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Dewemaagannag/Mes relations : Guide de recherche

Élaboré par le Bureau de l’engagement communautaire, le document Dewemaagannag/Mes relations : Guide sur la recherche avec les Peuples et les communautés autochtones a été conçu pour aider les chercheures,  chercheurs, étudiantes et étudiants allochtones de l’Université Concordia à établir des collaborations respectueuses, fructueuses et éthiques en recherche avec les peuples et les communautés autochtones.

La version française du guide sera bientôt disponible.

Introduction

Dans ce guide, nous nous appuyons sur les idées présentées dans le document Dewemaagannag/Mes relations : Guide pour l’engagement avec les peuples autochtones (2023) afin d’examiner de quelles façons les universités ainsi que les chercheures, chercheurs, étudiantes et étudiants allochtones peuvent honorer leurs relations avec leurs partenaires autochtones en respectant les principes de recherche propres aux divers groupes autochtones. Nous mettons l’accent sur l’engagement communautaire, les partenariats, l’éthique de la recherche et la souveraineté des données. 

Objectifs du guide :

• Renforcer les capacités de Concordia en matière d’établissement de partenariats de recherche éthiques et mutuellement bénéfiques avec les communautés, les collectifs, les organisations et les personnes autochtones.

• Soutenir la recherche communautaire et menée par des Autochtones.

• Promouvoir la recherche collaborative à fort rayonnement qui répond aux priorités des Autochtones.

• Appuyer la production conjointe de connaissances directement utiles aux peuples et aux communautés autochtones.

• Inciter les chercheures et chercheurs allochtones à réfléchir à leurs motivations, à leurs responsabilités et à leurs méthodes de travail dans le cadre de leurs collaborations avec les peuples et les communautés autochtones.

Méthodologies

Ce guide s’appuie sur des méthodologies autochtones et met l’accent sur la responsabilité relationnelle, soit l’établissement de relations fructueuses fondées sur le respect mutuel, la réciprocité et le bien collectif.

Le guide invite les chercheures et chercheurs allochtones à :

  • reconnaître les obstacles systémiques qui ont caractérisé les milieux universitaires et de recherche dans le passé et qui existent encore aujourd’hui;
  • respecter l’autodétermination des peuples autochtones ainsi que les principes de recherche propres aux différentes nations et groupes autochtones;
  • centrer les priorités, les visions du monde, l’expertise et les savoirs autochtones;
  • soutenir la recherche menée par des Autochtones ainsi que les méthodes de recherche autochtones;
  • favoriser la collaboration, le co-apprentissage, le renforcement des capacités et l’autonomisation;
  • adopter une approche axée sur les forces qui tienne compte de la résilience des Autochtones, de leurs savoirs et des priorités de leurs communautés.

Raison d’être du guide

Le guide a pour but de donner suite aux appels à l’action lancés par la Commission de vérité et réconciliation ainsi qu’à l’engagement de Concordia en matière de décolonisation de la re cherche, formulé dans son plan d’action sur les directions autochtones.

La recherche sur les peuples autochtones est encore aujourd’hui menée en grande partie par des chercheures et chercheurs allochtones, ce qui peut entraîner des déséquilibres de pouvoir et présente des risques de recherche extractive. Le guide rassemble des pratiques propres aux communautés autochtones afin d’aider les chercheures et chercheurs à élaborer des approches respectueuses, éthiques et empreintes de réciprocité.

À qui s’adresse le guide

Le guide s’adresse principalement aux chercheures, chercheurs, étudiantes et étudiants allochtones qui souhaitent collaborer de manière respectueuse dans le domaine de la recherche avec les personnes issues des Premières Nations, les Métis et les Inuit ainsi qu’avec leurs communautés et leurs organisations.

Aperçu du guide

Une brève histoire de la recherche occidentale et des peuples autochtones

La recherche occidentale sur les peuples autochtones a longtemps été marquée par des pratiques extractives et préjudiciables. Elle a souvent servi les intérêts coloniaux, tandis que les savoirs, les cultures et les visions du monde autochtones étaient déformés, appropriés ou occultés.

En apprenant à comprendre ces réalités historiques, les chercheures et chercheurs prennent conscience des déséquilibres de pouvoir existants et de la méfiance dont peuvent aujourd’hui être empreintes les relations entre les communautés autochtones et les établissements de recherche.

