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Deux chercheuses de Concordia parlent mieux-être à l’occasion de la Journée mondiale de l’obésité

Lisa Kakinami et Sylvia Santosa étudient des enjeux liés à la santé et au poids corporel à l’aide de diverses approches disciplinaires allant de la statistique à la physiologie
11 octobre 2019
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« Apportez des changements progressifs – vous aurez de meilleures chances de persévérer. » | Photo : Emma Simpson, Unsplash

La Journée mondiale de l’obésité se déroulera le 11 octobre. Cet événement annuel a pour objectif de soutenir des interventions concrètes visant, d’une part, à réduire le nombre de cas d’obésité dans le monde et, d’autre part, à favoriser l’atteinte et le maintien d’un poids santé.

À l’Université Concordia, deux chercheuses de la Faculté des arts et des sciences étudient cette question sous plusieurs angles.

Lisa Kakinami, professeure agrégée au Département de mathématiques et de statistique, et Sylvia Santosa, professeure agrégée au Département de santé, de kinésiologie et de physiologie appliquée et titulaire de la chaire de recherche du Canada en nutrition clinique, poursuivent toutes deux des recherches au Centre PERFORM de Concordia.

Facteurs socioéconomiques

Les travaux de la Pre Kakinami recourent à l’analyse statistique afin d’évaluer le rapport entre la santé et l’obésité, d’une part, et le statut socioéconomique, d’autre part.

« Au Canada, la moitié des adultes seront atteints d’une maladie chronique grave – une affection cardiovasculaire ou un cancer par exemple, explique la chercheuse. De ce nombre, les personnes faisant partie des strates socioéconomiques inférieures sont les plus à risque. »

Selon la Pre Kakinami, nous savons depuis des décennies que l’alimentation et l’exercice constituent la clé de la perte de poids et du maintien de celui-ci. « Par contre, nous ignorons pourquoi certaines personnes ont plus de difficulté que d’autres à apporter ces changements », nuance-t-elle.

Ses travaux mettent en évidence les facteurs de différentiation des sujets étudiés – notamment la perception, la réponse émotionnelle, les influences culturelles et les pressions sociales.

« Les variations systémiques dans la manière dont sont conçus les quartiers et les villes pourraient par ailleurs jouer un rôle, indique-t-elle. Aussi, des travaux multidisciplinaires visant à explorer les différences individuelles au sein de ces contextes sociaux et structuraux élargis sont nécessaires. »

Dans une perspective plus globale, la Pre Kakinami invite les gens qui souhaitent perdre du poids à faire preuve de réalisme et de ténacité.

« Soyez patient et n’essayez pas de maigrir trop rapidement… allez-y mollo!, recommande-t-elle. Apportez des changements progressifs – vous aurez de meilleures chances de persévérer. »

Elle rappelle par ailleurs que l’être humain est fait d’habitudes.

« Passer des repas-minute aux salades vertes ne convient pas à la plupart d’entre nous, illustre-t-elle. Changez votre façon de penser : privilégiez une vie plus saine à long terme plutôt qu’une simple perte de poids dans l’immédiat. De même, accordez moins d’importance au chiffre qui s’affiche sur votre pèse-personne. »

« Il s’agit surtout de maintenir au fil du temps les changements concrets que vous apportez à votre mode de vie »

Sylvia Santosa partage le point de vue de la Pre Kakinami. Dans sa recherche, elle exploite des techniques associées à la biologie et à la physiologie pour étudier les particularités individuelles des personnes obèses.

« Si nous comprenons mieux le mécanisme déclencheur de maladies chez les obèses, nous pourrons un jour empêcher l’apparition de ces maux, précise-t-elle. La longévité et la santé s’en trouveront forcément améliorés. »

L’équipe de la Pre Santosa recherche des sujets pour les études qu’elle effectue actuellement. Par exemple, les chercheurs mettent à profit des techniques d’imagerie pour analyser des phénomènes liés à l’adiposité qu’on ne peut généralement pas observer de près. La graisse musculaire constitue un bon exemple à ce titre. En outre, ils se penchent sur la présence éventuelle de tissus adipeux dans d’autres organes, le cerveau notamment.

« La forme du corps et l’emplacement des renflements adipeux varient d’une personne à l’autre, signale la Pre Santosa. Cela a des répercussions sur la santé en général. Alors, nous voulons connaître l’incidence du gras accumulé ici ou là sur le reste du corps et savoir pourquoi il n’a pas le même effet sur la santé selon que l’on est un homme ou une femme. »

En ce qui a trait au maintien d’un poids santé, elle formule de précieuses recommandations.

« Si vous vous affamez, vous allez bien sûr maigrir, admet-elle. Mais cette perte de poids ne durera pas. »

Selon la Pre Santosa, il s’agit surtout de maintenir au fil du temps les changements concrets que vous apportez à votre mode de vie. « Vous ne pourrez probablement pas suivre un régime cétogène jusqu’à la fin de vos jours, dit-elle. Par contre, vous êtes sans doute capable d’ajouter un fruit à votre déjeuner quotidien et d’en faire une habitude. »

Dans la foulée, elle précise que ce sont les changements diététiques susceptibles de devenir permanents qui fonctionnent le mieux. Elle insiste aussi sur le fait qu’il n’existe pas de solution universelle à l’adoption d’un mode de vie plus sain.

La Pre Kakinami acquiesce : « L’erreur que commettent souvent les personnes qui suivent un régime est de faire ce qui fonctionne pour d’autres. Mais nous sommes tous uniques et nous devons trouver les changements en matière d’alimentation et d’exercice qui nous conviennent. »

« Concentrez-vous sur ce que vous ressentez »

Les deux chercheuses insistent sur deux points. D’abord, il faut consulter un médecin ou un nutritionniste avant d’apporter tout changement visant l’adoption d’un mode de vie plus sain. Ensuite, l’estime de soi ne doit pas se fonder sur le poids corporel.

« En résumé, concentrez-vous sur ce que vous ressentez plutôt que de ruminer à propos de votre poids », conclut la Pre Kakinami.

La Pre Santosa va dans le même sens : les bienfaits d’une saine alimentation se font ressentir de bien des façons.

« La consommation régulière de repas peu équilibrés peut au fil du temps avoir de nombreux effets néfastes sur la santé – sommeil de mauvaise qualité, fatigue, problèmes de concentration, etc. », souligne-t-elle.

Un dernier conseil pour avoir un mode de vie plus sain? Buvez plus d’eau!

« Le corps a besoin d’absorber au moins huit verres de liquide par jour, rappelle la Pre Santosa. Non seulement l’eau rafraîchit, mais elle ne contient aucune calorie. Pour réduire votre apport énergétique et votre consommation de sucre, préférez l’eau aux boissons gazeuses et aux jus, tous très caloriques. À preuve, une canette de boisson gazeuse contient l’équivalent de dix sachets de sucre! »


Jusqu’au 17 octobre à ESPACE 4, l’événement
Questions de santé fait pleins feux sur des projets étudiants ainsi que sur la recherche qui se mène dans les nombreux labos de Concordia et au Centre PERFORM.

Apprenez-en davantage sur l’initiative en matière de santé de l’Université.

Informez-vous sur le Département de mathématiques et de statistique et le Département de santé, de kinésiologie et de physiologie appliquée

 



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