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Montréal, métropole culturelle : un projet qui passe aussi par les campus

La coopération et le décloisonnement sont essentiels pour permettre à la relève de s’épanouir.
8 mai 2026
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Par Graham Carr et Annie Gérin


Des piétonnes et piétons traversent l’intersection devant le Pavillon intégré Génie, informatique et arts visuels (EV) de l’Université Concordia, sur le campus Sir George Williams au centre-ville de Montréal. PHOTO CHRISTINNE MUSCHI, LA PRESSE CANADIENNE « Au cours de la dernière année seulement, des étudiants et des diplômés de Concordia ont remporté un Félix et un Oscar ainsi que plusieurs Grammy et Emmy », écrivent l’autrice et l’auteur.

Cet article a été initialement publié dans Le Devoir.

Le soir du 4 mai dernier, Concordia lançait officiellement sa nouvelle École des arts vivants lors d’un événement festif à la Place des Arts. Le choix du lieu n’avait rien d’anodin.

La Place des Arts est un pilier du Quartier des spectacles – ce cœur battant de la vie artistique montréalaise qui agit tout à la fois comme moteur culturel et économique. Le Quartier demeure, à ce jour, la réalisation la plus visible de l’initiative Montréal, métropole culturelle.

Créée en 2007 et relancée en février dernier sous l’impulsion de la mairesse Soraya Martinez Ferrada, cette démarche vise à positionner Montréal comme métropole culturelle de calibre international. L’intention est louable – et nécessaire. Nous saluons d’ailleurs la place centrale que l’administration municipale accorde aux arts et aux industries créatives.

Mais si Montréal, métropole culturelle 2.0 veut réussir, elle gagnerait à tirer une leçon essentielle de sa première mouture : les universités doivent être des partenaires de premier plan, dès le départ.

Omettre leur rôle serait une occasion manquée majeure. Les universités et les cégeps ne sont pas de simples lieux d’enseignement. Ils constituent l’un des fondements de la vitalité culturelle montréalaise.

Chaque année, leurs artistes, étudiants et professeurs génèrent des milliers de concerts, d’expositions et de spectacles de toutes formes. De Ville-Marie à Outremont, de Notre-Dame-de-Grâce à Hochelaga-Maisonneuve, les campus agissent comme des pôles culturels pour leurs quartiers – et pour l’ensemble de la population montréalaise.

Les étudiants, eux, fréquentent massivement les salles de la ville, de la Casa del Popolo au Centre Bell. Leur présence nourrit l’effervescence, soutient les artistes émergents et contribue à faire de Montréal une destination attrayante pour les grandes tournées internationales.

Les artistes formés dans nos universités sont omniprésents sur les scènes québécoises, canadiennes et mondiales. Au cours de la dernière année seulement, des étudiantes, étudiants et diplômés de Concordia ont remporté un Félix, un Oscar ainsi que plusieurs Grammy et Emmy.

Mais l’apport des universités ne s’arrête pas à la création artistique. Elles forment aussi les entrepreneures et entrepreneurs culturels qui réinventent sans cesse les liens entre créativité, design, technologie et engagement communautaire.

Pensons à Luca « Lazylegz » Patuelli, diplômé de l’École de gestion John-Molson, qui a reçu le mois dernier le 40e Grand Prix du Conseil des arts de Montréal pour son projet de breakdance Le Mouvement Pas d’Excuses Pas de Limites.

Ou encore à Vincent Leclerc, ancien étudiant de Concordia et fondateur de PixMob. Même sans connaître le nom de l’entreprise, beaucoup ont déjà vu son travail : du spectacle de la mi-temps du Super Bowl à la tournée Eras de Taylor Swift, en passant par la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques.

À l’instar d’Ubisoft, de Moment Factory ou du Cirque du Soleil, PixMob a transformé la manière dont le public vit l’art et la performance, dans une signature profondément montréalaise. Cette capacité à naviguer entre disciplines, industries et langues fait depuis longtemps partie de l’ADN culturel de la ville.

C’est précisément cette agilité que Concordia cherche aujourd’hui à renforcer en regroupant ses départements de musique, de théâtre et de danse contemporaine au sein d’une seule École des arts vivants. Les étudiantes et étudiants y apprendront auprès de praticiens issus d’horizons multiples et profiteront de collaborations concrètes avec des producteurs, festivals et organisations de premier plan.

Cette approche est née directement des échanges avec nos partenaires du milieu culturel, qui ont été clairs : la coopération et le décloisonnement sont essentiels pour permettre à la relève de s’épanouir.

La nouvelle École des arts vivants préparera ainsi les artistes non seulement à la scène, mais à une diversité de carrières – en gestion culturelle, en médiation, en recherche, en éducation et même en santé. L’école pourra les mettre sur le chemin vers la musicothérapie et de la dramathérapie.

À l’heure où l’intelligence artificielle, l’incertitude économique et les tensions géopolitiques redessinent notre monde, les questions que posent les artistes n’ont jamais été aussi pertinentes.

Dans ce contexte, les universités ne regardent pas le spectacle depuis le balcon. Elles attirent les talents, bâtissent l’écosystème et mettent en lumière les créateurs et créatrices dont Montréal a et aura besoin.



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