie et en informatique sont deux fois plus nombreux à travailler dans le secteur privé ou industriel. Dans le domaine des sciences sociales, les diplômés en psychologie se distinguent par une forte proportion de travailleurs autonomes en pratique privée.

Figure 3. Répartition des diplômés par secteur. Figure 3. Répartition des diplômés par secteur.

Parcours professionnels par domaine et sous-domaine

Il est important d’examiner les perspectives d’emploi par domaine, car la discipline d’études d’un diplômé ou d’une diplômée ne correspond pas toujours à l’industrie ou au secteur dans lequel il ou elle fera carrière. Par exemple, un titulaire de doctorat en psychologie peut poursuivre une carrière en science des données au sein d’une société financière; une diplômée en génie peut travailler dans une société pharmaceutique du secteur des sciences de la vie et de la santé. En analysant le marché de l’emploi par domaine, nous comprenons comment les diplômés mettent à profit leur formation au-delà de leur discipline d’études.

Comme la majorité des titulaires de doctorat de Concordia travaillent dans le milieu universitaire, l’éducation et les services à la personne constituent le principal domaine d’emploi (52 %). Environ 25 % des diplômés occupent des postes liés aux STIM, et 11 % travaillent dans le secteur des sciences de la vie et de la santé. Dans certains domaines, on observe une forte concentration de diplômés issus d’une même discipline : par exemple, plus de 80 % des diplômés travaillant dans le domaine du génie et de la technologie sont issus d’un programme de génie ou d’informatique, tandis que 80 à 90 % de ceux qui travaillent dans le domaine de la santé mentale et de la pratique clinique possèdent un diplôme en sciences sociales ou en sciences.

Dans d’autres domaines, comme l’enseignement supérieur et l’administration publique, on observe une diversité beaucoup plus importante. Dans l’enseignement supérieur, aucune discipline ne domine, les domaines suivants étant tous représentés : gestion (20 %), génie (≈30 %), sciences sociales (≈15 %), lettres et sciences humaines (≈15 %), sciences (≈10 %) et beaux-arts (≈5 %). Il en est de même dans le domaine des services de conseil, ce qui indique que certaines carrières sont accessibles indépendamment de la discipline d’études.

Titres professionnels liés à l’enseignement universitaire

Parmi les diplômées et diplômés qui travaillent actuellement dans le milieu universitaire, nous avons constaté que la majorité occupait des postes de professeur adjoint/chargé de cours (44 %), de chercheur postdoctoral (26 %) ou de professeur agrégé (11 %), les autres occupant divers postes liés à l’enseignement universitaire.

Figure 4. Domaines d’emploi des titulaires de doctorat par discipline d’études (pourcentage du nombre total de diplômés). Figure 4. Domaines d’emploi des titulaires de doctorat par discipline d’études (pourcentage du nombre total de diplômés).

Statut hiérarchique et entrepreneuriat

Nos diplômées et diplômés sont des leaders. Nous avons constaté que 17 % d’entre eux occupent actuellement un poste de haut niveau ou de direction (par exemple, président, directeur général). Ces données mettent également en lumière les tendances en matière de cumul d’emplois et d’entrepreneuriat. Actuellement, 19 % des diplômées et diplômés occupent plus d’un emploi, combinant souvent des fonctions telles que l’enseignement, la recherche et le conseil. Enfin, 6 % sont des entrepreneurs ayant lancé leur propre entreprise ou cabinet privé.

Répartition géographique

Nous sommes fiers de souligner que les titulaires de doctorat de l’Université Concordia sont présents partout dans le monde, notre réseau comptant des diplômés dans 60 pays. À l’heure actuelle, 71 % des diplômés vivent au Canada, dont 44 % au Québec et 21 % en Ontario.

Figure 5. Pays où nous avons répertorié des titulaires de doctorat de Concordia. Figure 5. Pays où nous avons répertorié des titulaires de doctorat de Concordia.

Cap sur l’avenir

À ce stade, nous sommes en mesure de tirer parti de ces observations et de nous en inspirer pour mettre en place des mesures fondées sur des données. Nous comptons renforcer nos services de perfectionnement professionnel et revoir nos programmes d’études afin de nous assurer que les doctorants actuels et futurs sont bien préparés pour leur future carrière.

Dans l’ensemble, ces résultats sont très éloquents. Les titulaires d’un doctorat de Concordia trouvent rapidement un emploi, mènent une carrière enrichissante et apportent leur contribution dans de nombreux secteurs, et ce, au-delà des frontières. Alors que nombre d’entre eux entament leur carrière dans le milieu universitaire, beaucoup se tournent ensuite vers l’industrie, les institutions gouvernementales, les organismes sans but lucratif ou l’entrepreneuriat. Ils trouvent rapidement un emploi stable, accèdent à des postes de direction et font rayonner leur expertise acquise au Québec partout dans le monde. Il ne fait aucun doute qu’un doctorat de Concordia constitue un précieux atout, tant pour les diplômés eux-mêmes que pour la communauté et la société dans lesquelles ils évoluent.

Les parcours des titulaires de doctorat de Concordia révèlent que l’obtention d’un doctorat nourrit l’innovation et le leadership, en plus de générer des retombées durables.

Remerciements

Cette étude a été menée sous la direction de la Pre Rachel Berger, ancienne vice-doyenne des programmes d’études et du développement, et du Pr Geoff Dover, doyen des études supérieures à l’École des études supérieures de l’Université Concordia.

L’étude a été réalisée grâce à la collaboration des personnes suivantes :

  • Javier Ibarra-Isassi, PhD, coconseiller
  • Kristy Clarke, coconseillère     
  • Virginia Opara, responsable de projet et analyste de données
  • Eric Le Mesurier, responsable de la collecte de données
  • Sahar Shabani, responsable de la collecte de données
  • Haley Prescott, responsable de la collecte de données

Nous tenons tout particulièrement à remercier Donald Lafrance, Gina Beltrán (PhD), Marie-Eve Roy, Erika MacFadden et Chris Maskell pour leurs commentaires et suggestions tout au long de l’étude, ce qui a permis d’en améliorer la qualité.

Pour nous faire part de vos commentaires et obtenir de plus amples renseignements, veuillez écrire à Javier Ibarra-Isassi.

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