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Un cryptologue de Concordia examine l’impact des voitures électriques sur la sécurité du réseau d’électricité

Selon Amr Youssef, des réseaux zombies pourraient exploiter les vulnérabilités des systèmes de transmission et de distribution d’énergie
8 janvier 2020
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Amr Youssef met au point des méthodes et des techniques cryptographiques destinées à sécuriser les systèmes cyberphysiques.

Visionnaire de nature, Amr Youssef prévoit déjà le jour où les voitures électriques seront monnaie courante.

« Quand l’usage des véhicules électriques se sera répandu, et que les bornes de recharge rapide seront nombreuses, des cyberpirates pourraient créer des réseaux de véhicules électriques et de postes de chargement infectés qui leur permettraient de déclencher à volonté des pannes d’électricité », prévient-il.

Amr Youssef est professeur et expert en cryptographie à l’Institut d’ingénierie des systèmes d’information de l’Université Concordia (IISIC), établi à l’École de génie et d’informatique Gina-Cody.

Il est coauteur d’une étude intitulée Impact of Electric Vehicles Botnets on the Power Grid (« impact de réseaux de véhicules électriques zombies sur la sécurité du réseau énergétique »), dont le compte rendu a été présenté au colloque de la section canadienne de l’Institut des ingénieurs électriciens et électroniciens (IEEE Canada), en octobre dernier. Le cryptologue estime que les résultats de ses travaux constituent une mise en garde.

Sécuriser les systèmes cyberphysiques

Comme le décrit Amr Youssef, un pirate informatique pourrait constituer – au moyen de bornes de recharge et de véhicules électriques infectés – un réseau d’appareils contrôlables à distance, ou réseau zombie, et s’en servir pour mener des cyberattaques.

La cible serait en l’occurrence un réseau électrique intelligent. Et il ne s’agit là que d’un exemple de système cyberphysique, où des processus informatiques sont intégrés en vue de collaborer à la commande d’entités physiques. Un parc de véhicules autonomes en est un autre exemple.

Amr Youssef met au point des méthodes et des techniques cryptographiques destinées à sécuriser les systèmes cyberphysiques.

En collaboration avec des collègues du Centre de recherche sur la sécurité de Concordia et d’autres établissements ayant participé à l’étude, il examine différents scénarios de cyberattaque contre le réseau électrique.

À l’aide de données obtenues auprès des autorités torontoises responsables de la gestion des stationnements concernant les véhicules électriques et les bornes de recharge rapide à courant continu, les chercheurs ont simulé l’effet d’un réseau de véhicules électriques zombies sur les systèmes de transmission et de distribution d’énergie.

« Nous avons fait la démonstration qu’il est possible de mener une attaque à deux niveaux – distribution et transmission, explique Amr Youssef. Les attaques destinées à altérer la charge peuvent causer une panne d’électricité, notamment si un maître de réseau zombie ordonne la recharge rapide simultanée de multiples véhicules électriques branchés à des bornes de chargement, entraînant une violation de la limite de tension ».

« Qui plus est, le pirate pourrait augmenter la charge d’une manière qui ne déclenche pas le système de protection du réseau de distribution, ajoute-t-il. L’effet de l’attaque demeurerait tout de même observable au sein du réseau de transmission, où des pannes surviendraient. »

« Si une ligne de transmission est mise hors circuit, la panne de courant devient plus grave et touche plus de gens. Il est donc primordial d’assurer la sécurité des véhicules électriques et des bornes de recharge rapide pour maintenir l’intégrité du réseau électrique. »

La cybersécurité des véhicules électriques et des postes de chargement constitue un élément important du design et de l’intégration de ceux-ci dans le réseau électrique, fait-il remarquer.

« La menace n’est pas encore à notre porte, mais elle est imminente. Pour le moment, nul besoin de paniquer, car nous n’avons pas encore atteint le point de bascule dans le marché des véhicules électriques, précise Amr Youssef. Mais, ça s’en vient. »


Apprenez-en davantage sur l’École de génie et d’informatique Gina-Cody.



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