Tisser des liens et bâtir une communauté sur le territoire
« Le simple fait d’être sur le territoire suscite une profonde
gratitude, affirme Twig Gruesome. Cela change la façon dont on perçoit les choses. »
Twig Gruesome avait renoncé à ses études universitaires, découragée par l’esprit de compétition qui y régnait et le manque de liens sociaux. Ce qui l’a amenée à y revenir n’était pas seulement un programme, mais une expérience d’apprentissage empreinte de collaboration et de soutien, ancrée dans la communauté. Cette expérience lui a été offerte grâce au microprogramme en éducation autochtone axée sur le territoire de l’Université Concordia, rendu possible par la générosité de la Fondation Chamandy.
Bien que Twig Gruesome ait toujours excellé sur le plan scolaire, elle avait du mal à se sentir à l’aise en classe. La découverte du programme axé sur le territoire lui a ouvert une nouvelle voie d’apprentissage, qui mettait l’accent sur les systèmes de connaissances autochtones, les activités pratiques et l’engagement communautaire.
« Même si je suis allochtone d’origine européenne, je suis aussi transgenre et j’ai la peau foncée; j’ai donc subi dès mon plus jeune âge les injustices et la violence de la suprématie blanche, explique-t-elle. Le racisme étant profondément lié à la colonisation, j’ai appris à aborder les problèmes dans une perspective favorable aux Autochtones, fondée sur la bienveillance et le respect. »
Le programme alliait l’apprentissage en classe à des expériences immersives sur le terrain à Kahnawà:ke. Les étudiantes et étudiants travaillaient en petits groupes pour bâtir des abris, allumer des feux à l’aide d’un foret à archet et explorer des relations réciproques avec le monde naturel.
« J’ai l’impression de n’avoir jamais autant appris de toute ma vie. Ce qui était vraiment génial, c’est qu’on n’était pas évalués sur notre capacité à apprendre sur le terrain, explique Twig Gruesome. Je ne suis pas très habile de mes mains et j’ai eu du mal, mais j’ai toujours eu le sentiment que je pouvais essayer, échouer et réessayer. Tout le monde était très encourageant et nous avons beaucoup ri. C’était vraiment très amusant. »
Les étudiants prenaient régulièrement leurs repas ensemble et discutaient des lectures du cours, ce qui leur a permis de nouer de solides amitiés et de développer un sentiment d’appartenance. « Il régnait un climat de confiance et de communauté vraiment agréable », affirme l’étudiante.
Inspirée par cette expérience, Twig Gruesome a choisi de se spécialiser en études des peuples autochtones, car elle est sensible à l’importance accordée à l’apprentissage approfondi et au développement personnel dans ce programme. Elle s’est d’ailleurs épanouie sur le plan scolaire, obtenant une bourse et figurant au tableau d’honneur du décanat.
« Le simple fait d’être sur le territoire suscite une profonde gratitude, affirme -t-elle. Cela change la façon dont on perçoit les choses. »
Aujourd’hui, Twig Gruesome met ces enseignements en pratique dans sa vie quotidienne et se réjouit à l’idée de faire du bénévolat au Foyer pour femmes autochtones de Montréal. Elle espère également poursuivre des études supérieures et, à terme, embrasser une carrière de professeure – une manière, dit-elle, « de rendre les bienfaits qui m’ont été accordés ».
« La connaissance ne signifie pas grand-chose sans action, conclut-elle. Le microprogramme en éducation autochtone axée sur le territoire a changé ma façon d’aborder le monde. Il a transformé ma vie et j’en suis profondément reconnaissante. »