Skip to main content

Ann-Louise Davidson de Concordia publie un nouveau livre pour enfants sur la culture maker

Amber the Maker raconte l’histoire d’une enfant amputée qui invente une main prothétique avec l’aide d’un gentil dragon
2 octobre 2020
|
Par Elisabeth Faure

Amber the Maker Poster

Pour la plupart d’entre nous, la culture maker évoque des images d’imprimantes 3D et de projets électroniques « faites-le vous-même ».

Mais pour Ann-Louise Davidson, professeure au Département d’éducation de la Faculté des arts et des sciences et la chaire de recherche de l’Université Concordia en culture maker (niveau 2), la culture maker n’en est qu’à ses débuts et ses perspectives pédagogiques sont infinies.

C’est pourquoi elle a décidé d’écrire un livre pour enfants sur le sujet.

« Le monde a beaucoup changé depuis mon enfance. Les histoires comme celles du petit chaperon rouge et des trois petits cochons nous ont appris de belles leçons, mais nous avons besoin d’une nouvelle littérature pour enfants axée sur des thèmes contemporains, affirme Mme Davidson.

Je voulais écrire une histoire pour les enfants curieux et ceux qui rêvent de choses extraordinaires afin qu’ils sachent que rien n’est impossible dans la communauté maker. »

Elle a donc décidé de faire équipe avec son étudiante et collaboratrice Elizabeth Lakoff pour écrire Amber the Maker. Destiné aux enfants de 7 à 12 ans, ce livre raconte l’histoire d’une petite fille qui explore la culture maker pour devenir plus autonome.

Amber, qui est amputée d’une main, est raillée par ses camarades durant ses cours de natation parce que sa main prothétique encombrante l’empêche de nager aussi vite que les autres.

D’abord découragée, Amber rencontre alors un dragon magique qui lui fait découvrir la culture maker. Il l’aide ainsi à développer les compétences nécessaires pour créer une nouvelle prothèse ultraperformante.

Amber the Maker Poster

L’inspiration pour le personnage d’Amber

Mme Davidson savait qu’elle voulait parler de la culture maker, mais a voulu collaborer avec Elizabeth Lakoff, dont le fils Elliott est un amputé congénital, pour l’aider à écrire l’histoire d’Amber.

« Quand Ann-Louise m’a parlé de son idée, j’étais totalement emballée », affirme Mme Lakoff.

« En tant que mère et ancienne enseignante, je sais à quel point il est important pour les enfants de s’identifier aux personnages littéraires. Je voulais contribuer à raconter une histoire axée sur une héroïne handicapée et mettant en valeur les différences. »

Mme Lakoff a été ébranlée en voyant qu’il manquait une main à son fils lorsqu’il est né. Avec le temps, et avec le soutien du Programme pour enfants des Amputés de guerre, elle a découvert que les enfants amputés et leur famille faisaient preuve d’une ingéniosité remarquable.

« J’ai vu des enfants donner des idées à leur prothésiste pour concevoir leurs nouvelles prothèses. J’ai aussi vu des parents construire ou adapter les appareils prosthétiques de leurs enfants dans leur garage. C’était formidable. »

« En grandissant, Elliott a dû faire face au même genre d’intimidation que celle décrite dans l’histoire. Parfois, les enfants lui disaient qu’il ne pouvait pas faire certaines choses parce qu’il n’avait qu’un bras. Plus rarement, ils le pointaient du doigt et riaient de lui, tandis que certains allaient jusqu’à hurler et s’enfuir. C’étaient les pires moments. »

« Heureusement, Elliott est devenu incroyablement résilient et bienveillant, et ne s’est jamais laissé abattre par l’intimidation. »
 

Des miracles quotidiens

Mme Davidson observe ce qui se passe dans les laboratoires créatifs ouverts depuis 2014.

« Chaque jour, de véritables miracles se produisent dans ces makerspaces », se réjouit-elle.

Voir les gens fabriquer des objets à partir de matériaux recyclés ou utiliser des imprimantes 3D et des découpeuses laser pour créer de nouvelles choses ne cesse de la fasciner. Selon elle, ce qui se passe dans ces endroits est vraiment phénoménal.

« Il faut du temps pour développer des compétences. C’est pourquoi, dans l’histoire, Amber a dû apprendre comment utiliser des machines et concevoir des objets avant d’entreprendre son gros projet. De plus, les makerspaces court-circuitent la chaîne de production et les processus de conception propres aux grandes entreprises, mais cela ne signifie pas nécessairement que nous devons faire fi de l’expertise des professionnels. C’est pourquoi, dans le livre, Amber demande les conseils de son prothésiste. » 

Alina Gutiérrez, étudiante au doctorat (programme d’études individualisées INDI), a créé les illustrations du livre. Dans ses recherches, elle s’intéresse à l’incidence à long terme des outils visuels pour susciter des changements et créer des appels à l’action. Elle a sauté sur l’occasion de participer au projet.

« Nous avons le pouvoir d’améliorer la vie des gens en partageant un message porteur de sens. Je crois que les enfants ont besoin de savoir que la vie n’est pas toujours facile, mais qu’ils ne sont pas seuls. C’est aussi une belle occasion de faire connaître la culture maker et les laboratoires collaboratifs ouverts, ces trésors cachés où les gens peuvent transformer leurs rêves en réalité. »

Un outil pédagogique

L’équipe croit que le livre a un énorme potentiel pédagogique. Mme Davidson collabore notamment avec des philosophes, des neuropsychologues et des enseignants pour concevoir du matériel pédagogique qui accompagnera le livre.

« Nous voulons susciter des réactions auprès du public. J’espère que les parents et les enseignants liront cette histoire aux enfants », souhaite Mme Davidson.

De son côté, Mme Lakoff veut inspirer et motiver les enfants comme son fils grâce à l’histoire d’Amber, qui a appris à résoudre ses problèmes et à surmonter l’adversité.

« Ann-Louise m’a beaucoup appris sur la culture maker, et j’ai été impressionnée de voir tout ce qu’il était possible de réaliser! »


Le 6 octobre à 16 h, un groupe d'enfants lira 'Amber the Maker' au 4TH SPACE.





Back to top Back to top

© Université Concordia