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Deux membres de la communauté de Concordia reçoivent près de cinq millions de dollars pour la recherche en sciences humaines et sociales

Les projets porteront sur l’héritage colonial dans les musées et le vieillissement à l’ère de la collecte de données numériques
7 juillet 2021
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Erica Lehrer, professeure d’histoire, et Kim Sawchuk, professeure de communication.

Le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) a remis à deux professeures de Concordia de la Faculté des arts et des sciences près de cinq millions de dollars en financement pour la recherche.

Erica Lehrer, professeure d’histoire, et Kim Sawchuk, professeure de communication, ont obtenu des subventions de partenariat du CRSH d’une valeur d’environ 2,5 millions de dollars chacune sur sept ans. Sur le site Web du conseil, on peut lire que ces subventions « permettent l’établissement de partenariats entre les chercheurs universitaires, les entreprises et d’autres partenaires afin d’approfondir les connaissances sur d’importantes questions d’ordre intellectuel, social, économique et culturel ».

Paula Wood-Adams, vice-rectrice intérimaire à la recherche et aux études supérieures, a hâte de suivre l’évolution des travaux au cours des prochaines années.

« Ces deux prestigieuses subventions à Concordia témoignent vraiment du calibre des recherches de Mmes Lehrer et Sawchuk et de la vision novatrice qu’elles ont de leurs projets. »

Réflexion sur les musées

Mme Lehrer est anthropologue socioculturelle de même que conservatrice et directrice fondatrice du laboratoire de conservation et de recherche engagée. C’est la chercheuse principale du projet « Thinking Through the Museum: A Partnership Approach to Curating Difficult Knowledge in Public ».

Le projet réunit des universitaires, des spécialistes de la pratique muséale et des représentants de la communauté dans une étude sur le manque de diversité dans le personnel et la structure de gouvernance des musées, l’absence de représentation ou la mauvaise représentation de groupes tenus à l’écart du pouvoir dans les expositions, ainsi que les relations tendues entre les musées et les publics qu’ils servent, afin de répondre avec créativité à ces questions.

L’objectif du projet est de faire appel à son réseau de 20 organismes partenaires au Canada, aux Pays-Bas, en Pologne, en Afrique du Sud et aux États-Unis et à 34 experts de renommée mondiale afin de transformer la théorie et les pratiques muséales. L’équipe s’appuiera sur la théorie critique et l’expérience concrète pour mieux comprendre le rôle et le potentiel des musées dans la résolution de questions historiques et culturelles litigieuses.

Mme Lehrer espère voir les musées se transformer en institutions véritablement représentatives des sociétés multiculturelles du XXIsiècle et adaptées pour les servir.

« Les crises sociales actuelles sont une occasion sans précédent pour les musées de repenser non seulement la façon dont ils poursuivent leurs activités, mais aussi le rôle de leadership qu’ils peuvent jouer dans la tâche mondiale de guérison des divisions historiques et d’accélération du changement social progressif », explique Mme Lehrer. Elle cite en exemples l’importance des mouvements Black Lives Matter, Idle No More et #MoiAussi, ainsi que les récents mouvements militants pour le patrimoine en Pologne et en Afrique du Sud.

« L’équipe utilisera le pouvoir et le potentiel des musées et de la conservation pour évaluer de manière critique et traiter les séquelles liées aux violences de masse et aux injustices à travers divers contextes culturels. Nous espérons catalyser des changements positifs et durables. »

Le vieillissement à travers les données

Pour sa part, Mme Sawchuk n’est pas étrangère aux subventions de partenariat du CRSH, car elle a reçu en 2014 une subvention de près de trois millions de dollars sur sept ans pour son projet intitulé « Ageing + Communication + Technologies (ACT): Experiencing a Digital World in Later Life ». Établi à Concordia, ACT est un projet de recherche international, interdisciplinaire et multiméthodologique qui étudie la transformation des expériences du vieillissement dans le contexte d’une multiplication de nouvelles formes de communication médiatisée dans les sociétés réseautées.

Cette nouvelle subvention de partenariat du CRSH a été obtenue pour le projet « Aging in Data » et réunit un réseau interdisciplinaire d’universitaires, de militants et d’organismes communautaires pour mener des recherches sur les recoupements entre les études sur l’âge, les études sur les communications/médias et les études de données sensibles.

Dix-neuf organismes partenaires et 34 codemandeurs et collaborateurs de 10 pays d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Australie se pencheront sur le vieillissement à une époque de collecte de données numériques sans précédent.

« Aux yeux de l’équipe de recherche, l’âge est plus qu’un nombre ou une variable : il permet de mieux comprendre ce monde de plus en plus mis en données. Dans ce contexte, la pandémie de COVID-19 aggrave les inégalités et les divisions sociales et politiques préexistantes liées à l’âge que nous cherchons à aborder et à corriger », indique Mme Sawchuk, titulaire de la Chaire de recherche de l’Université Concordia en études des médias mobiles.

« À l’heure actuelle, l’équipe n’est pas devant une occasion, mais plutôt une obligation de poursuivre ces questions de recherche. »

Le vieillissement à travers les données s’est également vu octroyer 176 973 $ par l’entremise du Fonds des leaders John-R.-Evans de la Fondation canadienne pour l’innovation. À cette somme s’ajoutent des fonds de contrepartie du gouvernement du Québec et un financement additionnel de l’Université Concordia totalisant 440 000 $ pour le projet. L’argent sera consacré aux besoins en infrastructure de l’initiative visée par la subvention de partenariat, notamment pour acheter des appareils d’enregistrement audio et vidéo, du matériel mobile de postproduction ainsi que du matériel destiné au commissariat public de projets et d’ateliers.

Pascale Sicotte, doyenne de la Faculté des arts et des sciences, se dit inspirée par la portée collaborative des projets.

« Là où certains voient des obstacles insurmontables, Mmes Lehrer et Sawchuk voient des possibilités, souligne Mme Sicotte. Ces deux projets illustrent ce qu’il est possible de réaliser lorsque le milieu universitaire dépasse les frontières, réelles et perçues, afin de travailler avec les communautés pour s’attaquer aux enjeux actuels les plus pressants. »

En plus des subventions de partenariat du CRSH accordées à Mme Lehrer et à Mme Sawchuk, Concordia a obtenu près de deux millions de dollars en subventions Savoir du CRSH, qui visent à appuyer « l’excellence de la recherche en sciences humaines et sociales ».


Consultez la
liste complète des bénéficiaires du financement du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.

Apprenez-en davantage sur les subventions de partenariat et les subventions Savoir du CRSH.

 



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