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La Faculté des arts et des sciences de l’Université Concordia dresse le bilan de première année de ses cinq engagements

Les valeurs communes se concrétisent dans toutes les disciplines, notamment par des initiatives étudiantes et facultaires
22 juin 2026
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Cinq personnes, debout à l'extérieur sur le campus de Loyola. Chacune tient une feuille blanche sur laquelle est inscrit l'un des engagements. Les étudiantes et étudiants du Département des sciences humaines appliquées participent à une marche organisée, avec leur chargée de cours Annick Davignon; une occasion de réfléchir aux cinq engagements de la faculté et à leur place dans la vie sur le campus.

Ce mois-ci marque la première année depuis le lancement par la Faculté des arts et des sciences de l’Université Concordia de ses cinq engagements, destinés à guider la façon dont les personnes étudiantes, le corps professoral et le personnel « enseignent, font de la recherche, collaborent et s’engagent dans le monde ».

L’initiative des cinq engagements est le fruit d’une série de discussions au sein de la faculté sur la manière dont le travail universitaire y est abordé et les façons dont les membres peuvent exprimer leurs valeurs communes dans un large éventail de disciplines.

Depuis leur lancement en juin 2025, les cinq engagements ont évolué dans un contexte marqué par des défis constants, notamment les répercussions de la pandémie et les bouleversements dans le milieu de l’enseignement supérieur.

« Notre identité se construit au fil d’un dialogue continu, de collaborations et d’efforts partagés. Ce processus collectif continue d’évoluer à mesure que de nouvelles voix, perspectives et expériences s’ajoutent aux nôtres », souligne Pascale Sicotte, doyenne de la faculté. 

« Dès le départ, nous n’avons jamais considéré ces engagements comme figés ou définitifs. Ce qui compte le plus, c’est la façon dont nous unissons nos efforts pour les concrétiser. »

Une approche relationnelle

Les cinq engagements ont été définis à l’issue de séances de remue-méninges tenues lors de retraites universitaires, de conversations au sein des unités et de réflexions élargies sur des initiatives de recherche et d’enseignement.

Le processus initial de rédaction a également bénéficié d’une collaboration avec l’artiste et chercheuse Jennifer Leason (Anishinaabekwe, Pine Creek) ainsi qu’avec Ka'nahsohon Kevin Deer, gardien du savoir Kanien'kehá:ka.

Dans le cadre de dialogues en cercle et d’exercices de narration visuelle menés avec ces deux collaborateurs, l’équipe de direction du décanat s’est penchée sur la situation actuelle de la faculté, notamment ses forces, ses défis et ses aspirations. Jennifer Leason a par la suite réalisé quatre œuvres inspirées des discussions, aujourd’hui exposées dans le bureau de la doyenne, au troisième étage du pavillon AD.

Les thèmes issus de ces échanges ont jeté les bases des cinq engagements, les ancrant dans une approche relationnelle du savoir et de la communauté. 

L'artiste et chercheuse Jennifer Leason (à gauche), Ka’nahsohon Kevin Deer, gardien du savoir Kanien'kehá:ka (à droite), et la doyenne Pascale Sicotte (au centre), aux côtés des quatre œuvres d'art inspirées par les échanges qui ont donné naissance aux cinq engagements de la Faculté.

Les membres du corps professoral adoptent les cinq engagements

Les cinq engagements n’ont pas seulement contribué à définir une vision commune du rôle et de l’orientation de la faculté – ils ont aussi permis de retisser les liens entre les 27 départements et collèges de la faculté, indique Pascale Sicotte.

« Les membres de la faculté interprètent souvent ces engagements à travers le prisme de leurs disciplines, expériences et priorités respectives, mais des thèmes communs se dégagent : authenticité, responsabilité partagée et engagement », précise-t-elle.

« Pour certains, les cinq engagements créent un espace propice à des savoirs ancrés dans l’expérience vécue et les liens communautaires, tandis que d’autres y voient une réaffirmation de la collaboration interdisciplinaire et de la pluralité des perspectives. »

Malgré la diversité des interprétations, Mme Sicotte soutient que les valeurs fondamentales des cinq engagements transcendent les disciplines et permettent à chacun de les adopter et de les concrétiser à sa manière.

