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Le stress occasionné par la COVID-19 a une incidence sur notre utilisation des écrans, indique une nouvelle étude

Selon la chercheuse de Concordia Najmeh Khalili-Mahani, l’âge, le sexe et les inquiétudes subjectives influent sur les médias que nous consommons pour nous apaiser en temps de pandémie
6 octobre 2020
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Najmeh Khalili-Mahani : « C’est la première fois de notre histoire que nous sommes obligés de rester devant nos écrans aussi longtemps. »

Que serions-nous devenus pendant cette pandémie apparemment interminable sans nos services de diffusion de vidéos en continu?

Selon une nouvelle étude sur le lien entre l’utilisation des écrans et le stress pendant l’éclosion de COVID-19, Netflix, Amazon Prime, Crave et les autres plateformes de diffusion en continu seraient les premières choses que nous amènerions avec nous si nous devions nous isoler (ou lorsque cela se produira). Cette affirmation est vraie quels que soient l’âge ou le sexe.

Mais pour le reste, les centres d’intérêt divergent, selon Najmeh Khalili-Mahani, la chercheuse de Concordia qui a dirigé l’étude avec Amber Pahayahay, étudiante visiteuse en santé publique de l’Université de Waterloo. Dans un sondage lancé peu de temps après le début du confinement à la mi-mars, Mme Khalili-Mahani a demandé à près de 700 personnes d’indiquer leurs préférences, les modifications dans leur utilisation des écrans et leur attitude envers les différentes expériences médiatiques sur écran. Les chercheuses ont publié leur article dans le Journal of Medical Internet Research.

« L’utilisation passive des médias, aux fins de divertissement, était importante pour les répondants, affirme Mme Khalili-Mahani, neuroscientifique du Centre PERFORM de Concordia. Par contre, nous avons remarqué des différences importantes entre les sexes quant à l’attitude envers les médias et à la façon de s’en couper. »

Les recherches ont indiqué que les femmes étaient plus susceptibles que les hommes de se tourner vers les médias sociaux pour gérer le stress causé par la COVID. Cependant, les femmes, surtout celles de plus de 55 ans, étaient également plus susceptibles de ne tenir aucun compte d’une publication ou d’une nouvelle si elles en trouvaient le contenu majoritairement trompeur ou affligeant.

Un refuge numérique?

L’étude se base sur une recherche précédente de Mme Khalili-Mahani sur le lien entre les écrans et le stress. Cette étude donne à penser que le lien marqué entre le stress et la dépendance aux écrans s’explique par le fait que ces derniers constituent un refuge contre le stress. « Notre question, dans cette nouvelle étude, était de savoir si une hausse du stress entraînait une augmentation du temps d’écran. Or, cela semble être le cas. »

Dans le sondage, on commence par demander aux répondants d’indiquer leur niveau de stress en raison de la pandémie. On les invite ensuite à déterminer si leur utilisation des médias sur les écrans a changé. Passent-ils plus de temps sur les médias sociaux? Regardent-ils plus de vidéos en continu? Regardent-ils plus de bulletins de nouvelles en ligne? Participent-ils à plus de téléconférences? Les répondants ont été classés par âge, sexe, santé mentale autodéclarée et niveau subjectif de stress.

Plus de 90 % des répondants ont indiqué ressentir un certain niveau de stress, qui a entraîné une utilisation accrue de Facebook, de la télévision, de YouTube et des services de diffusion en continu.

Lorsqu’elles ont ventilé les résultats, les chercheuses ont fait les constats suivants :

  • Les répondants qui ont indiqué que leur santé mentale était « mauvaise » étaient deux fois plus susceptibles de privilégier les services de diffusion en continu comme mécanisme de gestion du stress.
  • Les femmes étaient deux fois plus susceptibles que les hommes de se tourner vers les médias sociaux.
  • Les répondants de moins de 35 ans étaient trois fois plus susceptibles d’opter pour des jeux vidéo ou sur ordinateur.
  • Les répondants de plus de 55 ans étaient plus susceptibles de regarder la télévision ou de lire les médias imprimés.
  • Les médias, surtout les médias sociaux, ont aidé à gérer le stress lorsqu’ils offraient un soutien positif et qu’ils n’accordaient pas une place importante aux renseignements faux ou sensationnels.

Les auteures ont également remarqué que les préoccupations des participants quant à l’incidence du temps d’écran sur leur santé physique et mentale différaient selon leur âge. Les répondants plus jeunes, qui utilisent surtout les médias sociaux et moins le matériel imprimé, étaient davantage préoccupés par l’incidence du temps d’écran sur leur santé physique, tandis que les répondants plus âgés ont indiqué être plus inquiets des effets sur leur santé mentale.

Des effets à long terme

« C’est la première fois de notre histoire que nous sommes obligés de rester devant nos écrans aussi longtemps, affirme Mme Khalili-Mahani. Les jeunes et les moins jeunes réagissent à cette nouvelle réalité. »

« Nous n’avons même pas commencé à nous pencher sur les conséquences de notre utilisation constante des écrans sur notre santé. Les êtres humains évoluent, mais nos corps auront besoin de temps pour s’adapter à cette nouvelle norme. »

Les personnes intéressées peuvent toujours participer au sondage. Vous le trouverez ici (en anglais).

 

Lire l’article cité : « What Media Helps, What Media Hurts: A Mixed Methods Survey Study of Coping With COVID-19 Using the Media Repertoire Framework and the Appraisal Theory of Stress. »

 



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