La carrière de Charles Bender confirme elle-même à quel point ces parcours peuvent être variés, empruntant des chemins qui dépassent le monde du théâtre. Pendant quatre ans, il a animé l’émission Sans réserve sur la chaîne APTN, où il interviewait des leaders autochtones dans les domaines social, politique et culturel. Il anime régulièrement des événements et des conférences autochtones, notamment les commémorations entourant la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation – un événement à Montréal et deux à Ottawa.
Charles Bender a siégé au conseil d’administration de plusieurs organismes autochtones et artistiques, notamment le Théâtre Aux Écuries, Terres en vues, le Conseil québécois du théâtre et Diversité artistique Montréal, où il s’est employé à mettre de l’avant les artistes autochtones et à faire entendre leurs points de vue.
« Tout ce que je fais découle de mon engagement à mettre en lumière les enjeux liés à l’identité autochtone au Canada », affirme-t-il.
C’est sa participation au sein d’Ondinnok, première compagnie de théâtre autochtone francophone du Canada, qui a donné à Charles Bender l’envie de faire connaître les enjeux autochtones et de reprendre contact avec son identité et ses racines wendates.
Identité et engagement
Se décrivant lui-même comme un introverti, Charles Bender ne semblait guère se destiner à une vie sous les feux de la rampe et se sentait plutôt attiré par les effets spéciaux. Mais après avoir tenu de petits rôles dans des pièces de théâtre scolaires, il a décroché un rôle principal dans une production universitaire de la pièce Bonjour, là, bonjour, de Michel Tremblay. Cette expérience s’est avérée déterminante.
« Mon grand-père est décédé pendant que nous répétions la pièce, et j’ai réalisé que mon interprétation le gardait en vie, explique-t-il. J’ai alors décidé de me lancer dans le théâtre et je me suis inscrit à Concordia. »
La première année, il n’était pas certain d’avoir pris la bonne décision. Il a toutefois fini par rencontrer des pairs et des mentors comme Lucie Bertrand et Joel Miller, qui l’ont aidé à prendre confiance en lui et à approfondir sa passion pour le théâtre.
Par la suite, Charles Bender a eu l’occasion de transmettre ces enseignements à une nouvelle génération d’étudiantes et étudiants en théâtre à Concordia, lorsqu’il a remplacé pendant un mois l’artiste en résidence Jean-Frédéric Messier en 2019.
« Cela m’a permis de prendre conscience du temps qui s’était écoulé et de revenir sur tout ce que j’avais accompli depuis mes années d’études universitaires, relate-t-il. Nous passons la majeure partie de notre temps à nous concentrer sur la prochaine étape à franchir, et il est bon d’avoir l’occasion de jeter un regard en arrière, pour constater le chemin parcouru et déterminer si nous sommes sur la bonne voie. »
Désormais bien avancé dans sa carrière, Charles Bender éprouve toujours ce même sentiment d’ancrage lorsqu’il monte sur scène ou qu’il discute avec des jeunes de leur avenir dans le monde du théâtre. Au cours des années qui viennent, il espère faciliter la traduction en anglais de pièces de théâtre autochtones en langue française et peut-être trouver le temps d’écrire ses propres œuvres.
« Je veux simplement continuer à faire ce que je fais et en profiter le plus possible. »
Bender (à gauche), photographié aux côtés de l'acteur Andawa Laveau, dans la pièce « Yahndawa’ : ce que nous sommes », présentée au Théâtre Trident et au Théâtre Aux Écuries en 2024. | Photo: Najim Chaoui
« Je veux simplement continuer à faire ce que je fais et en profiter le plus possible, » affirme Charles Bender. | Photo: Brad Gros-Louis