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Jo Vellacott (1922-2019) : « Elle nous a laissé un héritage tel que la société ne peut s’en trouver qu’enrichie »

Concordia se souvient de la professeure et historienne féministe – véritable modèle de force tranquille
7 juin 2019
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Par Taylor Tower

Les travaux de Jo Vellacott – pionnière de l’étude historique des femmes – portaient principalement sur le rôle de ces dernières au sein du mouvement pacifiste durant la Première Guerre mondiale. Les travaux de Jo Vellacott – pionnière de l’étude historique des femmes – portaient principalement sur le rôle de ces dernières au sein du mouvement pacifiste durant la Première Guerre mondiale.

La communauté de l’Université Concordia pleure la perte de Jo Vellacott, première membre du corps professoral à temps plein de l’Institut Simone-De Beauvoir, où elle a enseigné et mené des travaux de recherche de 1982 à 1987. Jo Vellacott s’est éteinte le 22 février 2019 à l’âge de 96 ans.

Les travaux de Jo Vellacott – pionnière de l’étude historique des femmes – portaient principalement sur le rôle de ces dernières au sein du mouvement pacifiste durant la Première Guerre mondiale. D’une manière plus générale, ses recherches étaient axées sur le mouvement des suffragettes démocrates, le pacifisme et l’histoire britannique moderne.

Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages, dont Conscientious Objection: Bertrand Russell and the Pacifists in the First World War, Patriots and the Vote: The Erosion of Democratic Suffragism in Britain During the First World War et From Liberal to Labour with Women’s Suffrage: The Story of Catherine Marshall. Elle a en outre corédigé Militarism versus Feminism: Writings on Women and War.

En 2017, Jo Vellacott a publié un récit des vingt-cinq premières années de sa vie intitulé Living and Learning in Peace and War.

Elle a par ailleurs rédigé maints articles pour des revues spécialisées telles que Women’s History Review, History Workshop Journal et Contemporary European History.

Des solutions de rechange féministes à la guerre

En qualité de professeure agrégée invitée et, plus tard, de chercheuse boursière associée à l’Institut Simone-De Beauvoir, Jo Vellacott se fait l’instigatrice de cours tels que You and Government, un examen des effets du gouvernement sur les femmes, et Women and Peace, dont le propos est axé sur les solutions de rechange féministes à la guerre et aux structures hiérarchiques.

Elle siège en outre au comité des programmes d’études de l’institut et collabore avec la communauté élargie des femmes de Montréal aux travaux du Comité canadien d’action sur le statut de la femme, ainsi qu’aux activités de l’organisme La Voix des femmes.

En 2014, à l’occasion du 100e anniversaire du début de la Première Guerre mondiale, Jo Vellacott participe à la 83e rencontre de l’Anglo-American Conference of Historians, à Londres, en Angleterre. Elle y présente un exposé intitulé The War Work of an Anti-War Activist: Catherine Marshall, 1914–1918.

Suffragette, membre fondatrice de la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté, Catherine Marshall a travaillé en étroite collaboration avec Bertrand Russell durant la Première Guerre mondiale.

« Il est important de perpétuer l’histoire de Marshall et de ses semblables », mentionne Jo Vellacott dans une entrevue qu’elle accorde à la revue des diplômés de l’Université d’Oxford, en 2014.

« Elle souhaitait maintenir la paix, non par haine ou par esprit de vengeance, mais plutôt dans l’idée d’aboutir à quelque chose de durable. Elle n’y est pas parvenue, de toute évidence, mais l’enseignement à en tirer demeure tout aussi pertinent aujourd’hui qu’il l’était à l’époque. »

Née à Plymouth, dans le comté de Devon, en Angleterre, Jo Vellacott obtient son diplôme de l’Université d’Oxford en 1943 et travaille comme mécanicienne au sein du Women’s Royal Naval Service – branche féminine de la Royal Navy – durant la Deuxième Guerre mondiale.

Par la suite, elle enseigne l’anglais en Afrique du Sud, puis immigre au Canada en 1955. Elle décroche une maîtrise en histoire de l’Université de Toronto, puis un doctorat en histoire de l’Université McMaster.

« Elle croyait en moi, alors que je n’avais aucune confiance en mes capacités »

Directrice intérimaire du Département de science politique à l’Université de l’Alberta, Catherine Kellogg était étudiante de Jo Vellacott en 1982; elle a suivi près de six cours avec elle. Catherine Kellogg a connu une dure période au cours de ses études de premier cycle. Elle se rappelle avoir été une élève difficile.

