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Les archives relatives à l’histoire des Noirs à Montréal continuent de s’enrichir à la bibliothèque Vanier de Concordia

Cette vaste collection de documents, de photos et de dossiers constitue un outil pédagogique unique pour les chercheurs de tout acabit
31 août 2021
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Evelyn Sealy (crèche) et Linda Edwards Simpson animant un groupe d'enfants assis en cercle dans une pièce du Negro Community Center. | Photo : Graeme Clyke

Au fil des sept dernières années, Alexandra Mills a étudié le contenu de centaines de boîtes provenant des archives de groupes et d’organisations de la communauté noire de Montréal. Elle est archiviste des collections spéciales de Concordia depuis 2014. Mme Mills et ses collègues ont catalogué des documents datant de plusieurs décennies et préparé des outils de recherche pour les chercheurs et les étudiants.

Ces collections comprennent les archives du Black Theatre Workshop, du Black Studies Centre, du Negro Community Centre (NCC), ainsi que celles de leaders communautaires comme Graeme Clyke, fils du directeur général du NCC, Stanley Clyke, Leon Llewellyn et le Dr Horace Goddard, récemment décédé. Le traitement des fonds du Black Studies Centre est presque terminé, et ils devraient être disponibles pour consultation cet automne, tandis que celui de la collection du Dr Goddard est en cours et devrait être disponible pour consultation dans l’année.

« Le contenu de la bibliothèque sur l’histoire des Noirs prend continuellement de l’expansion, confie Mme Mills. Ce sont des éléments intéressants et précieux pour les chercheurs, les enseignants et les étudiants. Une grande quantité d’information contenue dans ces documents est tout simplement impossible à trouver ailleurs, ou il est très difficile de mettre la main dessus. Il est très gratifiant de pouvoir mettre ces informations à la disposition des universitaires et du grand public. » 

Alexandra Mills, archiviste des collections spéciales de Concordia. Alexandra Mills, archiviste des collections spéciales de Concordia.

Une communauté et une occasion uniques

Afin de donner un exemple du potentiel pédagogique que l’on trouve dans les archives, Mme Mills décrit un cours de premier cycle, créé en collaboration avec Steven High, professeur d’histoire à la Faculté des arts et des sciences, et Désirée Rochat, membre du Centre d’histoire orale et de récits numérisés (CHORN) qui se concentre sur les fonds d’archives du NCC.

Mme Mills ajoute que les fonds reflètent bien la réalité des communautés noires de Montréal et qu’ils contiennent non seulement des dossiers à saveur locale, mais aussi mondiale. « On y trouve beaucoup de documentation sur le rôle primordial du NCC dans la communauté noire anglophone, explique-t-elle. C’était une organisation qui vous suivait toute votre vie. »

« Une petite organisation de quartier qui représentait beaucoup plus qu’on l’imaginait », ajoute M. High.

Les personnes chargées du cours encouragent l’apprentissage indépendant. Les étudiants ont choisi une boîte d’archives et, pendant les quatre premières semaines, se sont plongés dans les milliers de pages afin de construire leur base de connaissances. Ils ont été aidés par de courts ateliers et des articles spécialisés afin de fournir un contexte critique et historique. L’expérience de ce premier cours est au cœur d’un article primé, publié dans Archivaria, le journal de l’Association canadienne des archivistes.

M. High, cofondateur du CHORN, explique que le cours a été conçu spécialement pour que les étudiants développent leur propre base de connaissances à partir des trouvailles qu’ils font dans les archives.

« On leur enseigne de bas en haut plutôt que de haut en bas, explique-t-il. Ils ont ensuite partagé leurs découvertes les uns avec les autres et sont devenus des spécialistes. Cette base de connaissances s’est développée de manière organique, une méthode d’apprentissage très différente de celles que l’on trouve normalement dans les universités. »

Le cours ne sera pas donné cette année, mais Mme Mills fait remarquer que le riche catalogue de la bibliothèque – située au milieu de la Petite-Bourgogne et de l’arrondissement du Sud-Ouest de Montréal – est finalement ouvert au public après un an et demi d’accès limité en raison de la pandémie.

« Nous étions ouverts trois jours par semaine aux membres de la communauté étudiante de Concordia seulement, les chercheurs externes qui forment une grande partie de nos usagers ont dû être laissés de côté, souligne Mme Mills. Mais maintenant, ceux et celles qui souhaitent consulter les documents en respectant les mesures mises en place contre la COVID-19 sont les bienvenus. Les chercheurs peuvent finalement revenir passer la journée dans nos salles de lecture. »  


Pour lire l’article mentionné :
« Telling stories from Montreal’s Negro Community Centre Fonds: The Archives as Community-Engaged Classroom. »

 



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