Une diplômée de doctorat de Concordia reçoit le Rhedding-Jones Outstanding Dissertation Award de 2020

Luz Marina Hoyos Vivas axe sa recherche sur l’éducation de la petite enfance dans une communauté autochtone embera-chami, en Colombie
11 mars 2021
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« Aucune pratique liée aux soins aux tout-petits et à l’éducation de la petite enfance ne saurait convenir à tous les enfants si elle ne tient pas compte de leur culture, de leur langue, de leurs coutumes et de leur vision du monde », affirme Luz Marina Hoyos Vivas.

Dans le domaine de l’éducation de la petite enfance, les principes susceptibles d’être appliqués uniformément et universellement à toutes les cultures sont de plus en plus remis en cause.

« Après avoir œuvré auprès de jeunes enfants de communautés autochtones de Colombie, j’ai compris qu’il était nécessaire de créer des programmes mieux adaptés à leur culture », explique Luz Marina Hoyos Vivas, une ancienne de l’Université Concordia (Ph. D., 2021).

« Les services offerts se fondent principalement sur des ‘‘pratiques exemplaires’’ privilégiées en Occident dans les domaines de la psychologie du développement, de l’éducation de la petite enfance et des soins aux tout-petits, poursuit-elle. Dans les communautés autochtones, ces approches peuvent empêcher la transmission des préceptes de la sagesse collective, perturber le mode de vie ambiant et nuire à la diversité tant culturelle que linguistique. » 

À la fin de son doctorat dans le cadre du programme d’études individualisées de Concordia, Luz Marina Hoyos Vivas a fait paraître sa thèse, intitulée Honouring Cultural Differences in Early Childhood Education and Care: Participatory Research with a Colombian Embera Chamí Indigenous Community (« respecter les particularités culturelles dans les pratiques d’éducation de la petite enfance et de soins aux tout-petits : recherche participative menée au sein d’une communauté autochtone embera-chami de Colombie »).

Cette thèse lui a valu le Rhedding-Jones Outstanding Dissertation Award (« prix Rhedding-Jones de la meilleure thèse ») pour l’année 2020, accordé par l’organisme Reconceptualizing Early Childhood Education (RECE; « reconceptualisation de l’éducation de la petite enfance »).

« J’ai collaboré étroitement avec les Wasirumas – une communauté embera-chami de Colombie – à l’élaboration d’un programme de soins et d’éducation de la petite enfance respectant les valeurs, les connaissances et la langue locales », précise-t-elle. De fait, Luz Marina Hoyos Vivas a vécu deux ans dans une ville située à proximité de la réserve autochtone, où elle se rendait périodiquement pour participer à des réunions communautaires.

« Nous avons adopté une méthodologie de recherche conversationnelle à caractère décolonial, continue-t-elle. Dans le cadre de ce processus participatif, nous avons conçu un programme pédagogique fondé sur le respect des traditions locales, notamment la Terre mère, la spiritualité, le jaibanisme (un ensemble de coutumes locales s’apparentant au chamanisme) et la langue embera-chami. »

Une perspective élargie 

En éducation de la petite enfance, le mouvement reconceptualiste cherche à s’éloigner d’une école de pensée dominante – considérée trop rigide et eurocentrique – et à privilégier plutôt une perspective plus diversifiée sur les plans culturel, linguistique et ethnique.

Les reconceptualistes ont développé des approches théoriques et méthodologiques non conventionnelles. Du reste, ils se réclament du féminisme, du postcolonialisme et du postmodernisme.

« Il n’existe aucune pratique liée aux soins aux tout-petits et à l’éducation de la petite enfance qui convienne à tous les enfants, indépendamment de leur culture, de leur langue, de leurs coutumes et de leur vision du monde », soutient Luz Marina Hoyos Vivas, elle-même Colombienne.

« Ma recherche met en doute les récits universalistes portant sur des pratiques dites exemplaires qui, dans les domaines de l’éducation de la petite enfance et des soins aux tout-petits, rejettent les savoirs locaux – ce qui est une façon de perpétuer la colonisation », signale-t-elle.

Pour Luz Marina Hoyos Vivas, le prix de l’organisme RECE représente une invitation à poursuivre son travail auprès des communautés autochtones afin de ressusciter les cultures locales et de les défendre contre l’uniformisation que pourrait entraîner l’application de normes universalisantes en matière d’éducation.


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