En voici quelques exemples :

Pour Jarrett Carty, directeur du Collège d’études humanistes, les cinq engagements ont encouragé son unité à « redoubler d’efforts » pour « tisser des liens entre le Québec et le monde entier. » – l’un des points énoncés dans les cinq engagements.

Le collège a redynamisé ses liens avec les personnes diplômées, mettant en lumière les possibilités qu’offre un diplôme tout en rapprochant les étudiantes et étudiants actuels du réseau mondial de Concordia. Récemment, il a aussi mis sur pied un voyage étudiant annuel à Québec, afin de renforcer le sentiment d’appartenance au sein de l’unité et de faire découvrir aux étudiants « les richesses de l’histoire et de la culture québécoises ».

Selon Mme Sicotte, le processus entourant la création des cinq engagements a aussi mis en lumière des points communs entre les départements, auparavant moins visibles.

« À mesure que de nouvelles initiatives émergent et que d’autres évoluent, l’identité de la faculté se construit et se redéfinit grâce aux contributions de celles et ceux qui y enseignent, y étudient et y travaillent », poursuit-elle.

Les voix étudiantes comptent

Parallèlement, l’année écoulée a été marquée par des efforts accrus et structurés pour intégrer les engagements aux pratiques d’enseignement et à l’expérience étudiante.

Au Département des sciences humaines appliquées, des cours de cycles supérieurs ont permis aux étudiantes et étudiants d’appliquer les engagements dans le cadre de projets concrets menés en partenariat avec la faculté. À l’automne 2025, les personnes inscrites à la maîtrise en intervention dans les systèmes humains ont ainsi utilisé les cinq engagements comme cadre pour analyser des situations et élaborer des propositions.

Dans un exercice semblable réalisé à l’hiver 2026 pour le cours Organizational Development II (« développement organisationnel II » ou AHSC 425), les personnes étudiantes ont réfléchi à des moyens de mobiliser leurs pairs de l’Université afin de mettre en œuvre les engagements; elles ont également examiné dans quelle mesure les engagements se concrétisent déjà au sein de la communauté facultaire.

Ces deux cours ont aussi donné lieu à des initiatives plus informelles, comme des marches exploratoires animées par des étudiants sur les deux campus, suscitant des réflexions visuelles et écrites sur les cinq engagements. Ces témoignages montrent comment les personnes étudiantes perçoivent les valeurs de la faculté et les rattachent à leur quotidien universitaire.

« Les cinq engagements n’ont pas seulement offert une expérience d’apprentissage authentique : ils ont invité les étudiantes et étudiants à les concrétiser en prenant part à la démarche, c’est-à-dire en y apportant leurs perspectives, leur créativité et leur regard critique », explique Rosemary Reilly, professeure et directrice du Département des sciences humaines appliquées.

« Ils ont créé un espace où chaque étudiante et étudiant sent que sa voix compte. »

Pour Mme Sicotte, ce type de projet incarne l’essence même de l’initiative, où les étudiants sont appelés à devenir des cocréateurs plutôt que de simples observateurs.

« Notre objectif est de favoriser les liens par le dialogue et la collaboration, d’agir avec intention pour enrichir l’expérience étudiante et de créer un espace propice à la curiosité, à l’expérimentation et à la diversité des perspectives », ajoute-t-elle.

Façonner l’avenir

Pascale Sicotte souligne qu’en 2025, les directrices et directeurs de département ayant participé à cette démarche d’un an ont partagé un « moment de confiance » collectif lorsque l’équipe de direction a décidé qu’il était temps de présenter les cinq engagements.

Avec le recul, elle estime que ce lancement a marqué « un moment de rassemblement qui prépare le terrain pour le travail exigeant à venir ».

« En période de crise, il est crucial de se serrer les coudes », souligne Peter Pawelek, professeur et directeur du Département de chimie et de biochimie. « Être directeur, c’est non seulement répondre aux besoins immédiats de son unité, mais aussi collaborer au-delà de celle-ci dans l’intérêt supérieur de l’établissement. »

« Seule une action collective soutenue permettra de préserver notre indépendance pédagogique, poursuit-il. Ce type de mobilisation nous rapproche en tant que communauté et nourrit une interdisciplinarité plus profonde, ce qui ne peut que nous renforcer. »

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