Une nouvelle murale réalisée par l’artiste Jason Sikoak, du programme de maîtrise en arts plastiques de l’Université Concordia, orne l’entrée du Centre étudiant Otsenhákta
Jason Sikoak devant la murale.
Les visiteurs du Centre étudiant Otsenhákta (OSC) de l’Université Concordia – ressource du campus destinée aux étudiantes et étudiants autochtones –, auront la chance de découvrir à l’entrée une nouvelle murale réalisée par Jason Sikoak (B. Bx-arts 2023), artiste inuit du programme de maîtrise ès beaux-arts.
Jason Sikoak, artiste interdisciplinaire originaire de Rigolet, au Nunatsiavut, et titulaire d’un baccalauréat en arts plastiques et histoire de l’art de l’Université Concordia prépare actuellement une maîtrise en fibres et pratiques matérielles. Jason Sikoak fait également partie des artistes récemment sélectionnés pour soumettre une proposition de médaillon en bronze qui sera bientôt intégré à la terrasse du pavillon Henry-F.-Hall, récemment rénovée.
Offerte par le Mouvement pour mettre fin à l’itinérance à Montréal en collaboration avec MU Montréal, cette murale est une portion d’une œuvre à grande échelle créée par l’artiste en octobre 2025 à l’occasion du Congrès national pour mettre fin à l’itinérance.
Une création collaborative
Pour Jason Sikoak, le nouvel emplacement de la murale revêt une signification particulière : dès le début de son parcours universitaire à Concordia, le Centre étudiant Otsenhákta – qui s’appelait alors le Centre de ressources pour les étudiantes et étudiants autochtones – a joué un rôle essentiel dans son adaptation à la vie universitaire et à Montréal.
« C’était le point d’ancrage dont j’avais besoin, alors que j’arrivais dans une nouvelle ville et entamais mes études universitaires en tant qu’adulte », témoigne Jason Sikoak.
« Je souhaite que chaque personne étudiante autochtone sente que cet endroit est un refuge offrant sécurité, clairvoyance, accompagnement et esprit communautaire. »
Un grand visage dans le coin supérieur de la murale représente les aînés et les ancêtres, tandis que le personnage se tenant debout dans la rivière a été inspiré des étés que Jason Sikoak a passés à pêcher la truite et le saumon, ainsi que du lien profond l’unissant à la terre et à l’eau.
Une bande noire traverse le centre de la murale : ce vide représente la rupture avec la tradition, la communauté et le sentiment d’appartenance – un rappel des effets toujours présents du colonialisme.
Lors de la création initiale de l’œuvre, Jason Sikoak avait invité les personnes présentes à la conférence à combler ce vide par des affirmations.
« En regardant la murale, on peut ressentir – je l’espère – une connexion entre ce qui a été perdu et ce que l’on pourrait gagner avec un peu d’aide », confie Jason Sikoak.
De gauche à droite : Alex Kack, Arlo Price et Cheyenne Henry.
Une occasion de célébrer
Le dévoilement officiel de la murale a eu lieu le 9 avril lors de la fête de fin de trimestre organisée par le centre, où des membres de l’effectif étudiant, du personnel et de la communauté élargie se sont réunis pour rendre hommage à la fois à l’œuvre d’art et aux réalisations des étudiantes et étudiants autochtones.
Arlo Price et Alex Kack, qui étudient à Concordia, ainsi que Cheyenne Henry, directrice du Centre étudiant Otsenhákta, ont interprété la chanson « Strong Women’s Song » en s’accompagnant de tambours à main, en guise de remerciement à Jason Sikoak pour la création de l’œuvre. L’aîné Don Barnaby (Mi’gmaq, Listuguj; vivant aujourd’hui à Kahnawà:ke) a raconté son parcours dans une allocution inspirante.
Nina Segalowitz (B.A. 1999) a pour sa part interprété des chants gutturaux inuits et évoqué son expérience à titre d’étudiante autochtone à Concordia, évoquant le sentiment de validation et de légitimité qu’elle a ressenti en découvrant la murale.
« J’aurais aimé que cette murale existe déjà en 1995, témoigne-t-elle. Présenter des œuvres d’art inuites réalisées par un artiste issu de cette communauté – et de l’art contemporain –, voilà le message que nous devons véhiculer. Nous sommes des gens de notre temps, nous savons nous adapter.
« Cette œuvre me rappelle que les personnes se trouvant dans cet espace comprennent qui je suis. Et ce sentiment revêt une importance particulière lorsqu’on poursuit des études. »
Arlo Price (Anishinàbeg, Kitigan Zibi; Haisla, Kitamaat), qui étudie en linguistique, estime que la murale a complètement transformé l’espace menant au centre.
« C’est magnifique. J’aime le visage – il est très réconfortant, note-t-il. C’est un tout autre monde qui s’offre à vos yeux quand vous passez de ces couloirs blancs et austères à l’atmosphère du Centre étudiant Otsenhákta. C’est tellement chaleureux ici. Nous étendons notre espace; c’est une représentation visuelle de cette évolution. »
Une œuvre façonnée par la communauté
Selon Mme Henry, la célébration entourant le dévoilement de la murale reflétait bien l’esprit de communauté ayant inspiré sa création.
« Toutes les conversations que Jason a eues pendant la création de la murale – ainsi que toutes les prières et les bénédictions s’y rapportant – se sont transposées dans cette œuvre, et nous avons la chance d’en perpétuer l’essence ici », souligne-t-elle.
« C’est notre communauté qui a fait de ce projet une réalité, depuis l’idée initiale jusqu’à l’installation. Elle saura en prendre soin et l’honorer pendant de nombreuses années, et cela me remplit de fierté. »
Apprenez-en plus sur les services offerts aux étudiantes et étudiants des Premières Nations, métis et inuits au Centre étudiant Otsenhákta.
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