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Flying Less Concordia encourage les universitaires à réduire leur empreinte carbone

Des membres du Département de géographie, urbanisme et environnement invitent les chercheurs à revoir leurs habitudes de voyage au-delà de la pandémie de COVID-19
17 septembre 2020
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Sébastien Caquard : « La crise climatique ne va pas se régler d’elle-même. » | Photo : Ross Parmly, Unsplash

Dans le milieu universitaire, le transport aérien constitue la plus grande source d’émissions de gaz à effet de serre. Un groupe du Département de géographie, urbanisme et environnement de l’Université Concordia presse les chercheurs et chercheuses à revoir et à réduire leurs habitudes de voyage.

La mission de Flying Less Concordia est de promouvoir une culture de travail à faibles émissions de carbone, de faire connaître les avantages pour la santé et la productivité de voyager moins et de sensibiliser la communauté de la recherche à ce qu’elle peut faire pour lutter contre les changements climatiques.

« Depuis longtemps, je trouve qu’il y a quelque chose de problématique dans le fait que les universitaires continuent de voyager en avion partout dans le monde, tout en affirmant que les changements climatiques sont un enjeu sérieux », déclare Sébastien Caquard, professeur agrégé de géographie, urbanisme et environnement et cofondateur du projet.

« En fait, nous envoyons un message contradictoire : le réchauffement climatique est un problème grave, mais pas assez grave pour que l’on renonce à notre privilège de voyager en avion. »

Après avoir signé une initiative visant à réduire les déplacements en avion lancée par des collègues américains, M. Caquard et ses collègues ont formé un comité d’urgence climatique afin d’élaborer une politique de réduction des vols au sein du département. De là, Flying Less Concordia est né.

« Le département a adopté la politique Flying Less à l’unanimité en juin 2019, et la réaction a été très positive », se réjouit-il.

« Presque tous les professeurs à temps plein ont partagé leurs données de voyage professionnel par avion pour les années 2019 et 2020, ce qui nous a permis de mesurer notre empreinte carbone collective. De 2019 à 2020, nos émissions de CO2 estimées attribuables aux voyages liés à la recherche sont passées de 52 tonnes à 19 tonnes, ce qui représente une baisse de 64 %. Évidemment, la COVID-19 a contribué à réduire le nombre de vols. Mais même sans la pandémie, nos émissions de CO2 estimées seraient passées de 52 à 30 tonnes au cours de cette période. »

« C’est le bon moment de repenser nos voyages en avion liés à la recherche »

Le transport aérien représente environ 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Or, ce chiffre augmente rapidement et la plupart de ces émissions sont générées par une toute petite fraction de la population mondiale, dont les universitaires.

Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, pour freiner le réchauffement climatique, il faut limiter la quantité d’émissions anthropiques cumulées de CO2 pour éviter de dépasser le seuil de réchauffement planétaire de 1,5 °C. Pour cette raison, chaque individu devrait viser une empreinte carbone totale de 2,5 tonnes d’équivalent en dioxyde de carbone d’ici 2030.

« La crise climatique ne va pas se régler d’elle-même. Et c’est le bon moment de promouvoir la réduction des vols, avec l’élan généré par la pandémie de COVID-19 », explique M. Caquard.

Depuis le début de la crise sanitaire au printemps, de nombreux colloques qui devaient avoir lieu en personne ont ainsi eu lieu en ligne. « Si nous avons tous vécu les limites des vidéoconférences au cours des derniers mois, nous avons aussi réalisé à quel point le travail à distance peut être efficace », dit-il.

« Nous avons changé nos habitudes de déplacement et nous commençons à en apprécier les bienfaits. C’est le bon moment de repenser nos voyages en avion liés à la recherche. »

Le groupe encourage les gens à signer un engagement à réduire leurs déplacements en avion liés à la recherche et à accorder la priorité aux réunions virtuelles.

Agir collectivement pour réduire la consommation d’énergie

Les faits démontrent que les nouvelles technologies et politiques ne permettront pas à elles seules de réduire les émissions des avions, puisqu’elles se développent moins rapidement que la forte demande mondiale de transport aérien.

Il est donc primordial d’évaluer collectivement nos comportements.

« Même après la pandémie, on prévoit que l’industrie continuera sa croissance sans revers majeur », souligne Luz Gomez-Vallejo, étudiante à la maîtrise en évaluation environnementale et conceptrice du site Web Flying Less Concordia.

« D’où la nécessité de promouvoir une culture avec moins d’avions. Les universités et les universitaires devraient devenir des agents du changement et donner l’exemple en adoptant des modes de vie durables et en trouvant d’autres options leur permettant d’éviter les transports aériens. »

M. Caquard indique que la prochaine étape consistera à élaborer une politique à l’échelle de l’Université pour soutenir l’initiative.

Il suggère que Concordia pourrait alors se joindre à un petit groupe d’universités de partout dans le monde qui a mis en œuvre des politiques comparables, notamment l’Université de la Colombie-Britannique, l’ETH Zurich, l’École polytechnique fédérale de Lausanne, l’Université de Lund en Suède et l’Université du Maryland.

« Il est clair que les universitaires vont bientôt reprendre l’avion pour des raisons légitimes, comme le travail sur le terrain, déclare M. Caquard. Mais nous espérons que la COVID aura servi de catalyseur pour réduire les vols liés à la recherche, en nous faisant prendre conscience des aspects parfois futiles – et souvent contre-productifs – de nos voyages. »


Renseignez-vous sur l’initiative
Flying Less Concordia.

 

 



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