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La recherche interdisciplinaire au service de la lutte contre les changements climatiques

Des chercheurs de l’Université Concordia fusionnent l’art, le design et le génie pour élaborer des solutions urbaines durables et stimuler l’innovation


Alice Jarry « Je préfère envisager les matériaux mis au rebut et obsolètes comme des agents actifs du changement », confie Alice Jarry (ci-dessus).

Art, sciences, éducation et activisme écologique : Alice Jarry marie dans son travail tous ces domaines et bien d’autres encore.

Professeure adjointe à l’Université Concordia de Montréal, Alice Jarry est aussi une artiste de renom qui travaille avec le verre « résiduel », autrefois considéré comme un déchet, pour trouver de nouvelles façons de recycler et de suprarecycler des matériaux qui finiraient autrement au rebut.

« En tant qu’artiste et designer, je m’intéresse à la question de l’agentivité des matériaux, c’est-à-dire leur capacité à réagir, à interférer avec nous et d’autres êtres, et de changer au fil du temps », explique-t-elle.

Elle constate que nous, en tant qu’êtres humains, voyons souvent les matériaux présents dans notre environnement bâti comme des substances passives sur lesquelles nous imposons notre volonté et nos désirs.

« C’est d’ailleurs une des causes de la surconsommation, de notre culture actuelle du “jetable” et d’un grand nombre des crises socio-environnementales auxquelles nous faisons face aujourd’hui. Je préfère envisager les matériaux mis au rebut et obsolètes comme des agents actifs du changement. »

En tant que membre du corps professoral du Département de design et d’arts numériques de l’Université Concordia, Alice Jarry transmet aux étudiants le but de sa démarche en leur enseignant comment « créer des objets durables tant sur le plan social qu’environnemental ».

« phares », réalisée avec Vincent Evrard L’artiste et chercheuse de Concordia Alice Jarry utilise des tessons de verre recyclé dans des œuvres telles que Lighthouses (« phares », réalisée avec Vincent Evrard).

Alice Jarry et d’autres membres de Concordia font partie d’une communauté grandissante d’experts et de chercheurs issus de divers domaines, comme la science, les arts, le génie et le design, qui œuvrent au développement de solutions écologiquement durables et axées sur la lutte aux changements climatiques pour la création de villes intelligentes nouvelle génération.

Face aux préoccupations climatiques de plus en plus pressantes, au point que certains gouvernements parlent même d’urgence, des universités telles que Concordia passent à l’avant-garde en matière d’innovation et de recherche transdisciplinaire, en travaillant avec les collectivités et les professionnels pour explorer de nouvelles idées et relever les défis sociétaux.

« De notre point de vue en tant qu’entreprise, notre objectif est le même : réduire les émissions de gaz à effet de serre », confie Grégory Pratte, directeur des affaires publiques de Tricentris, centre de récupération de matériaux situé à Lachute, au Québec, qui fournit des matériaux à Alice Jarry.

« Nous prenons tous les matériaux recyclables comme les emballages, le papier imprimé et les contenants que nous collectons dans les bacs bleus résidentiels. Tout le verre que nous recueillons est recyclé, car le recyclage et la réutilisation du verre peuvent contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre. »

Par exemple, le verre peut être broyé en une poudre qui peut être utilisée pour remplacer jusqu’à 20 pour cent du ciment entrant dans la composition du béton, précise Grégory Pratte.

« Cela permet non seulement de réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi d’augmenter de trois à dix fois la durée de vie du béton. C’est ce qui s’appelle penser hors des sentiers battus ».

C’est ce type de pensée créative qui incite Grégory Pratte et Tricentris à fournir le verre qu’Alice Jarry utilise pour créer ses installations et espaces artistiques réactifs saisissants. Ses grandes œuvres montées sur plancher, comme celles de sa série Dust Agitator (« agitateur de poussière ») ou Lighthouses (« phare »), encouragent le spectateur à réfléchir non seulement à la lumière angulaire qui s’infiltre à travers les objets et les fragments de verre, mais aussi au fait que ceux-ci proviennent de verre mis au rebut qui incarne les nouvelles possibilités offertes.

