Geneviève Grégoire-Labrecque souhaite mieux comprendre comment les jeunes s’impliquent dans la société

La chercheuse engagée de Concordia examine la participation des jeunes dans les écoles montréalaises
8 octobre 2021
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Geneviève Grégoire-Labrecque : « Mes années passées auprès des enfants et des jeunes m’ont permis de prendre conscience de l’importance de l’écoute. »

Comment définir la participation des jeunes dans une société, et comment la mesurer?

Pour Geneviève Grégoire-Labrecque, chercheuse engagée et doctorante au programme d’études individualisées de Concordia, les réponses à ces questions ont un lien avec la réaction des élèves à différents problèmes sociaux en milieu scolaire.

« Être témoin de la passion et de l’engagement de différents jeunes me stimule, explique-t-elle. Comment les soutenir tout au long de leur cheminement pour qu’ils bâtissent des communautés plus résilientes, fondées sur les droits? »

Membre du Child Rights Academic Network et de la Coalition canadienne pour les droits des enfants, Mme Grégoire-Labrecque possède une formation en anthropologie. Elle est par ailleurs lauréate d’un prix Nelson-Mandela et d’une bourse d’études supérieures Joseph-Armand-Bombardier.

Ses travaux reçoivent l’appui du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH).

« C’est le point de départ pour un monde plus juste »

Qu’est-ce qui vous a donné l’idée d’étudier dans le domaine des droits des enfants?

Geneviève Grégoire-Labrecque : Depuis mon plus jeune âge, je m’intéresse aux droits des enfants, et en particulier aux droits de participation des enfants.

Ma vie était partagée entre ma famille, l’école, les camps de jour et les professionnels de la santé. Dans ces milieux, j’ai noué d’importantes relations avec mes pairs et mes mentors – à la fois en tant qu’enfant et qu’être humain.

J’ai trouvé cela logique de poursuivre en quelque sorte ce qu’on m’avait donné, et ainsi soutenir les enfants et les jeunes dans leur quotidien grâce à de la recherche engagée.

Y a-t-il des sujets précis en droits des enfants sur lesquels vous aimeriez davantage vous concentrer?

GGL : Il y a trois sujets précis sur lesquels j’aimerais mettre l’accent dans mes travaux.

Premièrement – et ce n’est pas nouveau –, l’instauration des droits de participation des enfants dépend principalement des adultes qui les entourent. Par exemple, les activités de participation sont souvent contrôlées par les responsables politiques, les praticiens et le personnel enseignant, dont les décisions se basent sur leurs propres objectifs.

Deuxièmement, les droits des enfants sont rarement enseignés dans les écoles du Québec et du Canada. Est-ce parce que les adultes se sentent menacés par le sujet, ou est-ce en raison d’un manque de connaissances?

Enfin, il existe un lien entre le droit des enfants à la participation et leur droit à la non-discrimination : qui écoutons-nous? Quelles voix sont mises de l’avant ou amplifiées?

Comment mesure-t-on les degrés de participation des jeunes dans une communauté?

GGL : C’est une question plutôt complexe!

Je m’intéresse à la façon dont la participation des jeunes est comprise et vécue en milieu scolaire par les jeunes et le personnel enseignant. Je pense que cela dépend du point de vue mis de l’avant. Par exemple, est-ce que ce que fournit l’école est vraiment considéré comme une participation pertinente par les élèves?

Mes années passées auprès des enfants et des jeunes m’ont permis de prendre conscience de l’importance de l’écoute et d’avoir l’humilité d’apprendre des jeunes, dans toute leur diversité.

Les conditions s’améliorent-elles pour les enfants et les jeunes de Montréal, du Québec et du Canada?

GGL : Les récents mois ont mis en lumière une assez grande quantité d’inégalités au Canada : qui a accès à l’école? Qui est écouté? Qui est traité avec dignité et respect?

Parallèlement, les enfants et les jeunes ont été très actifs pour dénoncer les injustices et suggérer des solutions pour aller de l’avant dans tous les secteurs.

Il y a donc manifestement de la place à l’amélioration, mais on voit aussi l’espoir naître tant à l’échelle locale que nationale.

Le sujet des droits des enfants peut parfois peser sur le moral. Ces travaux ont-ils un impact émotionnel sur vous?

GGL : Il y a bien sûr des histoires très tristes, mais il y en a aussi d’autres qui sont incroyables et inspirantes.

Je dirais que le fait de travailler sur les droits des enfants rappelle étroitement que le cadre lié à ces droits n’est pas neutre, même s’il y a une aura « moralement bonne » qui l’entoure. Il est essentiel de se souvenir que ce cadre est profondément ancré dans les normes libérales occidentales et dans tout ce qui vient avec.

En ce sens, je pense qu’il est de mon devoir de rester vigilante, d’être mise au défi, de rester humble, d’essayer d’écouter attentivement et de me rappeler ma place dans tout cela.

Alors oui, le fait d’être secouée par d’autres perspectives a un impact émotionnel, mais je pense que cela ne peut qu’être que le point de départ pour parvenir à un monde plus juste.


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