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Amour, sexe et robots sexuels sont au cœur de la recherche de Simon Dubé, chercheur engagé de Concordia

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26 novembre 2021
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Simon Dubé : « La sexualité est au cœur de la vie humaine, et nous devons comprendre ses rapports à la technologie pour être en mesure de favoriser le bien-être des gens. »

Non, nous n’avons pas encore de partenaires androïdes, comme dans l’univers de Blade Runner, du moins pas encore. Cependant, le chercheur engagé de Concordia Simon Dubé contribue à mener la société vers cette voie résolument futuriste.

Le candidat au doctorat en psychologie étudie ce que d’aucuns considèrent probablement comme l’ultime frontière : la technologie sexuelle, la sexologie de l’espace et l’érobotique.

Autrement dit, ses recherches portent sur les interactions érotiques de l’humain avec la machine et les nouvelles technologies, y compris les robots et les partenaires virtuels, ainsi que leurs éventuels avantages et applications.

M. Dubé est représentant étudiant à l’International Academy of Sex Research et coresponsable principal de l’International Congress on Love and Sex with Robots.

Sa recherche est financée par le Fonds de recherche du Québec – Santé (FRQS).

« Les robots sexuels du futur offriront une expérience érotique nouvelle, toujours plus réaliste, interactive et immersive, qui passe par la technologie et se fonde sur elle. »

Lorsque vous expliquez votre recherche aux gens, beaucoup doivent sourciller, non? Comment réagissent-ils?

Simon Dubé : Mis à part ceux qui prient pour la rédemption de mon âme de pêcheur, il y a généralement trois réactions possibles : la surprise, le rire et la curiosité. Tout cela mène généralement à une discussion intéressante.

Comment un doctorant en psychologie en vient-il à étudier le sexe avec les robots?

S. D. : J’ai commencé par m’intéresser au développement et à la psychophysiologie des préférences sexuelles, pour m’apercevoir que les technologies émergentes – comme l’intelligence artificielle (IA), la réalité virtuelle et la robotique – occupent une place sans cesse croissante dans nos sphères intimes et influencent les êtres et les objets avec lesquels nous pourrions avoir des interactions érotiques. Cela m’a entraîné en terrain inconnu, jusqu’à cette question : comment les nouvelles technologies érotiques influencent-elles notre intimité et notre sexualité?

Existe-t-il des enjeux moraux particuliers liés à l’étude des interactions entre les humains et les robots? Les gens la perçoivent-ils comme étant perverse ou moralement discutable?

S. D. : La réponse est dans votre question, je crois. Les tabous et les craintes sont légion en matière de sexualité et de technologie. C’est pourquoi l’émergence de nouveaux phénomènes liés à l’érotisme provoque toujours de fortes réactions. Cela comprend les réactions négatives des personnes ayant une vision traditionnellement conservatrice de la sexualité, qui pourraient juger que l’exploration de l’érobotique, c’est-à-dire l’étude des interactions érotiques entre les humains et les machines et de leur coévolution, est immorale.

Mais comme la sexualité est au cœur de la vie chez l’être humain, nous devons absolument comprendre ses rapports à la technologie pour être en mesure de favoriser le bien-être des gens et intégrer de façon harmonieuse de nouveaux systèmes érotiques dans nos vies sexuelles et intimes.

Votre recherche porte également sur l’exploration de l’espace à long terme et sa colonisation. Vous intéressez-vous d’abord à la psychologie des interactions entre humains et non humains, ou vos travaux ont-ils plutôt une visée pratique?

S. D. : Mes principaux travaux de recherche doctorale portent sur l’érobotique. J’étudie en particulier la motivation derrière nos interactions érotiques avec les machines et les facteurs sociaux (par exemple, la stigmatisation) et psychophysiologiques qui pourraient influencer notre motivation à avoir des rapports sexuels ou intimes avec des robots (par exemple, la personnalité et la réaction à un état d’excitation sexuelle).

Au cours des dernières années, j’ai aussi développé un axe de recherche en sexologie de l’espace. Mes collègues et moi-même cherchons à intégrer la recherche sur la sexualité dans des programmes spatiaux, y compris d’exploration spatiale, et à concevoir des solutions qui favorisent des pratiques sexuelles et une intimité sans risque pendant les voyages dans l’espace (par exemple, à l’aide de méthodes de recherche, de programmes de formation et de produits technologiques sexuels).

À quoi ressembleront les robots sexuels du futur? Finira-t-on par les accepter comme quelque chose de parfaitement normal?

S. D. : Je crois que les robots sexuels de demain offriront une expérience érotique nouvelle, toujours plus réaliste, interactive et immersive, qui passe par la technologie et se fonde sur elle, ce qui nous permettra de découvrir toute la profondeur de l’érotisme chez l’être humain. Cela comprend une gamme toujours croissante d’applications potentielles pour la recherche, l’éducation, la thérapie et le plaisir.

On sait que l’élaboration de jouets sexuels remonte à l’aube même de la civilisation. Existe-t-il d’autres exemples d’aides technologiques à la sexualité humaine méconnus du grand public?

S. D. : Il y a tellement de nouveaux produits érotiques qui sortent chaque jour qu’il est très difficile de se tenir au courant de tous les moyens à notre disposition pour ressentir du plaisir et nouer des relations intimes. Si les gens souhaitent mettre du piquant dans leur vie sexuelle ou simplement explorer de nouvelles façons (ou des moyens mieux adaptés) de ressentir du plaisir seuls ou avec leurs partenaires, je crois qu’ils devraient s’intéresser aux dernières innovations dans le domaine des jouets sexuels connectés ou dotés d’intelligence artificielle. Certains fonctionnent même à distance ou en tandem et comprennent des jeux et de la pornographie en réalité virtuelle.

Un humain pourrait-il tomber amoureux d’un robot?

S. D. : Oui, c’est déjà arrivé à certaines personnes.

 

Rejoignez Simon Dubé le 6 décembre prochain lors de son activité en ligne Bringing Sex to the Final Frontier: A Panel Discussion on Space Sexology.

Pourriez-vous être la prochaine chercheuse engagée ou le prochain chercheur engagé de Concordia? Les doctorantes et doctorants peuvent maintenant s’inscrire à la formation qualifiante en communication – la date limite pour ce faire est le 26 janvier 2022.

Apprenez-en davantage sur le Département de psychologie de Concordia.

 

 



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