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Une recherche de l’Université Concordia examine la lombalgie chez les hockeyeurs

En ce début de saison du hockey, Maryse Fortin s’intéresse au mal de dos chez les athlètes
25 septembre 2019
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Dans ses travaux de recherche, Maryse Fortin étudie la lombalgie chez les joueurs de hockey.

Quand on pense blessure au hockey, la commotion cérébrale est la première chose qui nous vient à l’esprit.

Or, selon une nouvelle recherche menée par Maryse Fortin, professeure adjointe au Département de santé, de kinésiologie et de physiologie appliquée de la Faculté des arts et des sciences, les joueurs et joueuses de hockey s’exposent également aux lombalgies (douleurs au bas du dos).

Elle a rédigé son compte rendu d’étude en collaboration avec Hassan Rivaz, professeur agrégé au Département de génie électrique et informatique de l’École de génie et d’informatique Gina-Cody, Amanda Rizk et Stéphane Frenette du Centre PERFORM de Concordia, ainsi que Mathieu Boily du Département de radiologie diagnostique du Centre universitaire de santé McGill.

En ce début de saison du hockey, Maryse Fortin fait état des découvertes de son équipe.

« Étant donné le taux élevé de lombalgie observé chez les joueurs et joueuses de hockey, j’ai voulu examiner comment se caractérise le multifide (ou muscle transversaire épineux) chez ces athlètes », explique la chercheuse.

Le multifide est un muscle profond, situé à l’intérieur de la structure musculaire paravertébrale. Bien que de petite taille, il joue un rôle essentiel dans le soutien lombaire.

« Chez les sujets souffrant de lombalgie, ce muscle peut être plus petit que la normale et contenir du tissu graisseux », précise la professeure Fortin.

Un sport exigeant

« La pratique du hockey exige de nombreux mouvements du tronc qui sollicitent le multifide », fait remarquer la chercheuse.

Ces mouvements comprennent les coups de patin, les changements de direction et les mises en échec. De plus, les hockeyeurs passent la plupart de leur temps de jeu à fléchir les hanches, les genoux et la colonne vertébrale, ce qui exige une grande force du multifide.

« Le fait de maintenir le corps en flexion avant – comme le font souvent les joueurs de hockey – accroît la charge musculaire imposée au multifide », poursuit-elle.

La chercheuse espère que cette étude améliorera la compréhension des défis liés à ce sport, tant pour les athlètes qui le pratiquent que pour les personnes qui veillent à leur bien-être.

« Quels sont les aspects du hockey qui entraînent des lombalgies? Comment peut-on améliorer les choses chez les joueurs qui en sont atteints? Voilà les questions auxquelles je m’intéresse. »

Pour mener son étude sur le multifide, Maryse Fortin n’a pas eu à chercher très loin. Elle s’est tournée vers les équipes féminine et masculine de hockey universitaire des Stingers de l’Université Concordia, parmi lesquels elle a recruté 32 participants – 18 femmes et 14 hommes.

Au cours de la saison préparatoire, chaque joueur s’est soumis à une séance de test de 30 minutes comprenant la prise d’une séquence d’images ultrasonores du multifide – au repos et durant la contraction musculaire.

Les résultats ont montré que la taille du muscle (à savoir l’aire de sa coupe transversale) était nettement plus petite chez les sujets ayant déclaré une lombalgie quatre semaines avant le début de l’étude. Les chercheurs ont en outre constaté que l’épaisseur du muscle au repos était notablement plus faible chez les joueurs ayant signalé une lombalgie trois mois avant l’étude.

La morphologie du multifide s’est révélée dépendante du poids et de la taille de l’athlète, ainsi que de sa masse musculaire maigre et de sa masse osseuse (mesurées par absorptiométrie à rayons X en double énergie). L’IMC n’a pas été retenu comme indicateur, étant donné qu’il est peu fiable pour évaluer la masse musculaire par rapport à la masse adipeuse chez les sportifs de haut niveau.

« Cette recherche est importante, car elle montre qu’il est possible de mettre au jour des déficits morphologiques du multifide chez les athlètes aux prises avec des lombalgies, et ce, au moyen de méthodes d’imagerie ultrasonore faciles à appliquer, largement accessibles et peu coûteuses », affirme Hassan Rivaz, coauteur du compte rendu d’étude.

Un mal répandu

La professeure Fortin et son équipe recommandent d’inscrire le dépistage des anomalies du multifide au protocole d’évaluation préparatoire des athlètes afin d’améliorer les programmes de prévention des blessures mis en place par les équipes sportives.

Bien entendu, les maux de dos peuvent survenir sur la glace comme à l’extérieur de la patinoire, et n’affligent pas que les athlètes universitaires ou de la LNH. En effet, dans l’ensemble de la population, plus de 80 pour cent des gens souffrent de lombalgie ou sont susceptibles d’en être atteints au cours de leur vie.

D’ailleurs, les prochains travaux de recherche de Maryse Fortin au Centre PERFORM porteront sur la lombalgie dans la population générale.


Consultez l’article cité : Ultrasonography of multifidus muscle morphology and function in ice hockey players with and without low back pain.

 



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