Mohamed Ouf Mohamed Ouf, ingénieur et chercheur à Concordia, utilise les données générées dans les bâtiments pour analyser comment les occupants utilisent les espaces dans lesquels ils vivent ou travaillent.

« Notre collaboration remonte à trois ans environ », explique Grégory Pratte. « Dans son travail, Alice Jarry formule des idées qui peuvent changer le monde. »

Parmi les collègues d’Alice Jarry, Mohamed Ouf est un autre expert de Concordia qui travaille à la recherche de solutions aux changements climatiques. Professeur adjoint au Département de génie du bâtiment, civil et environnemental, il utilise dans son travail les données générées dans les bâtiments pour analyser les « interactions » entre les occupants et l’espace physique dans lequel ils vivent ou travaillent.

« Par “interactions”, j’entends la façon dont ils utilisent les thermostats, l’éclairage ou les stores. Nous examinons dans un premier temps ce qui déclenche leurs actions afin de déterminer les types de conception possibles qui pourraient changer leur consommation d’énergie. »

Au moyen de ces données, Mohamed Ouf et ses collègues chercheurs étudient la façon dont les gens utilisent les systèmes de commande des bâtiments pour concevoir des commandes plus intelligentes qui répondent à la lumière et à la chaleur dont ils ont besoin sans gaspiller l’énergie.

« Il y a aujourd’hui énormément de gaspillage dans les bâtiments, car les systèmes sont programmés pour fonctionner de façon décalée par rapport à leur utilisation réelle. En disposant de données de meilleure qualité, nous pouvons prédire effectivement comment faire fonctionner les bâtiments de façon plus efficace. »

Mohamed Ouf explique que leur troisième champ d’exploration est le développement d’algorithmes capables de déterminer si les bâtiments fonctionnent à leur rendement maximal. Les progrès à ce chapitre pourraient transformer le mode de conception et de construction des infrastructures.

Parmi ses collaborateurs, Burak Gunay est professeur adjoint au Département de génie civil et environnemental de l’Université Carleton. Il affirme que Concordia est un chef de file dans ce champ d’étude universitaire grandissant qui fusionne l’environnementalisme et le génie.

« Nous collaborons de près avec les gens de Concordia, dont les apports dans ce domaine sont nombreux et importants. »

Mohamed Ouf Le chercheur de Concordia Mohamed Ouf utilise des données tirées des systèmes de bâtiment afin de modéliser le comportement des occupants et d’optimiser le rendement énergétique des bâtiments.

Même si leurs disciplines peuvent sembler disparates, Alice Jarry et Mohamed Ouf collaboreront dans le cadre du prestigieux programme de chaires d’excellence en recherche du Canada (CERC). Grâce à ce programme fédéral, quelques universités canadiennes triées sur le volet se voient attribuer jusqu’à 10 millions de dollars sur une période de sept ans afin d’aider des chercheurs de renommée mondiale et leurs équipes à établir des programmes de recherche ambitieux.

L’Université Concordia a tiré parti de ce programme CERC pour réunir un groupe de chercheurs exceptionnels, dont Alice Jarry et Mohamed Ouf, afin de travailler sur des enjeux urbains de pointe, allant des systèmes d’infrastructure à la biodiversité. Tous deux apporteront au projet leur propre point de vue en matière d’arts visuels et d’ingénierie et collaboreront avec des chercheurs issus d’autres domaines comme la physique, la philosophie et la biologie.

La préoccupation commune pour l’avenir environnemental du Canada est au cœur de ces collaborations. Mohamed Ouf explique que son but et celui de ses collègues est de trouver des solutions qui aideront le Canada à concrétiser les principes énoncés dans la nouvelle donne verte (Green New Deal) du Canada, un plan lancé plus tôt cette année par une coalition non partisane de plus de 60 organisations.

« Une grande part de ce travail est étroitement liée à l’objectif plus global de réduire notre empreinte carbone [au Canada] de 50 pour cent d’ici 2030. »


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