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La recherche sur le trouble obsessionnel-compulsif doit s’intéresser davantage au patient, montre une nouvelle étude

Selon le chercheur de Concordia Adam Radomsky, la science cognitive s’est éloignée de ceux qui ont le plus besoin d’aide
22 mai 2019
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« Nous apprenons beaucoup de la recherche scientifique, mais aussi des clients et des patients », affirme Adam Radomsky.

Pour les personnes atteintes d’un trouble obsessionnel-compulsif (TOC), la recherche scientifique sur leur état n’est pas un concept abstrait, mais peut avoir de profondes implications concrètes.

La science cognitive a grandement amélioré notre compréhension des problèmes de santé mentale. L’étude interdisciplinaire de l’esprit et de ses processus englobe des éléments de la psychologie, de la philosophie, de l’intelligence artificielle, de la neuroscience et d’autres disciplines. Le domaine abonde en possibilités d’exploration pour les chercheurs et a énormément contribué à l’étude de sérieux problèmes comme le TOC.

Adam Radomsky, professeur au Département de psychologie de l’Université Concordia et titulaire de la chaire de recherche de l’établissement sur l’anxiété et les troubles connexes, s’inquiète toutefois du fait que malgré toutes ses fascinantes études, la science cognitive s’éloigne de plus en plus des personnes que ces études sont censées aider, soit les patients qui souffrent d’un TOC et les thérapeutes qui les soignent.

Le Pr Radomsky et deux de ses anciennes doctorantes, Allison Ouimet et Andrea Ashbaugh, à présent professeures agrégées à l’Université d’Ottawa, ont récemment publié un article dans la Clinical Psychology Review. Ils y examinaient les dernières recherches sur le TOC et ont découvert que, aussi intéressantes soient-elles, celles-ci ne se traduisaient pas nécessairement par de véritables bienfaits en matière de traitement.

Une question de mémoire

Comme l’explique Adam Radomsky, deux symptômes caractérisent le TOC.

« Les obsessions sont d’horribles pensées intrusives que les gens ressassent dans leur esprit, précise-t-il. Les compulsions sont des choses que les gens font encore et encore, comme de vérifier qu’ils ont terminé une tâche ou de laver et de nettoyer. »

Une croyance largement répandue chez les chercheurs veut que la mémoire soit liée d’une manière ou d’une autre aux comportements attribuables à un TOC.

« Les gens ne sont pas certains qu’une chose est sécuritaire ou propre ou verrouillée, poursuit-il. Selon une ancienne théorie, ce problème pourrait être de nature cognitive ou neurologique. »

Au fil des ans, les chercheurs ont mené d’innombrables tests sur des personnes atteintes d’un tel trouble. Toutefois, après avoir examiné la littérature, le Pr Radomsky affirme que les résultats d’ensemble sont ambigus.

« Les recherches sur les troubles de la mémoire, de la neurobiologie et de l’attention n’ont probablement pas aidé les thérapeutes ou les cliniciens, et n’ont sans doute pas amélioré la thérapie », souligne-t-il.

Ces recherches se sont néanmoins révélées utiles sous un autre aspect, soit celui des croyances d’une personne dans son propre fonctionnement cognitif.

« Les personnes atteintes d’un TOC n’ont pas une mémoire déficiente, mais elles croient qu’elles en ont une. Le problème n’est pas leur capacité d’attention, mais le fait qu’elles ne croient pas pouvoir se concentrer, explique le chercheur. En clinique, on peut travailler sur ce que les gens croient. »

De la clinique au laboratoire

En tant que chercheur universitaire et psychologue praticien, Adam Radomsky souhaite que son étude profite à ses collègues œuvrant en laboratoire et ailleurs.

« Nous espérons que l’étude aidera les thérapeutes à se concentrer sur les enjeux utiles et les spécialistes de la cognition à explorer des domaines qui pourraient bénéficier aux cliniciens », affirme-t-il.

Le chercheur aimerait voir les spécialistes de la cognition et les praticiens collaborer plus étroitement dans le but de fournir un meilleur traitement aux personnes atteintes d’un TOC.

« Nous apprenons beaucoup de la recherche scientifique, mais aussi des clients et des patients, souligne Adam Radomsky. D’une certaine façon, les patients nous en apprennent davantage parce qu’ils vivent avec ces problèmes. Je soupçonne d’ailleurs que nous tiendrons de plus en plus compte de leurs expériences, car lorsqu’ils expriment des préoccupations particulières ou des doutes envers eux-mêmes, ces idées sont souvent les meilleures à explorer en laboratoire. »


Consultez l’article cité : « Hoping for more: How cognitive science has and hasn't been helpful to the OCD clinician ».

 

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