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Michèle Thériault, directrice de longue date de la Galerie Ellen de l’Université Concordia, part explorer de nouvelles frontières artistiques

La commissaire novatrice quitte ses fonctions après deux décennies à son poste
5 décembre 2023
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Michèle Thériault : « Je considère la création artistique et le commissariat comme des activités intellectuelles qui nous permettent d’appréhender tous les aspects du monde dans lequel nous vivons. »  Michèle Thériault : « Je considère la création artistique et le commissariat comme des activités intellectuelles qui nous permettent d’appréhender tous les aspects du monde dans lequel nous vivons. »

Après une carrière mémorable de 20 ans à Concordia, Michèle Thériault – directrice de la Galerie Leonard & Bina Ellen de l’Université – a quitté l’établissement pour poursuivre d’autres projets artistiques.

Mme Thériault est devenue directrice de la plus ancienne galerie de Concordia en 2003, lui apportant son expertise en histoire de l’art et en commissariat.

Avant d’entrer au service de l’Université, elle a occupé différents postes de commissaire dans des galeries et musées canadiens, notamment au Musée des beaux-arts de l’Ontario. Elle a également travaillé comme commissaire indépendante et a enseigné la muséologie et l’art contemporain dans plusieurs universités.

Au fil des ans, Mme Thériault a contribué à l’élaboration d’un programme impressionnant d’expositions et d’événements de premier plan qui traitent d’enjeux contemporains. Qu’il s’agisse de mettre de l’avant des artistes internationaux ou d’entreprendre des démarches curatoriales expérimentales, elle a présenté aux Montréalais et Montréalaises des expositions qui visaient à remettre en question les limites de la création artistique et du commissariat.

« Je considère la création artistique et le commissariat comme des activités intellectuelles qui nous permettent d’appréhender tous les aspects du monde dans lequel nous vivons, explique-t-elle. Les artistes, les commissaires et les auteur.trice.s donnent forme à leur appréhension du monde dans ce qu’ils produisent, et la galerie offre un forum pour y réfléchir. »

Parmi les nombreuses et importantes réalisations de Mme Thériault, citons le développement d’une des archives en ligne les plus riches du Canada pour les visiteurs et les chercheurs. Elle a également réussi à faire venir pour la première fois des artistes internationaux de renom à Montréal dans le cadre d’expositions à la galerie.

Harun Farocki, cinéaste allemand de premier plan, a ainsi présenté sa première grande exposition nord-américaine en 2007 à la Galerie Ellen. Parmi les autres artistes notables, citons le Libanais Walid Raad, qui a exposé à Concordia en 2006, et l’artiste conceptuelle féministe américaine Silvia Kolbowski, qui a fait partie de l’exposition Rien et tout en 2009.

Michèle Thériault a par ailleurs été co-commissaire de Trafic : L’art conceptuel au Canada 1965-1980 (2012), qui a fait l’objet d’une tournée au Canada et en Europe.

Rock Piece (Ahuriri edition), par Asinnajaq, 2016. Œuvre présentée dans le cadre de l’exposition Among All These Tundras (2018). Rock Piece (Ahuriri edition), par Asinnajaq, 2016. Œuvre présentée dans le cadre de l’exposition Among All These Tundras (2018).

« J’ai toujours privilégier travailler dans une galerie d’art universitaire, car cela signifiait que la recherche et l’expérimentation pouvaient être au cœur de mon approche », souligne Mme Thériault.

« La liberté de programmation offerte par un lieu comme la Galerie Ellen n’a rien à voir avec les exigences et les objectifs des grands musées. »

Mme Thériault a lancé d’importants projets d’artistes et de commissaires autochtones, en collaboration avec ceux-ci. L’exposition de 2018 Among All These Tundras était la première du genre au Canada sur le Nord circumpolaire. Elle explorait les thèmes autochtones de la terre, de la résurgence et de la souveraineté.

L’exposition montrait également que des personnes circumpolaires des quatre coins de la planète vivent des préoccupations et des expériences qui sont pour la plupart identiques.

Owerà:ke Non Aié:nahne/Combler les espaces vides (2017) était un projet de Jason Edward Lewis, professeur de design et d’arts numériques à Concordia, et de Skawennati (B. Bx-arts 1992, Dipl. 2e cycle 1996), artiste multimédia mohawk. Il portait sur la création de territoires autochtones autodéterminés dans l’espace virtuel et sur la projection des peuples autochtones dans l’avenir.

L’exposition-forum a mis en lumière les diverses approches des artistes, chercheurs, éducateurs, concepteurs et militants autochtones qui utilisent les nouveaux médias pour contribuer à leurs cultures et communautés, et les soutenir.

D’autres expositions remettaient en question les paramètres de réception et de participation des spectateurs. Just Watch Me (« regardez-moi faire », 2015) a transformé la galerie en centre d’activités, explorant les concepts d’appartenance nationale et l’héritage de l’immigration des années 1970 dans la création de l’identité néo-québécoise.

Le projet a converti la galerie en un club social comprenant une discothèque/bar, un café équitable, une scène, un cinéma, des studios pour les artistes en résidence, une bibliothèque et un théâtre.

L’objectif était de permettre au public de réfléchir au rôle de l’artiste en tant qu’acteur social ainsi qu’au rôle de l’État dans l’art, grâce à un lieu de rencontre favorisant le dialogue et la création collective.

Section sur le Québec dans l’exposition Trafic : L’art conceptuel au Canada 1965-1980 (2012) | Photo : Paul Litherland. Section sur le Québec dans l’exposition Trafic : L’art conceptuel au Canada 1965-1980 (2012). | Photo : Paul Litherland.

Michèle Thériault est à l’origine du programme d’expositions satellites SIGHTINGS, inauguré en 2012. Le cube SIGHTINGS, situé au rez-de-chaussée du pavillon Henry‑F.‑Hall, est une plateforme d’expérimentation et de réflexion critique afin de s’interroger sur les possibilités et les limites de l’espace du « cube blanc » moderniste.

Dans le cadre du programme, aujourd’hui présenté par Julia Eilers Smith, conservatrice de recherche Max‑Stern, les artistes et les commissaires sont invités à créer des projets réagissant à l’unité d’exposition cubique.

Sous la direction de Mme Thériault, la galerie a augmenté sa fréquentation, amélioré ses installations et fait plusieurs acquisitions importantes. Elle a également triplé son financement par le Conseil des Arts du Canada.

« Durant mes années à la galerie, j’ai eu le plaisir de travailler avec des artistes exceptionnel.le.s de tous genres ainsi que des commissaires, auteur.tric.e.s, traducteur.trice.s, concepteur.trice.s, professeur.e.s, étudiant.e.s et des membres de l’équipe », témoigne-t-elle.

« Je suis reconnaissante d’avoir pu travailler avec des artistes locaux et internationaux, et d’avoir pu introduire de nouvelles façons de penser, d’exposer, de performer, de diffuser et d’interagir avec le public. »


Découvrez les œuvres présentées à la
Galerie Leonard & Bina Ellen de l’Université Concordia.

 



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