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De pionnières des Stingers à championnes du monde : des diplômées de l’Université Concordia aident le Canada à se qualifier pour les Jeux de Los Angeles 2028

Sara Parker et Caroline Moquin-Joubert ont contribué à l’essor du football drapeau à Concordia. Aujourd’hui, elles s’attachent à faire intégrer ce sport au programme olympique.
6 octobre 2026
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Par Ian Harrison, B.Comm. 2001


Sara et Caroline portent toutes les deux des vestes universitaires et des médailles de vainqueurs, tout en brandissant un trophée au-dessus de leur tête. Caroline Moquin-Joubert (à gauche) et Sara Parker

Lorsque Sara Parker, B. Sc. 2024, et Caroline Moquin-Joubert, B. Comm. 2024, ont travaillé au lancement du football drapeau à l’Université Concordia, elles ont posé les bases d’un sport jusqu’alors quasi inexistant.

Cinq ans plus tard, ces deux anciennes joueuses des Stingers ont réussi à propulser ce sport au plus haut niveau.

Sara Parker et Caroline Moquin-Joubert – tout comme Laura Molimard, actuellement étudiante à Concordia et membre des Stingers – faisaient partie de l’équipe canadienne invaincue qui a remporté la médaille d’or aux Championnats du monde de flag football de l’IFAF 2026 à Düsseldorf, en Allemagne, au mois d’août.

Le Canada a battu les États-Unis 27 à 20 en finale, garantissant ainsi sa place aux Jeux de Los Angeles 2028, où le football drapeau deviendra officiellement une discipline olympique.

Sara Parker, diplômée du programme de thérapie du sport de Concordia, a été désignée meilleure joueuse du tournoi après avoir réussi 23 passes de touché, tandis que Caroline Moquin-Joubert en a réceptionné neuf au cours du championnat. Les deux anciennes coéquipières des Stingers ont uni leurs efforts pour marquer un touché lors du match de la médaille d’or.

Pour Sara Parker, cet exploit marque le début d’un nouveau chapitre d’une histoire qui a commencé lorsqu’elle était encore étudiante, pendant la pandémie de COVID-19.

Après avoir collaboré avec des étudiants d’autres universités québécoises au lancement d’une ligue universitaire de football drapeau, l’athlète s’est employée à mettre sur pied l’équipe de Concordia en communiquant avec l’administration de l’Université et l’Union des étudiants et étudiantes de Concordia, et est ainsi parvenue à fonder un club à partir de zéro.

La saison inaugurale a eu lieu en 2021. Sara Parker et ses coéquipières se sont chargées elles-mêmes d’une grande partie du travail, notamment en ce qui concerne les budgets, le personnel entraîneur, les maillots d’équipe, l’équipement et la réservation des terrains.

Ce qui était à l’origine un club étudiant est finalement devenu une discipline sportive officielle des Stingers en 2025.

Sara Parker a joué quatre saisons au sein du club et une en tant que membre des Stingers avant de revenir à Concordia pour entreprendre un programme de maîtrise et intégrer le personnel d’entraînement de l’équipe de football drapeau.

« C’est tout simplement formidable de participer à la mise sur pied d’un projet à Concordia », témoigne Sara Parker, qui travaille également comme thérapeute du sport au Collège André-Grasset. « Je serai toujours très reconnaissante des années que j’ai passées en tant qu’étudiante athlète. Mon expérience a façonné la personne que je suis aujourd’hui, et je me sentirai toujours chez moi à Concordia. »

Des Stingers à Équipe Canada

L’essor du football drapeau à Concordia – auquel Sara Parker a grandement contribué – est à l’image de l’évolution de ce sport à l’échelle du Québec et du Canada.

Sara Parker a commencé à jouer au football drapeau à l’âge de 13 ans, à une époque où ce sport se pratiquait surtout au printemps, après les saisons de ringuette et de basketball. Aujourd’hui, les jeunes athlètes peuvent s’initier à cette activité dans les ligues pour enfants et poursuivre leur progression au secondaire, au cégep et à l’université avant d’intégrer le vivier de l’équipe nationale.

Les progrès ont été spectaculaires. Sara Parker affirme que les jeunes athlètes qui intègrent aujourd’hui le programme de Concordia possèdent déjà un niveau de connaissances en football américain, une maîtrise des trajectoires et des compétences défensives qu’on voyait rarement lorsque ses coéquipières et elle-même ont débuté en 2021.

Caroline Moquin-Joubert, diplômée en gestion des ressources humaines à l’École de gestion John-Molson, a une autre perspective sur cette évolution. Membre de l’équipe féminine de hockey de Concordia pendant quatre ans, elle a remporté deux championnats nationaux U SPORTS et trois titres du RSEQ avant d’obtenir son diplôme.

Aujourd’hui, outre ses engagements liés au football drapeau, Caroline Moquin-Joubert travaille à KPMG Canada, à Montréal, tout en perfectionnant ses compétences pour obtenir le titre de CPA.

« Si je fais aujourd’hui partie d’une équipe ayant participé au championnat du monde, c’est grâce à mon expérience à Concordia, estime la footballeuse. L’éthique de travail que j’y ai développée en tant qu’étudiante athlète m’a naturellement suivie sur le terrain de football drapeau et au-delà. »

Caroline Moquin-Joubert reconnaît que ses années passées à jouer sous la houlette d’entraîneuses championnes et médaillées olympiques de hockey, Julie Chu et Caroline Ouellette, LL. D .2019, ont contribué à forger sa personnalité en tant qu’athlète et comme personne.

« Cette mentalité de gagnante, ce leadership et cet esprit d’équipe – ce sont des leçons que j’ai vraiment apprises en jouant pour Julie et Caroline à Concordia », souligne-t-elle.

Ces leçons ont été mises à l’épreuve en Allemagne.

« Nous savions que nous étions à la bonne place »

Les Canadiennes ont gagné en confiance au fil des matchs. L’équipe a battu le Mexique en demi-finale, s’assurant ainsi sa place aux Jeux olympiques, puis a disputé la finale contre les États-Unis, libérée de la pression liée à la qualification.

« Nous savions que nous étions à la bonne place, se souvient Caroline Moquin-Joubert. Nous savions que nous étions capables. Nous étions plutôt confiantes. »

Sara Parker décrit l’équipe championne comme étant dans un « état de flux », unie et sur la même longueur d’onde. La finale a été vécue comme une récompense après avoir atteint l’objectif olympique.

« Honnêtement, nous étions convaincues que nous allions gagner ce match », témoigne Sara Parker.

Pour Caroline Moquin-Joubert, la qualification pour les Jeux de Los Angeles 2028 n’est qu’un début.

« Obtenir cette qualification deux ans à l’avance, c’est énorme, souligne la footballeuse. Les deux prochaines années seront consacrées à la progression, à l’entraînement individuel et collectif, et à renforcer encore davantage notre cohésion. »

Pour les jeunes joueuses qui empruntent aujourd’hui le chemin tracé par Sara Parker et d’autres à Concordia, le rêve olympique n’est plus une notion abstraite.

« Maintenant que nous avons obtenu cette qualification, ce rêve devient encore plus concret et réel, ajoute Sara Parker. Les filles savent que leurs objectifs dans ce sport sont réalisables, puisque nous avons réussi. »