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Un chercheur de Concordia se sert d’érobots pour comparer nos réactions sexuelles à l’égard d’êtres humains et d’agents artificiels

Le doctorant Simon Dubé explore la place croissante occupée par les technologies de pointe dans les sphères de l’intimité
2 octobre 2019
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L’intelligence artificielle, ou IA, est de plus en plus présente dans de nombreux aspects du quotidien – y compris le sexe.

Simon Dubé est doctorant en psychologie, en neuroscience et en cognition de la sexualité humaine, et travaille aux Laboratoires d’étude de la vision de Concordia.

Il mène des recherches sur le lien entre les réactions psychophysiologiques et subjectives aux stimuli sexuels et les préférences sexuelles. Il s’intéresse en particulier à l’émergence des technologies sexuelles interactives et à leur utilité potentielle dans des domaines comme l’éducation sexuelle et la guérison des traumatismes.

Les érobots pourraient avoir des applications bénéfiques en santé, en éducation et en recherche.

Quel est le rapport entre cette image et vos travaux à Concordia?

Simon Dubé : Les progrès réalisés en matière d’IA, de réalité virtuelle et augmentée ainsi que de robotique rendent possible l’interaction humain-machine érotique. Au vu du développement rapide des agents érotiques artificiels (ou érobots) comme les robots sexuels, les partenaires érotiques virtuels et les agents conversationnels (chatbots) intimes, il est nécessaire d’approfondir les recherches sur nos comportements et réactions vis-à-vis de ces technologies.

Cette image concept représente un érobot fictif. Elle illustre mes travaux à Concordia, car j’explore les réactions subjectives, physiologiques et cognitives à ce type de technologies. Je mesure ces réactions par monitorage oculaire, électroencéphalographie et thermographie génitale, ainsi qu’au moyen d’un questionnaire.

Plusieurs questions m’intéressent : sur quoi les gens fixent-ils leur attention lorsqu’ils regardent cette image? Comment répondent-ils sexuellement à de tels stimuli? En quoi cette réponse est-elle liée à leur culture (p. ex., normes sociales concernant la sexualité et la technologie), à leurs caractéristiques individuelles (p. ex., leurs traits de personnalité) et à leur volonté d’avoir une relation romantique ou sexuelle avec des agents érotiques artificiels?

Simon Dubé Simon Dubé

Quels résultats attendez-vous de votre projet?

SD : J’espère que mon projet aidera à mieux comprendre les comportements et les réactions suscités par les érobots. Il s’agit d’anticiper l’impact à long terme des érobots sur nos sociétés ainsi que les types de relations que les humains développeront avec les agents érotiques artificiels.

J’espère également établir les différences et similarités entre nos réactions subjectives, physiologiques et cognitives à l’égard des êtres humains et des agents artificiels.

Quels pourraient être les effets concrets de vos travaux dans la vie des gens?

SD : Les résultats du projet nous aideront à concevoir des érobots pouvant avoir des applications bénéfiques dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la recherche. Par exemple, les érobots pourraient servir aux personnes qui souhaitent éprouver du plaisir, ou encore à celles qui ont du mal à se trouver un partenaire.

Les érobots pourraient également être utilisés en contexte clinique pour aider des sujets à surmonter leurs peurs et leurs anxiétés relatives au sexe et à l’intimité, ou pour aider des victimes de traumatisme à redécouvrir leur corps et leur sexualité.

Enfin, les érobots pourraient permettre d’offrir une éducation sexuelle interactive, servir d’outil de recherche dans des cadres expérimentaux délicats ainsi que contribuer à normaliser la sexualité alternative dans la foulée de la révolution de l’IA.

Quels sont les principaux obstacles auxquels vous vous heurtez dans vos travaux?

SD : Malgré les progrès réalisés au fil des ans, les tabous et les préjugés sexuels demeurent enracinés dans la culture et la science. La recherche sur la sexualité se heurte encore à des défis comme la stigmatisation ainsi que la difficulté d’obtenir le financement et les approbations éthiques nécessaires, ou encore tout simplement celle d’être prise au sérieux en tant que domaine scientifique.

Si on ajoute à cela les peurs et anxiétés liées à la technologie, on peut dire que mes travaux sur les agents érotiques artificiels suscitent inévitablement de fortes réactions.

Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de votre sujet de recherche au départ?

SD : L’aspect fondamental de la sexualité dans nos vies, la place croissante occupée par les technologies de pointe dans les sphères de l’intimité et mon intérêt pour la cognition de la sexualité humaine m’ont poussé à explorer l’interaction érotique humain-machine.

J’ai également saisi l’occasion d’approfondir et de définir un tout nouveau champ de recherche (l’érobotique), ce qui est très stimulant pour un jeune chercheur.

Quel conseil donneriez-vous aux étudiants en STIM qui veulent se lancer dans ce type de recherche?

SD : Avant tout, croyez en vos idées, surtout si elles paraissent insensées aux yeux des autres. Ensuite, n’hésitez pas à contacter des gens et à vous impliquer dans des laboratoires ou des organismes. Il y a beaucoup de travail à faire. Enfin, il est toujours mieux de collaborer que d’être en concurrence. Aider les autres vous fera toujours progresser.  

Qu’est-ce qui vous plaît le plus à Concordia?

SD : Le fait que l’Université soutienne des recherches souvent jugées « bizarres ».

Vos recherches bénéficient-elles du financement ou du soutien de partenaires ou d’organismes?

SD : Mes recherches doctorales sont subventionnées par le Fonds de recherche du Québec – Santé (FRQS).


Apprenez-en davantage au sujet de
la recherche sur l’intelligence artificielle à Concordia.



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