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RECHERCHE : une étude de l’Université Concordia permet de mieux comprendre les « jeux sombres » et les explorations morales des enfants

28 février 2024
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Une équipe de chercheuses et chercheurs de l’Université Concordia dirigée par Sandra Chang-Kredl, professeure agrégée de sciences de l’éducation, a récemment publié une étude sur la manière dont les enfants adoptent des thèmes de jeu impliquant la peur et le danger, communément appelés « jeux sombres ». L’étude reposait sur l’observation d’activités en ligne, comme Roblox, et hors ligne, comme les jeux de Lego et de poupées, sur une période d’un an.

Selon la Pre Chang-Kredl, « l’une des conclusions fascinantes de cette recherche est l’intensité du jeu imaginatif des enfants ». Si les jeux sombres peuvent déstabiliser certains adultes, ils offrent aux enfants un espace précieux pour affronter leurs peurs et les surmonter, par exemple en endossant le rôle d’un méchant. Ce phénomène met en évidence l’interaction entre la peur et le plaisir, et aide les enfants à appréhender les concepts complexes et souvent contradictoires du « nous » et du « eux ».

Un aspect crucial de la reconnaissance de soi par les enfants implique des identités contrastées (le « non-soi ») et des comparaisons sociales avec ceux qui leur ressemblent ou qui ne leur ressemblent pas.

S’inspirant de symboles et de récits culturels, tels que Sonic le hérisson et les contes de fées classiques, les enfants se sont plongés dans des rôles allant d’avatars armés à des hybrides humain-animal, en passant par des méchants en Lego et des superhéros. Ils ont ainsi interprété des scénarios impliquant à la fois des actes de puissante destruction (par exemple, empoisonner des adversaires, sauver l’univers) et de gentillesse (par exemple, sauver des enfants de sorcières maléfiques).

En expérimentant de manière ludique des fantasmes agressifs et destructeurs, et en développant des cadres narratifs, ils ont exploré diverses caractérisations de soi et des autres qui situent les concepts de bien et de mal sur un continuum plutôt que comme des catégories distinctes.

Dans le climat actuel de division de la société, l’étude fournit des informations précieuses sur la manière dont les enfants explorent les frontières morales et sociétales complexes par l’intermédiaire de leurs jeux.

Pour en savoir plus, lisez l’article de Chang-Kredl, Mamlok et Venkatesh intitulé Dark Play and Children's Dyadic Constructions of Self and Other (« jeux sombres et constructions dyadiques de soi et d’autrui chez les enfants »), publié dans la revue American Journal of Play.



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