Le don d’un million de dollars de John et Pina Sicard à l’Université Concordia vient soutenir les personnes étudiantes neuroatypiques et l’innovation dans les domaines du génie et de l’informatique
« C’est en créant des conditions qui permettent aux brillants esprits de sortir des sentiers battus que l’on voit naître les grandes innovations, affirme John Sicard, en photo ici avec son épouse Pina Sicard, BA 87, en 2024.
Le retour de John Sicard, B. Inf. 1988, D. Sc. 2024, à l’Université Concordia en 2024 pour recevoir un doctorat honorifique et prendre la parole à l’occasion des Retrouvailles lui a donné l’impression de boucler la boucle.
« Concordia m’a offert une chance en m’admettant comme étudiant adulte lorsque j’avais 20 ans, explique-t-il. Or, cette décision a transformé ma vie – elle m’a ouvert une voie, m’a permis de faire carrière et m’a donné un but. »
M. Sicard, président et chef de la direction à la retraite de Kinaxis, leader mondial des logiciels de gestion de la chaîne d’approvisionnement, a souvent décrit son admission à Concordia comme le tournant qui a rendu sa carrière possible.
S’il aspirait auparavant à devenir musicien – « le prochain batteur de U2 », plaisante-t-il –, il avait été refusé par le tout nouveau programme de musique de l’Université. Ce n’est que plus tard, après avoir amélioré ses résultats et s’être découvert un talent inattendu pour les mathématiques, qu’il a demandé l’admission au programme d’informatique par l’intermédiaire du parcours pour étudiantes et étudiants adultes de Concordia.
« Lorsque je suis arrivé sur le campus et que j’ai touché un ordinateur pour la première fois, j’ai ressenti comme une vocation », affirme-t-il.
Un don pour stimuler la créativité et ouvrir des portes
À présent, grâce à un don d’un million de dollars, John et sa femme Pina Sicard (B.A. 1987) aident les futures générations d’étudiantes et étudiants de l’École de génie et d’informatique Gina-Cody à trouver leur propre voie.
Leur générosité permettra la création du fonds de dotation John-et-Pina-Sicard pour les étudiantes et étudiants en génie et en informatique atteints d’un trouble du spectre de l’autisme, ainsi que d’une série de bourses d’études et de recherche visant à favoriser l’innovation et l’inclusion dans toute l’école.
« La générosité de John et Pina Sicard incarne l’esprit d’apprentissage et d’inclusion de Concordia », déclare Graham Carr, recteur de l’Université. « Leur engagement transformera de manière durable la vie des personnes étudiantes ainsi que des chercheuses et chercheurs de l’école Gina-Cody et de tout notre établissement. »
Une partie du don des Sicard appuiera l’écosystème d’innovation de l’école, notamment les équipes interdisciplinaires d’étudiantes et étudiants qui travaillent sur des projets entrepreneuriaux et de recherche ayant des retombées concrètes.
« C’est en créant des conditions qui permettent aux brillants esprits de sortir des sentiers battus que l’on voit naître les grandes innovations, affirme John Sicard. J’adore les programmes qui favorisent la collaboration entre les étudiantes et étudiants, et grâce auxquels ceux-ci peuvent échanger des idées et élaborer des concepts canadiens susceptibles de changer le monde. »
Le don servira également à financer des bourses de recherche dans le domaine de la chaîne d’approvisionnement et de la logistique, secteur dans lequel M. Sicard a bâti sa carrière de trois décennies au sein de Kinaxis, contribuant à transformer une petite entreprise de logiciels d’Ottawa en une puissance mondiale présente dans plus de 20 pays.
Pour la famille Sicard, le volet le plus important de ce don est celui qui soutient les personnes étudiantes atteintes d’un trouble du spectre de l’autisme. Leur fils Nicholas, diagnostiqué à l’âge de deux ans, a aujourd’hui 31 ans et mène une vie épanouie : il occupe un emploi de testeur de logiciels et, comme le souligne fièrement son père, est « un jeune homme remarquable ».
Cependant, le long parcours qu’a connu la famille a mis en évidence des lacunes dans l’accompagnement des adultes neuroatypiques.
« Il existe très peu de ressources pour les personnes autistes une fois qu’elles atteignent l’âge de 18 ans, explique John Sicard. Nous voulons que les familles et les personnes étudiantes sachent qu’il y a une place pour elles à Concordia. »
À Kinaxis, M. Sicard s’est engagé publiquement à recruter au moins 1 % de la main-d’œuvre au sein de la communauté neuroatypique, un objectif que l’entreprise a d’ailleurs surpassé en atteignant une proportion de 2 % avec l’aide de Specialisterne, organisme mondial spécialisé dans le recrutement de personnes neuroatypiques.
« C’était une situation gagnant-gagnant, souligne-t-il. Il doit s’agir d’une démarche délibérée, car l’inclusion ne se fait pas par hasard. Nous avons pu constater par nous-mêmes à quel point cela peut être efficace. »
Une communauté accueillant tous les modes de pensée
Pina Sicard, diplômée du programme de traduction et militante de longue date pour la sensibilisation à l’autisme, est animée de la même conviction. L’expérience vécue par John et Pina Sicard en tant que parents a d’ailleurs inspiré une grande partie de leur action philanthropique, notamment une contribution importante à QuickStart Autism, organisme basé à Ottawa qui promeut l’intervention précoce et la sensibilisation.
« Concordia a toujours occupé une place particulière dans nos vies, indique Mme Sicard. En tant que parents d’un fils neuroatypique, nous savons à quel point un environnement adapté peut s'avérer transformateur. Nous espérons que les personnes étudiantes autistes se sentiront soutenues et reconnues, et qu’elles trouveront leur voie, tout comme John et moi l’avons fait à Concordia. »
M. Sicard demeure profondément impressionné par les progrès réalisés par l’école Gina-Cody depuis ses années d’études.
« Même dans les années 1980, nous aimions dire que notre programme d’informatique était très en avance », se souvient-il avec un sourire. « Voir l’école figurer aujourd’hui parmi les meilleures d’Amérique du Nord, c’est constater qu’elle n’a rien perdu de ce qui faisait sa grandeur et qu’elle s’appuie sur 50 ans d’expérience. »
La remise de son doctorat honorifique en 2024 s’est révélée, selon lui, l’une des expériences les plus émouvantes de sa vie. « Par-dessus tout, cela m’a permis de remercier Concordia de manière concrète d’avoir pris le risque de m’accueillir », confie-t-il.
Le don des Sicard soutiendra étudiants et chercheurs jusqu’en 2030 et au-delà, assurant ainsi un investissement durable en matière d’inclusion, d’innovation et d’excellence universitaire.
« La vision de John et Pina Sicard correspond parfaitement aux priorités de l’École de génie et d’informatique Gina-Cody, qui sont la réussite étudiante, l’équité et l’innovation », déclare Mourad Debbabi, doyen de l’école. « Leur don permettra à des personnes étudiantes de talent, y compris celles ayant un trouble du spectre de l’autisme, de s’épanouir dans un environnement favorable conçu pour libérer leur créativité. »
Pour John Sicard, ces retombées touchent avant tout les personnes et leur potentiel.
« L’innovation ne se limite pas à la technologie, conclut-il. Il s’agit de créer un espace pour tous les modes de pensée. Lorsque nous y parvenons, tout le monde progresse. »