Une étude de Concordia met en lumière les effets de la pandémie sur les habitudes de vie au sein du couple

Jean-Philippe Gouin rapporte que le fait de passer plus de temps à la maison avec un partenaire amoureux peut avoir des effets négatifs sur la condition physique et les habitudes alimentaires
15 octobre 2021
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Lorsque la pandémie a forcé les gens à se confiner, ceux qui vivaient avec un partenaire amoureux se sont considérés chanceux d’avoir de la compagnie dans ces moments difficiles.

Cependant, selon un chercheur de Concordia, passer plus de temps à la maison avec sa tendre moitié peut avoir des effets négatifs sur la condition physique et les habitudes alimentaires.

Jean-Philippe Gouin est professeur de psychologie à la Faculté des arts et des sciences. Il est également le chercheur principal du Laboratoire sur le stress, les relations interpersonnelles et la santé du Département de psychologie.

« Pendant la pandémie, les gens se sont mis à passer beaucoup plus de temps qu’avant avec leur partenaire amoureux », souligne M. Gouin.

Environ 42 pour cent de la population rapporte avoir involontairement pris du poids pendant cette période, ce que M. Gouin explique par plusieurs facteurs, dont la consommation accrue de nourriture salée, grasse ou sucrée, l’augmentation du temps passé devant des écrans et la diminution de l’activité physique.

Jean-Philippe Gouin : « Conserver de saines habitudes de vie en période de stress est un défi considérable. » Jean-Philippe Gouin : « Conserver de saines habitudes de vie en période de stress est un défi considérable. »

L’influence mutuelle au sein du couple

« Les mesures de confinement ont amené de nombreuses personnes à changer leurs habitudes en matière d’alimentation, d’activité physique et de temps d’écran, des habitudes que partagent souvent les partenaires amoureux », explique M. Gouin.

En partageant leur quotidien, les partenaires peuvent en venir à s’influencer l’un l’autre involontairement.

« Si, par exemple, l’un des partenaires laisse des biscuits sur le comptoir, l’autre est aussi susceptible d’en manger pendant sa journée en travaillant de la maison. »

Une étude précédente a montré que lorsqu’un partenaire devient obèse, le risque que l’autre le devienne au fil du temps est doublé. Pour M. Gouin, cela souligne la nécessité de mieux comprendre le contexte relationnel dans lequel les habitudes de santé prennent racine.

« L’activité physique régulière et les saines habitudes alimentaires sont deux facteurs modifiables qui peuvent réduire le risque de maladie chronique. Qui plus est, l’activité physique améliore l’humeur et représente une des stratégies les plus efficaces pour développer la résilience face au stress. »

Une fois que le couple adopte de mauvaises habitudes, il pourrait avoir du mal à s’en défaire, surtout en période de pandémie.

« Même si des méthodes d’intervention efficaces existent pour favoriser les changements de style de vie, maintenir ces bons comportements dans un contexte de stress accru est un défi considérable », ajoute M. Gouin.

Une nouvelle étude

Pour mieux comprendre les habitudes des couples pendant la pandémie de COVID-19, le laboratoire de M. Gouin mène une étude financée par une subvention Savoir du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH). Son équipe et lui recrutent actuellement des couples à cet effet.

« L’objectif est de mieux comprendre l’influence que les partenaires ont l’un sur l’autre en matière d’activité physique et d’habitudes alimentaires. Les données recueillies nous aideront à mettre au point des méthodes d’intervention pour favoriser l’adoption de saines habitudes de vies chez les couples. »


Apprenez-en davantage sur le
Laboratoire sur le stress, les relations interpersonnelles et la santé de Concordia et découvrez si vous êtes admissibles à l’étude actuelle.

 

 



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