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La technologie prêt-à-porter, une avenue prometteuse pour traiter la douleur chez les survivants d’un cancer infantile, selon un nouvel article de l’Université Concordia

Une étude dirigée par Nicole Alberts démontre que de petits appareils pourraient avoir de grandes répercussions sur les traitements à distance à l’avenir
15 décembre 2020
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Nicole Alberts : « La technologie prêt-à-porter permet d’effectuer facilement des interventions comme des exercices de respiration profonde. »

The pain of childhood cancer does not always go away with the disease. It’s estimated that 40 per cent of survivors of childhood cancer live with chronic pain, with 70 per cent of that subset reporting pain-related disability.

As researchers seek to better understand non-pharmacological treatments for chronic pain, such as deep breathing exercises, they are simultaneously looking at ways those methods can be delivered digitally. Such innovations would significantly improve access to treatment for people living in remote locations or experiencing reduced mobility.

Nicole Alberts, PhD and associate professor of psychology in the Faculty of Arts and Science, recently led a feasibility pilot study on this topic, which was published in the journal JCO Clinical Cancer Informatics. The researchers studied whether adult survivors of childhood cancer would be willing to use wearable technology to help them monitor their breathing and whether the combination of monitoring and deep breathing exercises would help improve survivors’ pain and well-being.

“Digital health uses app-based or web-based interventions that build on evidence-based treatments,” Alberts explains. “A wearable can deliver interventions like deep breathing to people in an easier way.”

But first, she and her colleagues in the United States, Canada and Australia had to see if volunteers would wear them in the first place.

Pour les gens ayant eu un cancer pendant leur enfance, la douleur n’est pas nécessairement disparue avec la maladie. Environ 40 % des survivants d’un cancer infantile doivent composer avec la douleur chronique et, parmi eux, 70 % affirment que la douleur est invalidante.

Les chercheurs étudient le rôle des traitements non pharmacologiques, comme les exercices de respiration profonde, dans le soulagement de la douleur chronique. Parallèlement à ces travaux, ils cherchent aussi des moyens d’appliquer de telles méthodes par voie numérique, ce qui élargirait grandement l’accès aux traitements pour les gens à mobilité réduite ou habitant en région éloignée.

Nicole Alberts, Ph. D., professeure agrégée de psychologie à la Faculté des arts et des sciences, a récemment dirigé une étude pilote sur la faisabilité de tels traitements. Cette étude a fait l’objet d’un article publié dans la revue JCO Clinical Cancer Informatics. Les membres de son équipe de recherche ont voulu savoir si les adultes ayant eu un cancer pendant leur enfance seraient disposés à utiliser la technologie prêt-à-porter pour les aider à surveiller leur respiration, et si cette surveillance combinée à des exercices de respiration profonde soulagerait leur douleur et améliorerait leur bien-être.

« Les interventions en santé numérique reposent sur des applications ou des solutions Web qui font partie de traitements fondés sur des données probantes, explique la professeure Alberts. La technologie prêt-à-porter permet d’effectuer facilement des interventions comme des exercices de respiration profonde. »

Avant toute chose, Nicole Alberts et ses collègues aux États-Unis, au Canada et en Australie devaient évaluer si les volontaires porteraient un tel dispositif technologique.

Respirer librement

L’équipe a recruté 65 volontaires parmi les participants de la Childhood Cancer Survivor Study, une étude auprès de survivants d’un cancer infantile aux États-Unis. Tous étaient des adultes ayant reçu un diagnostic de cancer avant l’âge de 21 ans. Leur diagnostic initial remontait à plus de cinq ans, et ils étaient aux prises avec de la douleur chronique. Ils devaient aussi comprendre l’anglais et avoir accès à un téléphone intelligent et à Internet. Les volontaires ont été répartis aléatoirement entre le groupe expérimental et le groupe témoin. Les membres des deux groupes ont rempli un questionnaire en ligne au début et à la fin de la période d’essai de 30 jours.

Les membres du groupe expérimental ont reçu le dispositif à clip Spire Stone, qui fait le suivi de la respiration et peut être fixé au soutien-gorge ou à un vêtement à la taille. Ils devaient le porter tout au long de la journée (sauf au moment de se laver). Ils devaient également effectuer chaque jour des exercices de respiration pendant cinq à huit minutes.

Le dispositif mesure les paramètres respiratoires en détectant les changements relatifs dans l’expansion et la contraction de la cage thoracique. Selon les données enregistrées, il classe le rythme de respiration selon trois catégories : calme (respiration lente), tension (respiration rapide ou irrégulière) ou concentration (fréquence de respiration normale). Si les données de « tension » persistent pendant plus de deux minutes, le dispositif en avertit la personne en vibrant ou en lui envoyant une notification poussée dans l’application, pour lui rappeler de respirer profondément.

« Notre principal objectif était de savoir si les participants jugeraient acceptable d’utiliser un dispositif technologique prêt-à-porter, et s’il était possible pour eux de le porter tous les jours, indique la professeure Alberts. Mais nous voulions aussi vérifier l’efficacité préliminaire d’une telle intervention. Allait-il y avoir des changements dans le degré de douleur et d’anxiété, et d’autres résultats? »

Progrès à venir dans le traitement de la douleur et l’amélioration du bien-être

L’équipe a enregistré un taux de participation élevé; une seule personne a abandonné l’étude. Ce résultat fait état de la volonté des gens (du moins au début) d’utiliser un dispositif prêt-à-porter surveillant leur respiration et de prendre part à un tel projet d’étude. En ce qui concerne les observations effectuées, les effets négatifs provoqués par la douleur ont diminué de façon beaucoup plus marquée entre le début et la fin du traitement chez les membres du groupe expérimental (utilisant le dispositif) que chez ceux du groupe témoin.

« Nous avons aussi observé d’autres changements touchant, par exemple, l’invalidité liée à la douleur. Toutefois, ces résultats n’étaient pas significatifs sur le plan statistique, et il faudra mener des études de plus grande envergure pour examiner de façon approfondie ces données », souligne Nicole Alberts.

Selon la professeure Alberts, les dispositifs prêt-à-porter pourraient rendre des traitements utiles plus accessibles aux patients qu’il est difficile d’aider en personne ou qui ont un accès limité à des fournisseurs de soins, comme les psychologues, formés pour prodiguer des traitements non pharmacologiques afin de soulager la douleur chronique.

« Ces dispositifs représentent un moyen de faire profiter beaucoup de gens d’une intervention de façon relativement peu coûteuse et sans mobiliser beaucoup de ressources, ajoute-t-elle. Il vaudra la peine de pousser les recherches pour déterminer si l’ajout de ce type d’intervention à un traitement de la douleur chronique en personne ou à distance amènerait les patients à adhérer davantage à leur traitement ou si des améliorations encore plus grandes sont possibles au chapitre du bien-être et du soulagement de la douleur. »

Lisez l’article cité : « Wearable Respiratory Monitoring and Feedback for Chronic Pain in Adult Survivors of Childhood Cancer: A Feasibility Randomized Controlled Trial From the Childhood Cancer Survivor Study. »

 



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