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Une chercheuse de Concordia dirige une équipe de 94 étudiants au premier cycle dans le cadre d’une étude sur la santé intestinale

La professeure Chiara Gamberi cosigne une étude publiée sur le microbiote intestinal avec toute sa classe de biologie
4 février 2020
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Chiara Gamberi, chercheuse à Concordia, s’est donné pour mission d’explorer l’incidence de la microbiologie intestinale sur l’état de santé général. Ses étudiants sont de la partie.

Professeure adjointe affiliée de biologie à la Faculté des arts et des sciences, Mme Gamberi met au point une méthode novatrice d’apprentissage pratique en classe qui permet aux étudiantes et étudiants du premier cycle d’acquérir les compétences professionnelles nécessaires dans leur domaine.

Sa plus récente étude porte sur les réseaux métaboliques du microbiote intestinal et la santé humaine. Cosigné par 94 étudiantes et étudiants du premier cycle, l’article représente pour ces jeunes chercheurs une rare occasion d’être publiés dans Microbiology, une revue à comité de lecture, dès le début de leur carrière.

Un échange constant

L’étude se penche sur les rapports de réciprocité entre hôte et microbiote.

« L’échange est constant », résume Mme Gamberi.

En moyenne, l’intestin humain a une surface de 30 à 40 m2. Chacun d’entre nous possède son propre microbiote intestinal. Au fil du temps, celui-ci peut soit rester relativement stable, soit changer en fonction du régime alimentaire, de la situation géographique, du mode de vie ou de la prise de médicaments, entre autres.

L’équipe s’est intéressée à la façon dont le microbiote intestinal peut contribuer à une foule de problèmes médicaux, dont l’obésité, le diabète et l’athérosclérose, mais aussi à son potentiel pour améliorer la santé.

« Le microbiote intestinal humain est un sujet fascinant, tant sur le plan biologique que scientifique », explique Mme Gamberi.

« Son rapport à la physiologie humaine est complexe. On découvre de plus en plus de liens entre les communautés microbiennes, ou consortiums bactériens, qui vivent dans l’intestin et l’organisme en général. Scientifiquement, c’est fascinant, parce que ça élargit plus que jamais notre vision de la biologie et de la santé humaines. »

Chiara Gamberi, chercheuse à Concordia. Chiara Gamberi, chercheuse à Concordia.

Un projet pédagogique à long terme

Ce n’est pas la première fois que Mme Gamberi profite de l’enseignement en classe pour aider ses étudiants du premier cycle à être publiés.

C’est en 2015 qu’elle a inauguré ce nouveau modèle pédagogique. Grâce à elle, 106 étudiants en troisième année du premier cycle ont cosigné une publication scientifique intitulée Human gut microbiota: toward an ecology of disease, publiée en 2017.

« C’est une approche novatrice, conçue pour amener les étudiants du premier cycle à participer à la recherche et à la démarche scientifique », précise Mme Gamberi.

« Il faut absolument investir dans la formation de la relève si on veut voir progresser la recherche. Pour les étudiants, c’est l’occasion d’aiguiser leur esprit critique et d’acquérir d’excellentes compétences en communication, mais aussi d’apprendre à dégager des résultats d’une recherche originale et à comprendre ces résultats. »

Elle ajoute qu’à une époque où l’exactitude de l’information est souvent compromise et où l’on accorde une importance démesurée à certaines nouvelles, savoir réfléchir de manière indépendante et faire ses propres recherches est plus utile que jamais.

Tarin Sultana Tarin Sultana

Toute l’équipe doit être sur la même longueur d’onde

Mme Gamberi admet qu’au départ, la taille du groupe l’inquiétait un peu (le cours compte en moyenne une centaine d’inscrits). Mais en fin de compte, elle a su en tirer parti. Elle a divisé la classe en groupes de quatre ou cinq étudiants. Chaque groupe s’est vu confier un article.

« Tous les étudiants ont appris à effectuer une recherche initiale guidée d’études publiées », indique-t-elle.

Puis, les étudiants ont appris à rédiger en groupe. Une fois le cours terminé, trois d’entre eux ont proposé d’assembler et de réviser l’article sous la supervision de Mme Gamberi, qui agissait aussi à titre de mentore.

Tarin Sultana, qui faisait partie de l’équipe, donne son avis : « C’est une approche pédagogique qui montre la vraie valeur du travail d’équipe, de la collaboration et de la révision minutieuse de travaux de recherche originaux. »

Selon elle, il s’agit d’un véritable jalon dans la carrière scientifique de nombreux membres de la relève.

Susannah Selber, coréviseure et première auteure de l’étude, ajoute que les occasions d’écrire un article scientifique au premier cycle sont rares.

Susannah Selber Susannah Selber

Elle explique que l’étude est le deuxième projet d’envergure auquel elle a participé sous la supervision de Mme Gamberi, ayant aussi travaillé sur la première étude copubliée de sa professeure.

« On nous demande souvent d’écrire, dit-elle, mais rarement de mettre en œuvre les outils et les compétences nécessaires dans le cadre d’une publication. L’approche de Mme Gamberi ajoute beaucoup de valeur aux autres compétences plus classiques acquises par les étudiants durant leur parcours universitaire. »

« Mme Gamberi a donné un nouveau sens à notre expérience en classe : un simple travail universitaire peut mener à une réelle contribution au monde scientifique », ajoute W, troisième membre du comité de révision, qui espère que le projet en inspirera d’autres.

« C’est une approche novatrice qui permet aux étudiants inscrits à un cours de créer quelque chose de mémorable. »

Pour sa part, Mme Gamberi souligne l’apport inestimable de l’équipe de la bibliothèque Georges-P.-Vanier. Celle-ci a aidé les étudiants à s’y retrouver dans le monde de l’édition universitaire, ainsi qu’à éviter le plagiat.

« Katharine Hall a été une personne-ressource extraordinaire », commente-t-elle. Mme Hall est la bibliothécaire spécialiste de la biologie, de la santé, de la kinésiologie et de la physiologie appliquée. Les deux membres du corps professoral cosignent d’ailleurs un article sur le projet.

« Je lui suis extrêmement reconnaissante de toute l’aide qu’elle a apportée à mes étudiants et de sa collaboration dans le cadre de ce projet pédagogique », ajoute Mme Gamberi.

Aller de l’avant

Forte du succès des deux premiers projets basés sur son modèle, Mme Gamberi est prête à en lancer un troisième. Cette fois, elle se penchera sur le rôle des hormones dans la régulation de la fonction rénale.

« Maintenant que je sais que le modèle fonctionne, je n’ai pas l’intention d’arrêter », conclut-elle.

« J’adore travailler en étroite collaboration avec les étudiants, les encourager à être curieux, voir les portes et les esprits s’ouvrir et cultiver l’amour des sciences et de la connaissance. »


Consultez l’étude citée : « 
Metabolic networks of the human gut microbiota ».

 



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