« Elle croyait en moi, alors que je n’avais aucune confiance en mes capacités, se souvient-elle, en parlant de Jo Vellacott. Elle représentait une figure maternelle à mes yeux. »

Catherine Kellogg a réussi à terminer ses études de premier cycle, puis a décidé de s’engager dans un programme de maîtrise. Elle s’est rendue à la résidence de Jo Vellacott, dans le quartier montréalais de Notre-Dame-de-Grâce, pour lui demander une lettre de recommandation.

« J’avais peur, parce que j’avais été une très mauvaise étudiante, se souvient Catherine Kellogg. Mais, elle m’a regardée et m’a dit : “Tu es un des esprits les plus fertiles et intéressants qu’il m’a été donné de connaître, et tu as ma pleine et entière confiance”. »

« Ses paroles sont restées gravées dans ma mémoire. »

« C’était très important pour moi, ajoute Catherine Kellogg. Ce n’est pas uniquement grâce à cela que j’ai réussi à faire des études supérieures, mais il ne fait pas de doute que ces mots ont pesé dans la balance. »

Un modèle de force tranquille

Margaret Kamester a rencontré Jo Vellacott alors qu’elle était inscrite au programme de certificat en études des femmes. Elle se souvient en particulier d’une discussion en classe à propos des objecteurs de conscience.

« Nous étions deux par deux et devions nous parler comme si nous étions mère et fils – le fils étant l’objecteur de conscience, raconte Margaret Kamester. Puis, on inversait les rôles. Jo Vellacott donnait rarement des cours magistraux; la participation étudiante occupait une place importance en classe. »

À l’extérieur des cours, Jo Vellacott prenait soin d’échanger avec les étudiants et étudiantes. Elle avait cette capacité de rendre plus intéressantes les tâches les plus routinières.

Janet Wiegand (Cert. 1987) a travaillé avec Jo Vellacott au montage de bibliographies de recherche alors qu’elle était étudiante au premier cycle.

« Je crois que Jo savait qu’il ne s’agissait pas là d’une tâche très stimulante, se rappelle Janet Wiegand. Alors, à la fin de la journée, nous nous arrêtions pour prendre le thé et discuter un peu. C’était une personne aimable et agréable à côtoyer, sans compter qu’elle était très instruite et d’une personnalité engageante. »

Quelques années après l’obtention de son diplôme, elle a renoué avec Jo Vellacott.

« Avoir connu Jo a fait de moi une meilleure personne, affirme Janet Wiegand. Elle a notamment recensé les réalisations autrefois méconnues, mais combien importantes, des femmes, qui ont travaillé pendant des années pour obtenir le droit de vote au Royaume-Uni, maintenir la paix et défendre les droits des travailleuses et des travailleurs. Elle nous a laissé un héritage tel que la société ne peut s’en trouver qu’enrichie. »

Janet Wiegand a passé quelque temps en compagnie de Jo Vellacott à Toronto, peu avant son décès. Elles ont travaillé ensemble à terminer le tri de résultats de recherche sur Catherine Marshall, dont se servira une universitaire britannique dans la rédaction d’un ouvrage sur le mouvement des suffragettes.

Durant leurs pauses, les deux femmes discutaient en prenant le thé, exactement comme elles avaient l’habitude de le faire à l’époque ou Wiegand fréquentait l’Institut Simone-De Beauvoir.

« Quaker de longue date ayant siégé à maints comités de soins aux personnes, Jo m’avait confié ses réflexions sur la mort, et comment elle envisageait la sienne. Je trouvais ces conversations fascinantes et étonnamment rassurantes », se rappelle Janet Wiegand.

« Elle a été un véritable modèle de force tranquille dans ma vie, et une amie chère, en qui j’avais confiance. Je suis très reconnaissante de l’avoir connue. »

Margaret Kamester ajoute : « La façon dont elle incarnait ses propres convictions a été une inspiration et une bénédiction pour beaucoup de gens qu’elle a côtoyés durant sa longue vie. »

Services commémoratifs en l’honneur de Jo Vellacott

À Montréal : vendredi 14 juin, de 17 h à 19 h

Pour obtenir plus d’information, faites parvenir un courriel à l’adresse LEMAJune14@mail.com en mentionnant votre nom et votre numéro de téléphone.

À Toronto : samedi 29 juin, à 13 h

Friends House
60, Lowther Ave.


Une rencontre rituelle sera organisée par la Société religieuse des Amis (Quakers).
 



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