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Lutter contre la discrimination est un enjeu important en contexte de pandémie, affirme une chercheuse de Concordia

Les commissions des droits de la personne du Canada surveillent de près les menaces qui émergent dans la foulée de la COVID-19, selon la politologue Nicole De Silva
13 mai 2020
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Nicole De Silva : « Même dans un pays démocratique comme le Canada, qui possède un dossier relativement solide en matière de droits de la personne, des défis considérables se posent lorsque l’état d’urgence est déclaré ». | Photo by Markus Spiske on Unsplash

La pandémie de COVID-19 a mis nos activités en veilleuse et, dans certains cas, changé notre conception des économies, des gouvernements et des sociétés. Dans le contexte de crises comme celle que nous vivons, nos institutions et notre adhésion aux principes que nous chérissons ordinairement peuvent être ébranlées.

Les droits de la personne en sont un bon exemple. Le Canada jouit d’une réputation bien méritée de chef de file en la matière, mais comme le souligne Nicole De Silva, les nouvelles mesures extraordinaires décrétées depuis le début de la pandémie mettent en lumière la nécessité continue de protéger ces droits.

Dans un article qui vient tout juste de paraître dans la Revue canadienne de science politique, la professeure adjointe de science politique à la Faculté des arts et des sciences analyse les déclarations faites et les positions prises par treize commissions des droits de la personne au Canada. Les commissions fédérale, provinciales et territoriales sont mandatées en vertu de la loi pour administrer, protéger et promouvoir les droits de la personne dans l’ensemble du pays. Ainsi, note la Pre De Silva, leurs avis font autorité.

« Même dans un pays démocratique comme le Canada, qui possède un dossier relativement solide en matière de droits de la personne, des défis considérables se posent lorsque l’état d’urgence est déclaré », commente-t-elle.

Nicole De Silva Nicole De Silva

Une réponse qui évolue au fil du temps

En examinant les déclarations formulées par les diverses commissions depuis le début de l’année, Nicole De Silva a observé un changement graduel dans les sujets de préoccupation abordés.

En date de février, il n’y avait eu que deux avis concernant la pandémie de coronavirus, de la part des commissions des droits de la personne de l’Ontario et de la Nouvelle-Écosse.

« On s’inquiétait d’une discrimination motivée par la peur du virus, observe-t-elle. Les deux déclarations comportaient une mise en garde contre la discrimination fondée sur la race, l’appartenance ethnique ou l’origine nationale, susceptible de viser en particulier les communautés est-asiatiques et surtout chinoise. »

À la mi-mars, lorsque la plupart des provinces et des grandes villes ont déclaré l’état d’urgence et décrété le confinement, les enjeux soulevés se sont diversifiés.

« Nous avons vu les commissions réagir aux changements rapides qui découlaient de ces perturbations de la vie sociale », explique la chercheuse.

Les commissions ont commencé à se prononcer avec force contre la discrimination fondée sur l’incapacité, la situation familiale et l’âge, en particulier pour les personnes âgées et toute personne vivant en établissement de soins de longue durée. D’autres déclarations portaient sur la vulnérabilité accrue des enfants, des femmes, des autochtones, des sans-abri, des détenus et des réfugiés, entre autres groupes.

« Les commissions ne ciblaient pas juste les gouvernements, ajoute la Pre De Silva. Elles suivaient une approche globale. Les lois sur les droits de la personne visent également des acteurs non gouvernementaux comme les employeurs et les fournisseurs de services. Chacun et chacune doit assumer une partie de la responsabilité de promouvoir les droits de la personne durant cette pandémie. »

Les droits en période de déconfinement

Ce principe demeure valable alors que le Québec – province la plus durement touchée par la COVID-19 – lève peu à peu certaines des restrictions liées au confinement.

« Nos choix relatifs au moment et à la façon d’éliminer les restrictions ont une incidence sur des gens vulnérables comme les aînés et les personnes travaillant dans des milieux à haut risque, fait-elle valoir. Les commissions continueront de surveiller les défis entourant les droits de la personne pour les groupes vulnérables. »

 

Lisez l’article cité : A Human Rights Approach to Emergency Response? The Advocacy of Canada's Human Rights Commissions During the COVID-19 Crisis.

 



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