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La nouvelle biographie écrite par une professeure émérite de Concordia raconte la résilience d’une femme durant la Seconde Guerre mondiale

Ailie Cleghorn relate la vie de Marjorie Marnoch, qui, en 1940, s’est rendue de l’Écosse à l’Afrique du Sud avec 10 enfants sous son aile.
18 mars 2021
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Par Narmeen Imam

Marjorie Marnoch avec Sandy, qui était l'un des 10 enfants à sa charge. Marjorie Marnoch avec Sandy, qui était l'un des 10 enfants à sa charge.

En cette semaine de la Journée internationale des femmes, il est important de parler des femmes de partout dans le monde qui nous inspirent.

C’est ce qu’Ailie Cleghorn (M.A. 1976), professeure émérite de Concordia en éducation, fait dans sa nouvelle biographie, Marjorie’s Journey: On a Mission of Her Own, publiée le 25 février par Scotland Street Press.

Campée au début de la Seconde Guerre mondiale, l’histoire relate la vie exceptionnelle de Marjorie Marnoch, une jeune Écossaise qui a sauvé 10 enfants en les emmenant en bateau de Glasgow à Cape Town, en Afrique du Sud, où elle s’est ensuite établie.

Récit inspiré d’un lien familial

« Marjorie était une cousine proche de ma mère, explique Mme Cleghorn. Elles ont grandi dans la même maison, à Aberdeen, en Écosse, après le décès de la mère de Marjorie. Son père l’a laissée à mes grands-parents, qui avaient déjà deux filles. »

C’est à l’âge d’environ 20 ans que Mme Cleghorn a découvert l’histoire de Marjorie.

« Je n’ai pratiquement rien su d’elle jusqu’à ce que je tombe sur une lettre de 28 pages où elle revenait sur son parcours. »

Cette lettre — qui a inspiré le livre —, Marjorie la destinait à tous ses enfants. Elle était toutefois adressée à Sandy, qui n’était encore qu’un poupon lors du grand voyage.

« Même si j’avais déjà lu la lettre de Marjorie, la rencontrer a soulevé beaucoup de questions et quelques mystères », souligne Mme Cleghorn.

« Je me suis demandé comment elle avait pu devenir si aimante et si confiante malgré toutes les difficultés rencontrées dans sa jeunesse. »

Intriguée par cette histoire, Ailie Cleghorn a décidé d’écrire un livre pour les enfants de Marjorie. L’ouvrage raconte cependant plus que la vie d’une femme exemplaire.

« Beaucoup de bon est ressorti de cette épopée. Les enfants qu’elle a sauvés ont pu connaître de nouveau la joie en Afrique du Sud, où ils ont été accueillis chaleureusement », dit-elle.

« La mission était dangereuse, et Marjorie a fait preuve de beaucoup de courage en s’occupant de ces enfants dont les parents étaient partis travailler dans les colonies. Ils fréquentaient alors la maternelle qu’elle avait fondée chez elle dans le sud de l’Angleterre et vivaient avec elle. »

L'école maternelle organisée par Marjorie pour les enfants trop jeunes pour fréquenter l'école publique locale. L'école maternelle organisée par Marjorie pour les enfants trop jeunes pour fréquenter l'école publique locale.

Perdre la trace

Ailie Cleghorn raconte avoir vécu plusieurs expériences et fait nombre de découvertes mémorables dans son processus d’écriture et de recherche, qui l’a menée en Écosse, en Angleterre et en Afrique du Sud.

Elle a passé beaucoup de temps en Angleterre à fouiller les archives nationales dans l’espoir d’en apprendre plus sur Marjorie et ses enfants. Depuis, elle a gardé contact avec cinq d’entre eux.

Bien que ceux qui ne sont pas décédés aient autour de 80 ans, Mme Cleghorn tenait à retrouver l’une d’entre eux.

« Je connaissais uniquement son nom de jeune fille et savais qu’elle s’était mariée pour ensuite déménager à Edmonton, où elle avait eu cinq enfants », explique-t-elle.

« Pendant un certain temps, j’ai craint qu’elle ne m’échappe, mais les archives de l’Alberta l’ont retracée en entrant le nom de son mari décédé dans leur base de données. » Les deux femmes ont pris contact il y a moins d’un an.

Pour Ailie Cleghorn, le parcours de Marjorie témoigne du courage des femmes des quatre coins du monde et de toutes les époques, car des centaines ont vécu des histoires semblables.

« Marjorie n’était pas une femme célèbre, dit-elle, mais je crois que son histoire mérite d’être racontée. »


Apprenez-en davantage sur le
Département des sciences de l’éducation de Concordia.

 

 



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