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Des chercheurs de Concordia s’attaquent à l’anxiété chez les adolescents

Un nouveau programme montréalais visant à préparer les enfants à l’adolescence reçoit une subvention de 30 000 $
5 août 2019
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Une subvention de la Fondation Temerty soutiendra un programme pilote de Concordia qui vise à intégrer des techniques de gestion du stress dans des salles de classe de la fin du primaire partout à Montréal.

Comme peuvent en témoigner presque tous les adultes, la transition de l’enfance à l’adolescence peut s’avérer une affaire stressante, qui comporte bien souvent beaucoup d’insécurité et de doutes sur soi-même.

Et aujourd’hui plus que jamais, les adolescents vivent des problèmes de santé mentale. Selon une récente analyse réalisée par l’Université d’État de San Diego, la détresse psychologique a considérablement augmenté chez les adolescents entre 2005 et 2017.

C’est pourquoi les professeurs William Bukowski et Adam Radomsky, de la Faculté des arts et des sciences de Concordia, ont fait équipe pour diriger une nouvelle initiative de recherche menée en milieu scolaire. Leur but : lutter contre l’anxiété chez les adolescents avant qu’elle ne se manifeste en donnant à l’ensemble des préadolescents les outils nécessaires pour acquérir de la résilience en santé mentale.

« Nous voulons doter les enfants des capacités d’adaptation dont ils ont besoin avant qu’ils n’entrent dans l’adolescence. Il faut combler les lacunes en matière de sensibilisation à la santé mentale à un moment crucial du développement humain », explique le professeur Bukowski, titulaire de la chaire de recherche de l’Université Concordia en développement des jeunes adolescents.

« Nous souhaitons préparer ce groupe à risque à mieux reconnaître et maîtriser les effets de l’anxiété avant qu’ils ne se manifestent. »

Un pas en avant

La nouvelle proposition de recherche a récemment obtenu une subvention de 30 000 $ de la Fondation Temerty, organisme caritatif ayant pour mission d’améliorer la vie des Canadiens. La somme aidera les professeurs Bukowski et Radomsky ainsi qu’une équipe d’étudiants des cycles supérieurs à développer un programme pilote qui intégrera des techniques de gestion du stress dans des salles de classe de la fin du primaire dans tout Montréal.

« L’Université Concordia se taille une niche en proposant de nouvelles approches qui rehaussent les efforts déployés par la société pour améliorer le bien-être mental, explique Christophe Guy, vice-recteur à la recherche et aux études supérieures. Je félicite les professeurs Bukowski et Radomsky pour cette importante initiative axée sur la collectivité, ainsi que pour la démarche collaborative qu’ils ont adoptée dans leurs recherches en santé. »

Le programme, qui est en cours d’élaboration, comportera plusieurs volets. Il sera axé sur la notion de bonne santé mentale et les techniques pratiques permettant de faire face à l’anxiété dans des contextes sociaux et scolaires.

Il comprendra également une composante de formation destinée aux enseignants qui, en tant que travailleurs de première ligne, peuvent aider les enfants à reconnaître et à utiliser les bonnes techniques pour faire face aux situations stressantes.

« Une fois que nous aurons développé un système viable en collaboration avec des professeurs d’éducation sanitaire et morale, nous évaluerons l’efficacité de notre approche, souligne le professeur Bukowski. Si les résultats sont concluants, nous espérons déployer le programme à plus grande échelle dans une seule commission scolaire avant de l’exporter un jour à d’autres écoles. »

Pourquoi maintenant

William Bukowski n’a pas été très surpris d’apprendre que l’anxiété avait augmenté chez les adolescents. Il précise que la capacité à se faire du souci s’accroît au début de l’adolescence, moment où se développe l’aptitude à concevoir l’avenir.

« Alors que les enfants plus jeunes ont tendance à vivre au jour le jour, les préadolescents sont conscients que les circonstances peuvent s’améliorer ou empirer. Ils sont aptes à imaginer différents avenirs, et cette incertitude peut facilement se manifester par une anxiété susceptible de devenir envahissante si elle n’est pas gérée », explique-t-il.

« Aujourd’hui, les enfants grandissent entourés de médias sociaux qui n’ont jamais existé auparavant et ils subissent davantage de pression pour réussir. Ce contexte ne fait qu’exacerber la conscience de soi et le doute ainsi que les comparaisons ascendantes. »

Une approche hybride

L’initiative de recherche est particulièrement remarquable, car elle marie différentes spécialités de la psychologie. Adam Radomsky est psychologue clinicien tandis que William Bukowski est psychologue du développement.

« Nous formons une équipe idéale pour mener ces recherches, car l’expertise de William dans le domaine des populations scolaires complète à merveille celle que je possède dans les troubles anxieux pour traiter ce sujet important », souligne Adam Radomsky, directeur de la formation clinique du Département de psychologie.

« Il est indispensable d’aborder une telle question sous différents angles, ce que nous sommes en train de faire. Dans les écoles primaires, on parle beaucoup de santé physique, mais très peu de santé mentale, et cela doit changer. »


Apprenez-en davantage sur le Département de psychologie de l’Université Concordia.



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