Skip to main content

Diplômée de Concordia, Lorna Bauer est finaliste au Prix Sobey pour les arts 2021

Nouvelle maman, l’artiste québécoise salue la décision d’ouvrir le concours aux personnes de tout âge
5 juillet 2021
|
Image 1: Portrait réalisé par Frederico Pellachin. Image 2: Lorna Bauer, Lung (« poumon »), 2020. Verre soufflé, métal; 41 cm x 77 cm (16 po x 30 po). Vue de l’installation A blown glass trash can, A silk sack for a tire (« poubelle en verre soufflé, sac à pneu en soie »), Trilobite et le pneu, Montréal, 2020. Photo fournie par l’artiste et la Galerie Nicolas Robert.

Diplômée de l’Université Concordia, Lorna Bauer (B. Bx-arts 2005) figure parmi les cinq finalistes en lice pour le Prix Sobey pour les arts 2021. Au Canada, il s’agit de la plus importante récompense octroyée à des artistes.

Créé en 2002, le prestigieux prix était auparavant réservé aux artistes contemporains canadiens de moins de 40 ans.

Récemment, la Fondation Sobey pour les arts a pris la décision historique de supprimer la restriction relative à l’âge des candidates et candidats. Dès lors, Lorna Bauer y était à nouveau admissible.

L’an dernier, au début de la pandémie de COVID-19, le Musée des beaux-arts du Canada et la Fondation Sobey pour les arts ont choisi de ne pas dresser une courte liste de candidates et candidats présélectionnés et de ne pas désigner une ou un récipiendaire du prix. Ils ont préféré remettre un prix de 25 000 $ à chaque artiste figurant sur la liste longue du concours.

Cette année, la lauréate ou le lauréat touchera la somme de 100 000 $, tandis que les autres finalistes de la liste courte recevront chacun 25 000 $.

Depuis la création du Prix Sobey pour les arts, 49 membres de la communauté de Concordia ont figuré sur la liste longue des artistes sélectionnés. Deux diplômés de l’Université ont obtenu le prix : Nadia Myre (M. Bx-arts 2003) en 2014 et Abbas Akhavan (B. Bx-arts 2004) en 2015.

À l’automne 2021, les œuvres des cinq finalistes seront exposées au Musée des beaux-arts du Canada. Le nom de la lauréate ou du lauréat du Prix Sobey pour les arts sera dévoilé en novembre.

Lorna Bauer, The Hand of Mee and the Moonflower Version 3 (« la main de Mee et la belle-de-nuit, version 3 »), 2019. Lorna Bauer, The Hand of Mee and the Moonflower Version 3 (« la main de Mee et la belle-de-nuit, version 3 »), 2019. Cinq récipients en verre soufflé bouche reposant sur des gants de boucher en acier inoxydable, verre coulé, verre bombé, boules de cristal de quartz, base de plâtre; 132 cm x 162,5 cm x 10 cm (52 po x 64 po x 4 po). Vue de l’installation Somebody (« quelqu’un »), Galerie MKG127, Toronto, 2019. Photo fournie par l’artiste et la Galerie Nicolas Robert.

Art et parentalité

Selon Lorna Bauer, « l’élimination de la restriction relative à l’âge constitue une importante et excellente initiative du Musée des beaux-arts du Canada et de la Fondation Sobey pour les arts ».

Lorsqu’elle a eu son bébé, l’artiste a craint que sa carrière soit finie. De fait, bien des créatrices et créateurs pensent encore qu’ils doivent choisir entre parentalité et pratique artistique.

« Je me disais que ma situation professionnelle allait peut-être se dégrader après ma grossesse, affirme Lorna Bauer. Aussi, cette nomination marque un tournant majeur pour moi. Elle indique que ma carrière artistique n’est pas terminée et qu’elle pourrait même connaître un nouvel essor. »

La créatrice a été ravie d’apprendre qu’elle pouvait à nouveau être candidate au Prix Sobey pour les arts. « Dominique Fontaine, commissaire indépendante et membre du jury représentant le Québec, m’a apporté un grand soutien », précise-t-elle.

Soulignons que plusieurs des finalistes sont parents eux aussi. Selon Lorna Bauer, non seulement la décision de la Fondation Sobey pour les arts contribue à briser le mythe voulant que les artistes ne puissent avoir d’enfant, mais elle ébranle aussi la croyance selon laquelle les créatrices et créateurs de 40 ans ou plus ont en quelque sorte perdu leur pertinence.

« On ne sait jamais ce qui se passe dans la vie d’autrui, rappelle Lorna Bauer. Il faut du temps pour bâtir une carrière et conférer un sens aux œuvres conçues dans ce contexte. »

Des débuts prometteurs à Concordia

Lorna Bauer a entrepris des études de premier cycle en arts plastiques et en histoire de l’art. Elle a bientôt ajouté à son cursus une majeure en photographie.

« J’ai vraiment adoré la vie universitaire à Concordia – j’y ai d’ailleurs passé cinq ans, signale-t-elle. J’étais littéralement passionnée, je suivais le plus de cours possible! »

À l’époque, tous les départements dépendant de la Faculté des beaux-arts logeaient dans le pavillon des arts visuels, boulevard René-Lévesque Ouest. Lorna Bauer qualifie l’endroit de « microcosme de la création artistique ».

« C’était vraiment exaltant, confie-t-elle. J’ai participé à deux expositions à la Galerie VAV, que dirigeait alors Abbas Akhavan. »

Aujourd’hui, l’artiste garde contact avec bon nombre de ses camarades, professeures et professeurs de Concordia.

« Pour moi, le programme d’études en photographie représente une petite famille, précise-t-elle. Dès que je le peux, je reviens aux procédés d’impression. En effet, j’ai accès à l’Université à des installations de pointe, notamment des chambres noires de type analogique. »

Axée sur la relation de l’être humain avec son environnement, la pratique artistique de Lorna Bauer fait appel à la photographie et à la sculpture. En règle générale, ses œuvres se caractérisent par leur dimension in situ : elles correspondent souvent à un lieu ou contexte spécifique. Exploitant uniquement les techniques analogiques, ses clichés donnent conscience au regardeur de sa présence au seuil de l’espace représenté.

Lorna Bauer a déjà une bonne idée des œuvres qu’elle aimerait présenter à l’exposition qui se tiendra au Musée des beaux-arts du Canada. Elle entend toutefois en discuter avec l’un des commissaires avant de prendre sa décision.

« Si j’ai la chance de remporter ce prix et la somme qui l’accompagne, je pourrai pour la première fois de ma vie utiliser de l’argent à mon gré – par exemple, le consacrer à l’amélioration de mon atelier – plutôt que de m’en servir pour faire face aux dépenses liées à mon quotidien et à ma production artistique », conclut-elle.


Apprenez-en davantage sur le
Département des arts plastiques de l’Université Concordia.

Suivez l’actualité relative au Prix Sobey pour les arts 2021.

 



Retour en haut de page

© Université Concordia