La recherche autochtone aujourd’hui

Les chercheures et chercheurs ainsi que les membres des communautés autochtones ont remis en question les approches coloniales en recherche et formulé des méthodologies, un cadre éthique et des modes de connaissance centrés sur leurs réalités. Les principes PCAP® et CARE ainsi que la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones soutiennent l’autorité des Autochtones en matière de recherche, de données et de savoirs. Les principes de recherche autochtone comprennent l’établissement de relations, le respect, la pertinence, la réciprocité, la responsabilité et l’autodétermination.

Établissement de partenariats

Une démarche de recherche fructueuse centrée sur les Autochtones commence par l’établissement de relations. Les chercheures et chercheurs doivent prendre le temps de comprendre les priorités, les protocoles et les préoccupations des communautés avant d’élaborer un projet.

Toute recherche ayant une incidence sur le bien-être des peuples ou des communautés autochtones doit s’appuyer sur un engagement communautaire, lequel doit reposer sur la réciprocité, la confiance, la coconstruction des savoirs et l’autodétermination autochtone. Selon le projet, on peut faire appel à des co-chercheurs, à des comités consultatifs, à des collaboratrices et collaborateurs communautaires, à des ententes de recherche ou à des plans de participation. Les partenaires autochtones doivent recevoir une rémunération adéquate, et leur expertise ainsi que leurs contributions doivent être reconnues.

Lignes directrices en matière d’éthique

La recherche éthique va au-delà de l’évaluation éthique institutionnelle. Les communautés autochtones ont leurs propres principes éthiques, protocoles et structures de gouvernance, qui doivent être respectés parallèlement aux exigences institutionnelles comme l’EPTC 2 et les normes d’éthique de la recherche de l’Université Concordia.

L’approbation institutionnelle ne remplace ni le consentement des collectivités ni les protocoles autochtones. La recherche éthique est fondée sur une relation continue qui exige de rendre des comptes, de mener des consultations et de communiquer tout au long et au-delà du processus de recherche.

Souveraineté des données

Les données autochtones englobent des renseignements sur les peuples, les communautés, les nations, les territoires, les ressources, les cultures, les langues, les récits et autres savoirs.

La souveraineté des données est tributaire de l’autorité des peuples autochtones quant à la manière dont ces données et les savoirs sont recueillis, gérés, interprétés, transmis et préservés. Les principes PCAP® et CARE soutiennent la gouvernance des données autochtones et la gestion éthique des données.

Les chercheures et chercheurs doivent collaborer avec les partenaires autochtones pour établir le mode de gestion des données. Ils doivent également envisager des pratiques telles que l’élaboration conjointe de plans de gestion des données, l’adoption de protocoles de gouvernance des données autochtones, le recours à des étiquettes attestant les savoirs traditionnels et la reconnaissance adéquate des détentrices et détenteurs des savoirs autochtones.

Conclusion

Toute recherche pertinente centrée sur les Autochtones doit s’appuyer sur l’autodétermination des Autochtones, la gouvernance communautaire ainsi que les lois et protocoles autochtones.

Les universités ont la responsabilité de renforcer le leadership autochtone, la formation des chercheures et chercheurs, l’engagement communautaire et la responsabilisation institutionnelle. Pour en arriver à un changement réel, il est nécessaire de mettre de côté les méthodes de recherche axées sur les chercheurs et de favoriser une démarche définie et dirigée par les communautés autochtones; ces dernières doivent également conserver l’autorité sur les recherches qui les concernent.

Remerciements

Ce guide a été élaboré par Geneviève Sioui pour le Bureau de l’engagement communautaire, avec le soutien rédactionnel d’Orisa Thandi et l’aide de Mel Lefebvre pour la révision, la correction et la recherche.

Nous remercions toutes les personnes qui ont partagé leurs connaissances et leur expertise, en particulier nos pairs autochtones dont le leadership, les expériences et les points de vue ont enrichi notre compréhension et notre pratique en matière d’engagement respectueux.

Nous souhaitons remercier sincèrement les personnes suivantes :

  • Allan Vicaire et Manon Tremblay du Bureau des directions autochtones, ainsi que les membres du conseil directeur sur les directions autochtones
  • Les professeurs Daniel Salée, Monica Mulrennan et Natasha Blanchet-Cohen, ainsi que les professeures agrégées Kristy Snell et Nadia Myre de l’Université Concordia 
  • Andrea Rodney, Andrew Khoury, Brett Cox, Frédéric Poulin, Monica Toca et Prem Sooriyakumar du Service de la recherche
  • Michelle Lake et Susie Breier de la Bibliothèque de Concordia
  • Wade Paul, doctorant à l’Université Concordia

La version française du guide sera bientôt disponible.

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