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Explorez le pôle d’innovation sur l’intelligence artificielle






Questions et réponses sur l’intelligence artificielle avec Rustam Vahidov

Rustam Vahidov est professeur en gestion de la chaîne d’approvisionnement et des technologies d’affaires à l’École de gestion John-Molson. Il est également professeur RBC en gouvernance interorganisationnelle des TI.

Les vastes travaux du professeur Vahidov, qui portent principalement sur différents outils et techniques d’intelligence artificielle (IA), ont donné lieu à plus d’une centaine de publications.

Dans le domaine de l’IA, sur quels aspects vos travaux portent-ils précisément?

Rustam Vahidov : Je me concentre sur les applications d’affaires de l’IA, y compris l’utilisation d’agents logiciels dans la négociation, l’apprentissage machine et l’aide à la décision. Les agents intelligents sont des types de logiciels capables d’exécuter des tâches de façon autonome : des robots logiciels, en quelque sorte. Ceux-ci pourraient avoir divers usages en recherche et dans le secteur du commerce et des affaires électroniques.

Ces applications touchent divers les domaines, par exemple : publicité ciblée intelligente, aide au magasinage, négociation automatisée, soumission d’offres d’achat, gestion de la chaîne d’approvisionnement, et produits intelligents capables de s’identifier et de suivre l’évolution de leur cycle de vie.

Qu’est-ce qui a permis l’essor de l’IA au cours des dernières années?

RV : Reconnue en tant que domaine dans les années 1950, l’IA a enregistré des progrès constants grâce à l’élaboration et à l’application de méthodes ingénieuses dans différents secteurs. Je pense que l’essor actuel de l’IA dans le contexte des applications d’affaires s’explique par le développement des technologies Internet.

D’abord, Internet a permis aux commerces de numériser leurs processus. Il est ainsi devenu possible pour des agents logiciels intelligents d’accéder à ces processus et d’agir directement sur ceux-ci, sans intermédiaire humain. Ensuite, l’abondance de données recueillies électroniquement facilite l’analyse et la prise de décision intelligentes.

Quels effets l’IA exerce-t-elle sur les affaires, d’après vous?

RV : L’IA a déjà un grand impact sur les affaires et la gestion. Elle permettra principalement d’automatiser certaines tâches, c’est-à-dire celles qui sont structurées par des procédures normalisées d’exploitation bien définies. Cependant, les questions qui nécessitent un jugement demeureront la responsabilité du gestionnaire humain.

L’IA tiendra lieu de complément pour les gestionnaires, plutôt que de les remplacer dans les décisions nécessitant un jugement humain – par exemple, savoir dans quel marché investir ou quelle gamme de produits conserver.

Comment évoluera l’enseignement en matière d’IA?

RV : Je pense que chaque futur gestionnaire du milieu des affaires devrait connaître les capacités de l’IA. Il faut dépasser l’enseignement des concepts de base, que la plupart connaissent déjà, et aborder des sujets plus avancés, comme l’IA dans la science des données ainsi que l’exploration et l’analyse de données.

Quel sera l’impact de l’IA dans notre quotidien?

RV : L’IA change déjà la façon dont les consommateurs interagissent, car une grande partie du soutien à la clientèle est assurée par des unités logicielles, et non par des humains. Ces tâches requièrent déjà un certain degré d’intelligence. L’IA est aussi depuis longtemps intégrée à des produits de consommation, comme les systèmes logiques des appareils-photo.

Quelles sont les implications éthiques de l’IA?

RV : D’un point de vue éthique, la responsabilité des résultats obtenus grâce à l’IA doit revenir à des décideurs humains – ce sujet doit faire l’objet d’une réflexion approfondie. Par exemple, si un véhicule autonome est impliqué dans un accident, qui est responsable? L’IA est un outil d’aide qui ne peut être tenu responsable de décisions finales en cas de situations délicates.

Qu’en est-il des pertes d’emplois causées par l’IA?

RV : Cette inquiétude remonte aux débuts de l’industrialisation, marqués par l’introduction des premières machines et l’automatisation des procédés mécaniques. Elle s’est ravivée lorsque sont apparus les logiciels et les systèmes de ressources des entreprises. Lorsque des processus sont automatisés, des gens perdent leur emploi. Mais chaque fois, la solution est la même : ces personnes trouvent un poste à un rang supérieur. L’économie s’adapte et les gens parviennent à assumer d’autres rôles.